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Les lieux de la Passion : à Gethsémani commence le long et douloureux chemin de la Passion

Shutterstock / Stepanych
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C’est au lieu même nommé Gethsémani, situé au Mont des Oliviers, que Jésus priera alors que ses plus fidèles disciples sont encore là. C’est ici que Judas le livrera à ses ennemis et qu’Il sera arrêté. À Gethsémani commence le long et douloureux chemin de la Passion.

Il est fait mémoire du Jeudi saint, premier des trois jours du Triduum pascal, par deux faits d’importance qui surviennent dans les dernières heures de la vie du Christ. Ce jour est en effet resté marqué à jamais, en premier lieu, par la Cène ou dernier repas partagé au Cénacle entre Jésus et ses disciples. Ce repas de la Pâque est évoqué aux Évangiles de Marc, Luc et Matthieu, ce dernier rappelant : « Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples s’approchèrent et dirent à Jésus : “Où veux-tu que nous te fassions les préparatifs pour manger la Pâque ?”. Jésus leur dit alors : “Allez à la ville, chez un tel, et dites-lui : “Le Maître te fait dire : Mon temps est proche ; c’est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples“.”

Les disciples s’exécutèrent et le soir venu les Douze se réunirent à table avec Jésus qui leur déclara : “Amen, je vous le dis : l’un de vous va me livrer“. » (Mt 26, 17-21). Le don du corps et du sang du Christ lors de ce dernier repas est un des éléments les plus importants de la foi chrétienne, le pain et le vin partagés instituant l’Eucharistie, commémorée chaque dimanche depuis par les fidèles. Mais la Cène, si puissamment représentée par Léonard de Vinci à Milan, scelle également l’annonce de la trahison et de l’arrestation de Jésus au Jardin des Oliviers en un lieu nommé Gethsémani, à l’est de Jérusalem, séparant la Ville Sainte du désert de Juda.

L’Agonie parmi les oliviers

Le nom même de Gethsémani, de l’araméen Gat Shemanin, signifie « pressoir à huile », en raison de l’abondante oliveraie située sur les lieux, au pied même du Mont des Oliviers. C’est un endroit que les nombreux pèlerins venus de toute la Palestine pour la Pâque ont l’habitude d’occuper lorsqu’ils n’ont pas de lieu où dormir. Jésus et ses disciples s’y rendent également régulièrement et après avoir quitté le Cénacle, c’est par un petit chemin de pierre, comme il en reste encore beaucoup à Jérusalem de nos jours, qu’ils rejoignent ce lieu bucolique qui domine toute la vallée du Cédron. Les plus anciens oliviers qui y prospèrent encore de nos jours sont issus de boutures des plus vieux arbres qui, selon les scientifiques, auraient pour certains connu le Christ.

Agonie au jardin des oliviers
© By El Greco - The Yorck Project (2002) 10.000 Meisterwerke der Malerei, Public Domain.
Agonie au Jardin des Oliviers, par Greco, 1590.

Parvenu en cet endroit, Jésus s’éloigne à distance avec Pierre, Jacques et Jean pour aller prier. Il leur confie cette phrase poignante que la liturgie latine a retenue en ces termes : « Tristis est anima mea », qui signifie « mon âme est triste » ; des paroles fortes que de nombreux compositeurs depuis Roland de Lassus, Gesualdo, Marc-Antoine Charpentier, jusqu’à Franz Liszt et bien d’autres encore, ont mis en musique de la plus sublime manière.

Jésus est un homme qui, à l’exception du péché, connaît toutes les faiblesses de cette condition, la peur et l’angoisse comptant parmi elles. Malgré la présence réconfortante des robustes oliviers, l’inquiétude le gagne, et c’est en tombant face contre terre qu’il confie : « Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme moi, je veux, mais comme toi, tu veux ». C’est à Gethsémani même que des gouttes de sang perleront sur le front du Christ, signe de son profond tourment.

La faiblesse des disciples

Jésus comptait sur la prière de ses plus proches disciples pour le soutenir dans cette épreuve à Gethsémani, mais lorsqu’il revient vers eux, il les trouve endormis. Il s’adresse alors à Pierre : « Ainsi, vous n’avez pas eu la force de veiller seulement une heure avec moi ? Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation ; l’esprit est ardent, mais la chair est faible ». Malgré cette exhortation, Jésus les retrouvera endormis une nouvelle fois. Le Fils de l’Homme est seul dans cette agonie que les peintres les plus talentueux ont illustrée, tels Le Greco ou encore Tiepolo. Mais la volonté du Père l’emporte sur les faiblesses humaines et Jésus confiera alors : « Mon Père, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite ».

Une basilique a été édifiée au XXsiècle en bordure du Jardin des Oliviers à Gethsémani sur les fondations de celle décidée par Théodose le Grand au IVsiècle. Une pierre brute y est vénérée, elle serait la confidente de ces heures d’angoisse vécue par le Christ à Gethsémani avant d’être livré. En ce lieu biblique au sombre avenir, le destin du Fils de l’Homme est, en effet, scellé par sa libre acceptation de ce qui l’attend dans les prochaines heures.

La trahison de Judas et l’arrestation

Les vénérables oliviers encore présents à Gethsémani au Jardin des Oliviers ont-ils gardé mémoire de ces heures tragiques vécues par Jésus de Nazareth ? Si leur tronc noueux témoigne du poids des siècles et des vicissitudes de la nature, leur silence laisse place à la méditation, et notamment celle sur ce proche du Christ, Judas, dont la trahison ne cessera de questionner le cœur des fidèles. Jésus annonce en effet à ses disciples à peine éveillés : « Voici qu’elle est proche, l’heure où le Fils de l’homme est livré aux mains des pécheurs. Levez-vous ! Allons ! Voici qu’il est proche, celui qui me livre ». Les événements s’accélèrent alors et Judas, accompagné d’une grande foule armée envoyée par les grands prêtres, s’approche. C’est par un baiser qu’il livre le Fils de l’Homme, pour quelques pièces d’argent…

Domaine public
Le Christ à Gethsémani, par Giambattista Tiepolo, 1753.

L’actuelle grotte de l’Arrestation à Gethsémani, proche du Tombeau de la Vierge, perpétue le souvenir de cette trahison. Le tumulte gagne, les soldats du Temple s’emparent de Jésus alors que Pierre tranche l’oreille du serviteur du grand prêtre. À la lueur des torches, le bruit des chaînes avec lesquelles les soldats ont entravé Jésus résonnera longtemps dans le Jardin des Oliviers de Gethsémani, vide de tous les disciples qui se sont enfuis et l’ont abandonné.