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Les lieux de la Bible : Jaffa, le port qui permit l’édification du Temple

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Hanan Isachar I Godong
Le vieux port de Jaffa.
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Jaffa, ville arabe de nos jours rattachée à la ville juive de Tel-Aviv, compte parmi les plus anciens ports de la côte orientale de la Méditerranée. Véritable porte d’entrée au commerce et au négoce, longtemps aux mains des Égyptiens, puis des Philistins, il faudra attendre David et son fils Salomon pour que cette cité prenne toute sa force biblique en contribuant à l’édification du Temple de Jérusalem…

Le nom même de Jaffa vient du phénicien ancien yapu ou « la belle », ce qui donnera en hébreu Yapho, Ioppé en grec, et enfin Yafa en arabe. Connue depuis les temps les plus anciens, cette cité est rapidement devenue prospère en raison de ses particularités géographiques, une anse naturelle qui lui a valu très tôt d’être considérée, avec Acre et Césarée, comme l’un des ports les plus prisés de la côte orientale de la Méditerranée. Si son nom était déjà mentionné il y a plus de 3.000 ans à l’époque d’Akhenaton, Jaffa apparaît dans la Bible au livre de Josué, lors du partage de Canaan. Cette ville échoit alors à Dan et comprend : « les eaux du Yarqone, Ha-Raqqone, avec le territoire en face de Jaffa«  (Jos 19, 46). Mais ce même livre de la Bible nous apprend également que ce « territoire des fils de Dane leur échappa » et reviendra dès lors en la possession des Philistins jusqu’à l’époque du roi David.

Jaffa et l’édification du Temple

Le Premier Livre des Rois fait mention du roi Hiram de Tyr qui avait été très tôt l’ami du roi David, aussi lorsque son fils Salomon lui succéda, ce dernier fit porter à Hiram ce message :

Tu sais que David, mon père, harcelé par les guerres, n’a pas pu bâtir une maison pour le nom du Seigneur son Dieu, jusqu’à ce que le Seigneur eût mis sous ses pieds les ennemis qui l’encerclaient. Mais à présent, le Seigneur mon Dieu m’a donné le repos de tous côtés ; je n’ai plus d’opposants ni de dangers à craindre. Ainsi, j’ai décidé de bâtir une maison pour le nom du Seigneur mon Dieu, selon la parole du Seigneur à David, mon père : “Ton fils, celui que je mettrai après toi sur ton trône, c’est lui qui construira la Maison pour mon nom ! » Maintenant donc, ordonne que l’on coupe pour moi des cèdres du Liban. Mes serviteurs travailleront avec les tiens, et je te donnerai pour leur salaire ce que tu me fixeras ; car tu sais qu’il n’y a personne chez nous qui sache couper les arbres comme les gens de Sidon.

Hiram se réjouit et accepte bien volontiers de participer à cette magnifique édification, celle du Temple même de Jérusalem, et lui promet dès lors tout le bois de cèdre et de cyprès que le roi Salomon pourrait souhaiter. Le bois fut ainsi transporté du Liban à la mer, et de là afin de faciliter son transport maritime assemblé en radeaux à destination du port de Jaffa pour y être, là, démonté et prêt à être livré à Salomon. En échange, ce dernier livra à Hiram, nous précise le récit biblique, chaque année : « vingt mille quintaux de blé pour la nourriture de sa maison, plus vingt quintaux d’huile d’olives concassées : voilà ce que Salomon livrait à Hiram tous les ans« . Ces précisions laissent une idée de la richesse des échanges qui se pratiquaient alors sur les quais du port de Jaffa, mais aussi de l’importance de cette cité biblique pour l’édification du grand Temple de Jérusalem…

De Jonas à saint Paul

Riches, encore, sont les nombreux évènements bibliques qui se déroulèrent à Jaffa en raison de l’importance de ce carrefour commercial de la Méditerranée. Parmi les faits notables en ces lieux, la Bible évoque notamment l’aventure de Jonas, fils d’Amittaï, qui reçut la parole de Dieu lui enjoignant : « Lève-toi, va à Ninive, la grande ville païenne, et proclame que sa méchanceté est montée jusqu’à moi. » (Jon 1,2) Mais, Jonas prend peur et s’enfuit, « loin de la face du Seigneur«  rappelle la Bible. Il se rend alors à Jaffa même et trouve un bateau pour le mener à Tarsis. La suite de l’histoire est bien connue, Jonas embarque et une grande tempête se lève alors… Les cieux sont en colère contre celui qui refuse d’écouter Dieu. Aussi, les marins le jettent-ils à la mer et les flots redeviennent calmes ! C’est, alors que Jonas est avalé par la fameuse baleine. Pendant trois jours entiers, il ne pourra que méditer sur ce qui lui est arrivé. Au terme de ces longues journées dans le ventre de la baleine, Jonas enfin confessera et reconnaîtra : « Mais moi, au son de l’action de grâce, je t’offrirai des sacrifices ; j’accomplirai les vœux que j’ai faits : au Seigneur appartient le salut« . Alors le Seigneur, apaisé, ordonna au cétacé de rejeter Jonas sur la terre ferme.

© Public Domain
Pieter Lastman, Jonas et la baleine, 1621, huile sur toile, Düsseldorf, Stiftung Museum Kunstpalast

C’est encore en la cité biblique de Jaffa, que saint Pierre résidera chez Simon le Tanneur où il ressuscitera Tabitha et eut alors en ce lieu même une étrange vision (Ac 10,10-15) :

Pendant qu’on lui préparait à manger, il tomba en extase. Il contemplait le ciel ouvert et un objet qui descendait : on aurait dit une grande toile tenue aux quatre coins, et qui se posait sur la terre. Il y avait dedans tous les quadrupèdes, tous les reptiles de la terre et tous les oiseaux du ciel. Et une voix s’adressa à lui : « Debout, Pierre, offre-les en sacrifice, et mange ! Pierre dit : « Certainement pas, Seigneur ! Je n’ai jamais pris d’aliment interdit et impur ! » À nouveau, pour la deuxième fois, la voix s’adressa à lui : « Ce que Dieu a déclaré pur, toi, ne le déclare pas interdit.

Ce fut ainsi, à Jaffa même, pour l’apôtre Pierre, une véritable et profonde prise de conscience, celle que la Parole de Dieu ne devait pas être réservée aux seuls Juifs mais bien à l’humanité tout entière.