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Anne-Gabrielle Caron : comment elle a bouleversé la vie de Jean-Baptiste

Jean-Baptiste Darantière
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C’est à travers le texte de l’homélie des obsèques d’Anne-Gabrielle Caron, montée au ciel il y a tout juste dix ans, que Jean-Baptiste a découvert la vie édifiante de la fillette. Sa vie en a été bouleversé. Depuis, son amie au ciel est toujours là pour lui.

La petite Anne-Gabrielle Caron décède à l’âge de 8 ans le 23 juillet 2010 d’un cancer de la jambe, après une courte vie édifiante. Dès sa mort, et même un peu avant, plusieurs personnes de son entourage considèrent qu’il s’agit d’une petite sainte. Un des premiers à avoir exprimé cette conviction est l’abbé Arnauld, lors de la messe de ses obsèques à Toulon le mardi 27 juillet 2010, il y a tout juste dix ans.

« Elle avait soif de Dieu et elle était habitée par le désir d’être davantage unie à Jésus. Elle aimait prononcer régulièrement ce doux nom de Jésus. Quand elle a pris davantage conscience de la gravité de sa maladie et que ses parents lui ont annoncé qu’elle ne guérirait pas, une de ses peurs ou craintes, en plus de celle de savoir qu’elle quitterait son papa et sa maman, était celle de ne pas être prête à rencontrer Jésus (30 juin 2010) », témoigne-t-il ainsi dans son homélie.

Assurément Anne-Gabrielle a marqué son entourage.

« Quand la présence réelle de Notre Seigneur arrivait à la maison ou dans sa chambre d’hôpital, elle se mettait à genoux quant elle le pouvait, sinon elle se redressait sur son lit puis elle fermait ses yeux et inclinait sa tête sur ses mains jointes. Plus rien ne semblait exister sinon Dieu seul. Les prières n’étaient pas une succession de mots mais bien l’expression de son union à Dieu. Et ceux qui ont pu participer à ces instants privilégiés étaient emportés dans sa contemplation, dans le mystère même de Dieu. (…) Voir Anne-Gabrielle, c’était déjà voir Dieu ».

En septembre 2010, ce texte d’homélie est publié dans la revue de rentrée des scouts Europa. Parmi les lecteurs, un jeune Nantais de 18 ans, Jean-Baptiste Darantière, qui va ainsi découvrir la vie de cette petite fille morte à Toulon.

« Anne-Gabrielle nous montre le chemin du Ciel qui passe par l’offrande de soi. Elle a fait de sa vie et de sa maladie une véritable offrande agréable à Dieu. Elle est devenue Celui qu’elle recevait chaque jour dans la Sainte Eucharistie. Anne-Gabrielle était une hostie vivante. Comme sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, elle s’est offerte comme victime d’holocauste à l’Amour Miséricordieux du Bon Dieu. Que ce don d’elle-même ne reste pas sans effets ! »

Anne-Gabrielle Caron (archives familiales)

Ces mots de l’homélie résonnent chez le jeune bachelier nantais qui se dirige vers des études de commerce à moins qu’il ne se fasse rattraper par la passion des planches. Avec des amis scouts, il a d’ailleurs prévu d’écrire et de monter un spectacle de son et lumière sur la vie de plusieurs saints français. « Après la lecture de cette homélie, j’ai en moi une certitude, je veux intégrer Anne-Gabrielle dans le spectacle pour raconter sa vie », raconte-t-il à Aleteia. Avec ses amis, il cherche alors le contact de ses parents pour les prévenir du projet. Ceux-ci, très touchés, décident de lui envoyer le journal de bord personnel qu’ils ont tenu pendant toute la maladie de leur fille (et qui servira de trame au livre, Là où meurt l’espoir, brille l’Espérance, éd. du Sacré-Cœur, sorti en 2016, Ndlr). « La lecture de ces pages m’a bouleversé », raconte Jean-Baptiste. Ce texte familial, il le commence un soir à 23h et l’achève d’une traite dans la nuit, en larmes. « À 2h du matin, je réécris tout mon spectacle, m’appuyant sur les vraies paroles d’Anne-Gabrielle ».

