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Les lieux de la Bible : Akko, sur la route de saint Paul

Accre ou Akko (Israël).
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Sur la plaine côtière, Akko, que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de Saint-Jean-d’Acre, a très tôt dans l’Histoire retenu l’attention par son anse naturelle abritant idéalement les navires. Progressivement, cette caractéristique géographique fera la richesse de cette ville commerciale qui gardera cependant son autonomie lors de la période israélite. Avec le conquérant Alexandre, Akko prendra une nouvelle appellation, elle sera alors connue sous le nom de Ptolémaïs, et saint Paul y séjournera lors d’un de ses nombreux voyages missionnaires…

Le site d’Akko apparut rapidement dans l’Histoire comme étant le lieu idéal pour y établir un port abrité des vents et aux eaux profondes. En Galilée, la ville sera dans l’alignement de la fameuse via Maris, la célèbre route commerciale bordant la plaine côtière et reliant le nord de l’Égypte à la Phénicie, l’Assyrie et la Mésopotamie. Bien avant les Israélites, l’Égypte, notamment avec le pharaon Thoutmosis III, occupe ce site stratégique après avoir repoussé les Hyksos, alors que les Cananéens prendront leur suite en désignant la cité portuaire du nom d’Akko. Cette « voie de la mer » ne cessera de gagner en importance depuis la plus haute antiquité, ce qui explique que le prophète Isaïe, puis l’Évangile de Matthieu y fassent référence (Mt 4, 15) :

Pays de Zabulon et pays de Nephtali, route de la mer et pays au-delà du Jourdain, Galilée des nations !

Si la célèbre cité d’Akko est certes évoquée élogieusement par l’évangéliste Matthieu, cette dernière fut cependant auparavant également un sujet de référence par sa longue histoire dans l’Ancien Testament…

Akko et l’installation des Hébreux

La première évocation de cette ville d’Akko si convoitée de Galilée par la Bible intervient au Livre des Juges : « Asher ne déposséda pas les habitants d’Akko, ni les habitants de Sidon, ni ceux d’Ahlab, d’Akzib, de Helba, d’Afiq et de Rehob. Les Ashérites habitèrent au milieu des Cananéens habitant le pays, puisqu’ils ne les avaient pas dépossédés » (Jg 1, 31-32). Mais, qui était Asher ? Ce personnage fameux est le huitième fils de Jacob avec Léa. Son nom passera à la postérité pour être à l’origine d’une des douze tribus d’Israël après la sortie d’Égypte. Lorsque Josué partagea le pays de Canaan conquis par ses troupes, la tribu d’Asher hérita de 22 villes et villages dont Akko. Certaines de ces villes résistèrent et ne furent pas dépossédées comme Akko, ainsi que le souligne le récit biblique. Cette coexistence perdurera de nombreux siècles jusqu’aux affrontements avec les Assyriens, puis les Perses. Enfin, les successeurs du conquérant Alexandre prendront possession de ce port convoité en lui donnant le nom de Ptolémaïs en l’honneur de Ptolémée Philadelphe qui contribuera à l’extension de la ville et à sa large renommée.

Sur la route de saint Paul

L’histoire d’Akko était loin, en effet, de se conclure avec l’Ancien Testament. Saint Paul, lors de son troisième voyage (53-58) avant son arrestation à Jérusalem, continue inlassablement l’évangélisation des « gentils » c’est-à-dire des non-Juifs dans les contrées les plus lointaines. À son retour, il séjournera brièvement à Akko, juste avant de s’arrêter à Césarée sur la même via Maris : « Quant à nous, achevant notre traversée, de Tyr nous sommes arrivés à Ptolémaïs ; ayant salué les frères, nous avons passé une journée chez eux » (Ac 21, 7) Nous pouvons imaginer sans peine les nombreuses interrogations qui l’assaillent alors. Il vient de se rendre dans les Églises d’Asie Mineure, et à Éphèse il a même rencontré l’hostilité de nombreux Juifs contestant son autorité. Mais il en faut plus pour abattre l’avorton de Dieu comme il se surnomme et qui songe déjà à aller évangéliser la jeune Église de Rome… Mais en faisant halte à Akko, Paul sait que son chemin va bientôt s’interrompre et qu’il sera arrêté à Jérusalem. S’il se rendra bien à Rome, ce sera captif et enchaîné, avant d’y être décapité…