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Messe à la télévision ou célébration à la maison ?

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Il sera toujours d’une essence plus élevée de participer, chez soi, à une humble célébration de la Parole, que de regarder la messe à la télévision, serait-elle célébrée par le Pape, sous les ors de la basilique Saint-Pierre. Deux conditions cependant : être au moins deux personnes et élargir l’horizon de « l’assemblée » aux intentions de l’Église et du monde.

Quand on est privé de la messe dominicale, est-il toujours d’une essence plus élevée de participer à une humble célébration de la Parole, que de regarder la messe à la télévision, serait-elle célébrée par le Pape, sous les ors de la basilique Saint-Pierre, avec les plus belles chorales du monde ? Sans vouloir en rien dévaluer la précieuse consolation que nous apporte la messe à la télévision, la réponse ne peut être que « oui ».

Comment cela peut-il se faire ? C’est que, quand plusieurs personnes se réunissent au nom de Jésus Christ pour célébrer sa Parole, avec l’intention d’être d’un seul cœur et d’un seul esprit avec son Église, ils réalisent deux promesses certainement efficaces, l’une formulée par Jésus lui-même, l’autre par son Église.

La première promesse est celle du Christ Jésus : « En effet, là où deux ou trois font assemblée en mon Nom, je suis là au-milieu d’eux. » (Mt 18, 20) Quand en ce temps de confinement, nous sommes réunis à la maison pour célébrer sa Parole, aucun doute que le Christ Jésus est bien présent au milieu de nous.

Comment savons-nous que, à la maison, nous célébrons en Église ? Quand nous élargissons l’horizon de notre « assemblée » aux horizons de l’Église et du monde.

La deuxième promesse est celle de l’Église. En effet, le concile Vatican II (principalement), nous enseigne que lorsqu’on se réunit pour lire l’Écriture en Église, c’est le Verbe de Dieu lui-même, le Christ Jésus, qui nous parle. Sa Parole est alors une vraie nourriture pour notre vie. Comment savons-nous que, à la maison, nous célébrons en Église ? Quand nous élargissons l’horizon de notre « assemblée » aux horizons de l’Église et du monde. Et quand nous suivons les formules liturgiques que l’Église recommande pour de telles célébrations de la Parole.

« Fais de ta maison une Église »

Et si en plus, l’assemblée réunie à la maison (à partir de deux) est constituée par la famille, même élargie (amis, voisins), elle fait réellement Église par la grâce de l’Ecclesia domestica. Le Catéchisme de l’Église Catholique ne dit-il pas : « L’Église domestique, c’est ici que s’exerce de façon privilégiée le sacerdoce baptismal […] de tous les membres de la famille. C’est ici que l’on apprend […] surtout le culte divin par la prière et l’offrande de sa vie« . N’hésitons donc pas à suivre saint Jean Chrysostome qui donnait ce conseil à un père de famille : « Fais de ta maison une Église ».

Ce sont bien le catéchisme et les célébrations de la Parole en famille qui ont fait le miracle coréen. La naissance de l’Église en Corée a déjà été un miracle. La foi n’a pas d’abord été annoncée par des missionnaires, mais découverte à la fin du XVIIIe siècle par un philosophe, Lee Byeok, et son groupe d’amis, grâce à des ouvrages chinois présentant la foi chrétienne, probablement écrits par Matteo Ricci. Après bien des péripéties, le premier prêtre missionnaire aborde en Corée en 1836, cinquante ans après le premier baptême d’un coréen et alors que le pays compte déjà près de 20.000 chrétiens ! En 1845, le premier prêtre coréen est ordonné : saint André Kim. Il mourra pendant la grande persécution de 1846.

À partir de là, les persécutions ne cessèrent pratiquement plus pendant un siècle, y compris sous la domination japonaise. Cependant, sans prêtres et sans évêques, non seulement la communauté chrétienne survécut, mais encore elle s’agrandit. Et quelle ne fut pas la surprise des premiers prêtres qui entrèrent en Corée après la libération du pays en 1945, de découvrir un communauté catholique vivante, dont les membres connaissaient par cœur le catéchisme, les grandes prières et même toutes les réponses des fidèles à la messe, alors que pratiquement aucune messe n’avait pu être célébrée depuis 100 ans !

La messe à la télévision, une très précieuse consolation

La messe à la télévision n’en demeure pas moins un trésor irremplaçable pour les personnes seules, les malades et les personnes âgées. Ceux qui la visionne sont invités à être de cœur et d’esprit en Église. Ils prient. Ils entendent la parole de Dieu et peuvent la méditer. Ils peuvent communier spirituellement. Et, de même, en cas de confinement, la messe à la télé constitue ainsi une grande consolation pour beaucoup.

Cependant, il est clair que la messe à la télévision ne remplace pas la messe réelle. Ce n’est pas une question de degré, c’est une question d’essence. En temps normal, quand on peut aller à une messe réelle, on doit aller à la messe réelle. Le visionnage à la télévision de la messe de Minuit du Pape à Rome n’est pas de même nature que la participation à la messe de minuit de sa paroisse.

Le christianisme est une religion de l’incarnation

Prenons une comparaison : regarder à la télévision un très grand Chef préparer un merveilleux dîner pour le Pape et quelques invités et regarder le repas qui s’ensuit à la télévision, c’est bien. Faire partie des invités, s’asseoir à la table du Pape et partager réellement le repas et les conversations avec lui et avec ses invités, c’est tout-à-fait autre chose.

L’abbé Pierre Amar le dit bien dans un article très juste sur Aleteia : « Ce que l’on voit [à la télévision] ou sur son ordinateur (en ce moment, beaucoup de prêtres filment les messes qu’ils célèbrent en privé), même en direct, n’est PAS la réalité : c’est une IMAGE de la réalité. » Or, une célébration de la Parole à la maison est la réalité, aussi humble soit-elle par rapport à une messe en paroisse. Et l’abbé Amar d’ajouter : « Les chrétiens sont les adeptes de la Rencontre. Dieu s’est fait chair, il s’est incarné, il a eu un corps et un visage. Lorsqu’il a voulu sauver le monde, il a envoyé son fils, dans la sueur, le sang et les larmes. Il n’a pas envoyé une lettre, ni un message ni… un mail ! » Ni une retransmission en direct à la télévision.

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