Les « clins-Dieu » d’Anne-Gabrielle

Jean-Baptiste et ses amis voient grand pour leur son et lumière aux centaines de bénévoles. Devant l’ampleur de leur projet, ils décident alors de le confier à Anne-Gabrielle. Pour cela, ils lui écrivent une prière d’intercession et demandent à toutes les unités scoutes de Nantes de la réciter chaque jour, pendant neuf mois. « Pendant le montage du spectacle, on va tout connaître ! Des problèmes d’enregistrement, de matériel, un manque d’argent… et à chaque fois, cela s’est finalement arrangé, les « clin-Dieu » d’Anne-Gabrielle ont été innombrables ! »

Un exemple ? Jean-Baptiste se souvient. « Trois semaines avant la représentation, il nous manquait une somme de 1.000 et quelques euros. Et là, quelques jours avant le spectacle, une des membres de l’équipe d’organisation me dit que sa grand-mère, mourante, souhaite soutenir le spectacle à condition que les scouts prient pour le repos de son âme. La somme qu’elle souhaitait nous donner correspondait au montant exact de nos besoins ! » Arrive enfin le grand jour, le 25 juin 2011, le spectacle « Une école de sainteté » avec 150 comédiens et près de 800 spectateurs, est un succès. Merci Anne-Gabrielle !

Mais la belle histoire d’amitié spirituelle ne s’arrête pas là. Trois mois après le spectacle, Jean-Baptiste et ses amis rencontrent les parents d’Anne-Gabrielle à Toulon et ils se rendent ensemble sur sa tombe. « Pendant les mois de préparation intense du spectacle, nous avons souvent dit « Anne-Gabrielle, si tu nous aides, on ira prier sur ta tombe ! » Le jeune homme se lie d’amitié avec ses parents qui lui offrent une des médailles qui a accompagné Anne-Gabrielle sur son lit de mort. Un peu plus tard, les parents lui confieront également que s’ils ont fait la démarche d’écrire un livre sur leur fille, c’est en partie grâce au témoignage de Jean-Baptiste qui leur a fait comprendre qu’Anne-Gabrielle pouvait rayonner, au-delà de leurs proches.

Elle rayonne si bien la petite Anne-Gabrielle qu’elle va accompagner ce nouvel ami dans ses années étudiantes. « Je traverse une année personnelle très sombre et me retrouve dans une situation de grand désespoir, m’éloignant de la foi. Un soir, au cœur de l’abîme, j’ai alors vraiment senti qu’Anne-Gabrielle était près de moi et je le dis aujourd’hui avec beaucoup d’émotion, elle m’a sauvé », raconte ainsi Jean-Baptiste avec pudeur.

Anne-Gabrielle aime beaucoup les familles »

Aujourd’hui, Jean-Baptiste Darantière a 27 ans et il est producteur de spectacle. Marié, il est père de deux petites filles, « mon ainée porte en deuxième prénom Anne-Gabrielle ». Pour lui, Anne-Gabrielle est comme sa petite sœur, et après avoir confié sa médaille à sa fiancée avant leur mariage, elle est à présent dans les mains d’un de ses frères, devenu moine. « Anne-Gabrielle m’accompagne au quotidien et je parle beaucoup d’elle autour de moi. J’ai des dizaines d’exemples de grâces reçues grâce à mon amie du ciel : un couple d’amis qui n’avait pas d’enfant, aujourd’hui heureux parents, une cousine longtemps célibataire qui se marie l’été dernier… C’est un fait, Anne-Gabrielle aime beaucoup les familles ! »

Pour mémoire, l’ouverture de la cause en vue d’une éventuelle béatification d’Anne-Gabrielle Caron vient d’être autorisée par Rome. Le diocèse de Fréjus-Toulon ouvrira solennellement le procès le 12 septembre prochain en l’église Saint-François de Paule à Toulon. Anne-Gabrielle est présentée comme figure de sainteté pour les enfants malades et leurs familles.