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Que vont devenir les chaînes YouTube des paroisses ?

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Anita Pouchard Serra / Hans Lucas via AFP
Diffusion d'une messe en direct lors du confinement.
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Durant le confinement, des chaînes YouTube paroissiales ont essaimé afin de proposer la retransmission en direct des messes dont les fidèles étaient privés. Mais que vont-elles devenir maintenant qu’a sonné le retour aux messes « physiques » ? Petit tour d’horizon des fruits pastoraux qui ont mûri en dix semaines.

Après des records d’audience et de vues pendant deux mois, dans certaines paroisses, la fin du confinement signe un net ralentissement de l’activité de la chaîne YouTube qui avait été créée à la hâte quelques semaines plus tôt. Le père Dacre-Wright, curé de Sainte Clotilde (Paris 7e) n’envisage ainsi pas de futur clairement déterminé pour la chaîne de sa paroisse mais il reconnaît que le confinement lui a donné l’occasion de monter de petites vidéos : « je vais y recourir à l’avenir même si cela demande beaucoup de temps !« 

Même constat pour le père Damien Bernier, curé de Lescar (Pyrénées-Atlantiques) : il est clair que les fidèles ont vocation à « réinvestir leurs églises« , dit-il. C’est pourquoi il entend bien « réduire la voilure de la chaîne« , en ne diffusant désormais plus l’adoration ou le chapelet. Cependant, pour la diffusion de la messe ou du catéchisme en ligne, le prêtre y songe sérieusement car les familles sont demandeuses.

Un maintien de la chaîne pour maintien le lien générationnel

D’autres paroisses poursuivront sur leur lancée. À Figeac (Lot), par exemple. Si la ville a plutôt été épargnée par le virus, les paroissiens gardent une certaine appréhension, surtout les plus âgés, généralement dotés de responsabilités dans la paroisse comme le catéchisme pour les enfants. « La chaîne garde son intérêt car cette peur va demeurer un certain temps. Les paroissiens sont heureux qu’elle existe ; c’est dans ces moments-là que l’on découvre que la paroisse est charnelle« , explique son curé, le père Soury-Lavergne. Ce dernier a également mis en place un « goûter spi », séance diffusée en direct mêlant prière, jeux, concours à destination des familles de la paroisse. « Il en est ressorti une émulation sympathique, une fortification du lien entre les familles. Les jeunes se sont dépassés et ont fait preuve de créativité. Tout ceci sera amené à continuer après le retour à la normale.« 

Du côté de l’église Saint Roch (Paris 1er) l’abbé Thierry Laurent envisage de continuer à l’utiliser pour des choses ponctuelles, « pour transmettre des messages particuliers à mes paroissiens pendant les vacances, ou encore pour diffuser des enseignements.«  La question se pose encore de continuer à diffuser les messes. « Je souhaite évidemment que les gens aillent dans leurs églises. Cependant la chaîne pourrait rendre service aux personnes âgées ou malades. » La paroisse a commencé avec peu de moyens, mais avec l’expérience sont advenues des améliorations techniques. « Néanmoins, si nous voulons une qualité optimale, il faudrait y consacrer un investissement important, qui sera décidé de façon collective en conseil pastoral. » Or, comme les messes sont très suivies, parfois par cinq fois plus de personnes que le nombre de paroissiens habituels, la demande est là.

Pascal Deloche / Godong

Un fort engagement des jeunes

Quant à la chaîne YouTube de la paroisse de La Garde dans le Var, elle existait déjà avant le confinement, mais restait inutilisée. Son curé, le père Louis-Marie Guitton, a proposé de nombreuses initiatives comme des prières en famille, des veillées, des enseignements en plus des messes en direct également proposées sur Facebook. Il tire de son expérience digitale que ces moyens techniques sont des aides précieuses et fonctionnelles. « Même si cela n’est pas notre outil premier, même si les prêtres ne font pas de la télé, cette chaîne a permis de toucher des gens qui ne font pas partie du public habituel des messes. De plus, de nombreux jeunes se sont investis pour nous aider. Et nous serons peut-être amenés à nous appuyer de nouveau sur leur engagement. » Pour le moment, rien de précis n’a été défini, mais le réflexe technologique a bel et bien été adopté à La Garde.

Une mobilisation des laïques

Les prêtres ne sont pas les seuls à être montés au front de la rediffusion. La web TV du diocèse de Séez, en Normandie, a été lancée en 2008. « Cela fait donc bien longtemps que les messes paroissiales sont diffusées en direct« , explique Hubert Moritz, son responsable, qui a également mis en place le système de diffusion à la basilique d’Alençon. Avec le confinement, l’audience a augmenté, notamment de la part de fidèles étrangers, ou d’anciens du diocèse ayant déménagé. Pour répondre à toutes les questions concernant ces techniques, Hubert Moritz a créé directcatholique.fr, un site proposant de l’aide pratique en la matière, qui a été très sollicité ces derniers temps. Car les fidèles aussi prennent en charge la diffusion de la messe comme Claude Nadeau, organiste à la paroisse de Carnac. La chaîne paroissiale a été créée pendant le confinement, une nécessité qui n’a pas été évidente au début : d’autres médias faisaient ça mieux. « Les gens, attachés à leur paroisse, ont eu besoin de garder le lien, de voir leur prêtre et leur équipe liturgique« , explique-t-elle. Cela a permis de donner des nouvelles, d’organiser des prières et des chapelets, mais aussi des obsèques. « Nous avons remis l’église au cœur du village. Les nouvelles technologies séparent parfois les gens… mais là, elles ont permis de maintenir le lien paroissial et ecclésial ! »