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Projet de loi bioéthique : les trois mises en garde des évêques de France

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Ideya - Shutterstock
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À une semaine de l’ouverture du débat, en séance, sur le projet de loi bioéthique, la Conférence des évêques de France met en lumière trois points particulièrement inquiétants du texte.

Alors que le projet de loi bioéthique sera débattu en séance publique au Sénat à partir du 21 janvier avant un vote solennel prévu le 4 février, la Conférence des évêques de France (CEF) a tenu à rappeler que « trois points particuliers engageraient encore davantage notre société française dans des contradictions insolubles ». S’ils étaient adoptés définitivement, préviennent les évêques de France, « ils témoigneraient d’une grave méprise quant à ce qu’est l’éthique, méprise qui, si elle n’était pas clarifiée, serait de l’ordre de l’insouciance pour l’avenir ».

Soumettre l’engendrement par PMA d’un nouvel être humain à un « projet parental »

« Le pouvoir ainsi reconnu aux parents ne risque-t-il pas de devenir absolu ? », s’interroge la CEF. « Comment le projet de loi va-t-il exprimer la pleine reconnaissance du droit de l’enfant qui est une “personne” ? ». Pour les évêques de France, « établir des critères applicables aux adultes qui veulent devenir parents pour autoriser ou non ceux-ci à bénéficier d’une technique d’AMP ne suffira pas à garantir une prise en compte suffisante de la dignité de l’enfant ». « Le respect de l’enfant devrait être la considération première », affirment-ils.

Légaliser la filiation sans père ni ascendance paternelle et la maternité par simple déclaration de volonté

Il s’agit là d’une légalisation de la filiation devant notaire qui reconnaît, par exemple, qu’une femme peut être la mère d’un enfant exactement au même titre que celle qui a porté l’enfant. « Est-il juste d’entraîner la société dans cet engrenage ? », se questionne la CEF. « Notre République est basée sur le respect de la conscience. Cela ne commande-t-il pas de prévoir le recours à la l’objection de conscience pour ceux et celles, les notaires par exemple, qui se refuseraient, en conscience, à être engagés malgré eux dans la réalisation de cet “invraisemblable” ? Cette clause de conscience s’impose aussi à propos de l’IMG. Sans une telle expression dans la loi du respect de la conscience de chacun, n’irions-nous pas vers la mise en place d’une police de la pensée, contraire à notre liberté démocratique ? »

L’extension du diagnostic pré-implantatoire (DPI)

L’extension du DPI ouvre la voie « à une sélection accrue des enfants à naître, sélection que notre pays professe pourtant de refuser en souhaitant une société inclusive », rappellent encore les évêques de France. « Un “eugénisme libéral”, dépendant de la décision des parents potentiels ou du parent potentiel, serait ainsi toléré. Des parents ayant un enfant portant une maladie génétique nous alertent publiquement sur la “déshumanisation” que produirait un tel tri sélectif ». Pour eux, « vouloir l’enfant sans aucun variant génétique est non seulement une illusion, mais ce serait aussi “déshumaniser” notre humanité ».