Aleteia logoAleteia logo
Aleteia
Mercredi 28 octobre |
Saint Jude
home iconArt & Voyages
line break icon

Les lieux de la Bible : Tel Arad, ancienne cité cananéenne

Hanan Isachar / GODONG

La forteresse de Tel Arad, dans le désert du Néguev.

Philippe-Emmanuel Krautter - Publié le 24/06/20

Les fouilles archéologiques de Tel Arad, au nord des terres semi-désertiques du Néguev, ont révélé un site d’importance à moins d’une dizaine de kilomètres de l’actuelle ville d’Arad. Ces lieux témoignent encore de nos jours de l’extraordinaire richesse de l’ancienne cité biblique cananéenne. Mais, si Tel Arad fut un carrefour commercial prospère, notamment pour le cuivre, elle fut également et surtout un important sanctuaire israélite de ces temps bibliques.

Le site de Tel Arad a été occupé dès les temps les plus anciens, dès l’âge du bronze, faisant de cet endroit un carrefour où de nombreuses sociétés anciennes se sont succédé. Cette concentration s’explique par la situation de ce lieu qui offrait un site idéal pour assurer une position défensive efficace. À l’origine, la ville d’origine cananéenne se situait précisément sur la seule partie basse en forme de fer à cheval. Sur une dizaine d’hectares, un haut mur de 2 à 2,5 mètres sur 1.200 mètres de long avait été bâti venant protéger un espace clos auquel sera ajoutée ultérieurement une puissante forteresse dont il est possible encore de nos jours d’apprécier la qualité de construction. Une réserve d’eau, des tours de guet et des bâtiments publics virent également compléter cet extraordinaire dispositif profitant d’un lieu naturel propice alimenté, qui plus est, par ses eaux de ruissellement, des eaux rares et bien venues dans cette zone avant tout désertique.

Un carrefour commercial prospère

Dans ces temps bibliques les plus anciens, Arad fut donc par sa situation géographique privilégiée un haut lieu de commerce et d’échange extrêmement prospère. Son marché attirait de loin les négociants qui proposaient toute sorte de biens, des biens issus non seulement de l’agriculture (blé, orge et haricots), mais aussi de la culture des oliviers ou de l’élevage (chèvres, moutons et bovins). Arad fut également connue pour des matières plus rares et précieuses comme le sel et le bitume, ce dernier servant à calfeutrer notamment les citernes. Mais Arad fut surtout réputée pour son important négoce du cuivre issu des mines royales du sud du Sinaï.

Hanan Isachar / GODONG

Un réservoir d'eau à Tel Arad, dans le désert du Néguev.


WEB2-megido_city_gate1.jpg

Lire aussi :
Les lieux de la Bible : Megiddo, l’Armageddon de l’Apocalypse

Cette importante activité commerciale fut d’autant plus prospère qu’Arad se situait au carrefour de deux grandes routes commerciales : celles au sud, allant des collines de Judée au Néguev, et l’autre, à l’ouest, venant de la mer Morte à la côte sud. Il a été retrouvé sur le site archéologique de nombreuses poteries et céramiques provenant d’Égypte, signe des importants échanges avec des sociétés éloignées pour cette époque ancienne.

Un lieu convoité

Par son extraordinaire prospérité, Arad ne pouvait que susciter la convoitise, notamment celle des Hébreux. C’est donc cette cité – parmi une longue liste dressée par le Livre de Josué – que combattirent les Israélites sous la direction de Josué lui-même lors de la conquête du pays au-delà du Jourdain (Jos 12, 14). Avec les rois d’Israël et de Juda, des citadelles furent édifiées sur les hauteurs d’Arad afin de mieux protéger encore les routes commerciales contre toute attaque. L’une d’entre elles notamment fut édifiée par le roi Salomon avec une garnison, des magasins et même un temple, faisant ainsi de la cité d’Arad un haut lieu religieux…

CC BY-SA 2.0 I Ian Scott
Le sanctuaire de l'âge du fer. La cour pavée, l'autel de sacrifice, le bâtiment allongé et le naos.

Un sanctuaire religieux

Arad n’a pas été, en effet, qu’une cité civile économiquement prospère. La ville comportait également une enceinte sacrée avec, à l’époque des Cananéens, deux temples consacrés aux dieux païens de la ville. Dans l’un d’eux, une stèle dressée en pierre taillée a même été retrouvée, demeurée en sa position verticale, symbole probable d’un dieu dans le temple. À l’extérieur, un autel de pierre et un bassin servant aux ablutions complétaient ce sanctuaire avant l’arrivée des Israélites. La citadelle édifiée par Salomon enfin comportait trois pièces orientées est-ouest conduisant au saint-des-saints, lieu le plus sacré où était dressée une stèle de pierre peinte en rouge, ainsi que de forts nombreux autels de pierre.

Ce temple d’Arad se révèle d’autant plus important dans l’histoire biblique qu’il fut le seul temple israélite connu à l’extérieur de Jérusalem. Une centaine de tessons de poterie nommés ostraca ont été retrouvés sur ce site et ont offert un témoignage unique sur le quotidien de ce sanctuaire et de la ville d’Arad lors des dernières décennies du royaume de Juda. Ce sanctuaire disparaîtra cependant, à cette même époque du royaume de Juda, lors de la réforme menée par les rois Ezéchias et Josias qui centraliseront le culte désormais à Jérusalem, symbole unifié de la foi des Hébreux.

CC BY-SA 3.0 I Acer11 — Travail personnel
Debir du temple israélite d'Arad (âge du Fer).


LAQUISH

Lire aussi :
Les lieux de la Bible : Laqish, la forteresse du royaume de Juda

Soutenez Aleteia !
A travers le monde, vous êtes des millions à lire Aleteia, pour y trouver quelque chose d'unique : une vision du monde et de votre vie inspirée par l’Évangile. On prétend qu'il est de plus en plus difficile de transmettre les valeurs chrétiennes aux jeunes d'aujourd'hui.
Et pourtant, savez-vous que plus de la moitié des lecteurs d'Aleteia sont des jeunes de 18 à 35 ans ? C'est pourquoi il est si important que Aleteia demeure un service quotidien, gratuit et accessible à tous. Cependant, un journalisme de qualité a un coût que la publicité est loin de couvrir. Alors, pour qu'Aleteia puisse continuer à transmettre les valeurs chrétiennes au cœur de l'univers digital, votre soutien financier demeure indispensable.
*avec déduction fiscale
Tags:
ancien testamentLes lieux de la BibleTerre sainte
Le coin prière
La fête du jour






Top 10
Domitille Farret d'Astiès
Elles ont appris à les aimer : ces ...
Camille Dalmas
Derrière la phrase du Pape sur les homosexuel...
Mathilde de Robien
Franz et Franziska Jägerstätter, un couple un...
Marzena Devoud
Le rituel matinal du pape François avant de s...
statue de femme les yeux bandés
Mgr Benoist de Sinety
Dans nos aveuglements, le diable montre son v...
belle mère et belle fille
Jeanne Larghero
S’embrouiller avec sa belle-mère en trois leç...
dessin caricature
Guillaume de Prémare
Terrorisme islamique : l’impasse du droit au ...
Afficher La Suite
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous gratuitement