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Peur de se marier ? C’est en aimant l’autre qu’on devient libre

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Dans cette quête universelle de liberté qui touche chacun d’entre nous, ils sont nombreux ceux qui ont peur de s’engager dans le mariage. Parce qu’il y a une véritable confusion entre la « petite liberté », celle qu’on veut entretenir pour soi, et la vraie liberté de se donner à l’autre. C’est en renonçant à cette compréhension réduite de la liberté qu’on devient vraiment libre et, par conséquent, vraiment heureux.

Chez certains hommes, d’où vient la peur de se marier ? Est-ce qu’elle manifeste le doute de l’amour de l’autre, ou la peur de s’engager ? Je crois plutôt qu’il existe au fond de l’homme une peur un peu vague de perdre sa liberté, son confort, son indépendance et par conséquent la possibilité de contrôler son propre bonheur. Si j’écris que cette peur est ‘un peu vague’, c’est parce que je crois qu’il y a une confusion sous-jacente dans la bonne compréhension de la liberté. À cause d’elle, on se trompe souvent dans notre quête de liberté.

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Bilbo, le hobbit de J.R.R.Tolkien, pourrait peut-être nous aider à dépasser ce malentendu. Comme tout bon hobbit, Bilbo Baggins aime le confort et la vie simple. Il veut garder sa liberté. il adore s’asseoir devant la cheminée et boire son thé. Mais le cours de son histoire va l’obliger de sortir de sa zone de confort. Bientôt, l’occasion de devenir un héros va se présenter à lui. Au fond de lui-même, il avait toujours su que cette option existait. Mais ce qui, jusqu’alors, l’avait toujours retenu vers cet idéal, c’était la peur de perdre son indépendance. Pourtant, c’est en renonçant à cette fausse liberté, apparente source de bonheur, qu’il devient vraiment libre, et par conséquent, vraiment heureux.

«Quand la liberté est vécue comme un droit absolu, une « liberté de », une absence de toute limitation, elle devient alors potentiellement destructive.»

Depuis toujours l’homme rêve d’être libre. Depuis la tour de Babel, qui marque la folie des hommes qui veulent se libérer de Dieu, en passant par Luther, qui proclame la liberté en s’affranchissant des règles de l’Église, jusqu’à Woodstock qui se veut l’expression absolue de la liberté de toute morale. La quête de liberté nous a souvent égarés. N’est-ce pas aussi au nom de la liberté que l’homme se drogue, qu’il dépasse la vitesse sur l’autoroute, qu’il abandonne son conjoint, ou qu’il s’éloigne de Dieu ?

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En même temps, c’est cette liberté qui est au coeur de la vie chrétienne. Sans liberté, pas de confiance. Pas de choix définitif pour l’autre non plus. Pas de service gratuit, pas de possibilité de donner la vie pour l’autre, pas de pardon de l’ennemi, pas de consolation ou de compassion avec celui qui ne peut rien donner en retour… En définitive, sans liberté pas d’amour, pas de don-de-soi.

«La liberté est destinée à servir les autres, pour apprendre à se donner, pour donner son ‘oui’ à Dieu.»

 

Quand la liberté est vécue comme un droit absolu, une « liberté de », une absence de toute limitation, elle devient alors potentiellement destructive. Elle nous précipite dans l’inhumanité, en nous réduisant à l’état de la ‘loi du plus fort’ ou même à des profondes injustices plus grandes parfois que chez les animaux. Avec ses guerres mondiales, ses génocides et ses camps d’extermination, le XXème siècle en est la pire illustration.

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En revanche, lorsque nous regardons la liberté comme une « liberté pour », donc comme la condition nécessaire pour pouvoir se donner, alors celle-ci devient plus abordable et plus humble. Elle sauve des vies, elle change le cours de l’histoire par la tendresse, elle crée une société de paix et de justice authentiques. Dans la lettre aux Galates, Saint Paul nous propose cette réflexion :

« Vous, frères, vous avez été appelés à la liberté. Mais que cette liberté ne soit pas un prétexte pour votre égoïsme ; au contraire, mettez-vous, par amour, au service les uns des autres. Car toute la Loi est accomplie dans l’unique parole que voici : Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Gal 4,13-14).

L’ex-Saül a pu toucher de son propre doigt le thème de la liberté. Quand, sur la route vers Damas, (Ac, 9) il rencontre Jésus ressuscité et tombe par terre aveuglé, il a la possibilité d’utiliser sa liberté pour s’endurcir et rester indépendant en suivant ‘son chemin’… ou tout risquer pour suivre un chemin qu’il ne contrôle plus. Saint Paul a compris que la liberté n’est pas pour l’égoïsme, mais qu’elle est au contraire destinée à servir les autres, pour apprendre à se donner, pour donner son ‘oui’ à Dieu.

La « petite liberté »

 

Revenons aux contemporains de notre époque. À ceux qui, parfois, peuvent avoir une certaine peur de perdre leur liberté. Certes, celui qui s’engage ne peut plus faire quelques-unes des choses qu’il faisait avant. Cela signifie qu’il n’est plus libre de faire à tout moment ce qu’il a envie de faire. Pourtant, l’homme, aspire-t-il profondément à ce type de liberté ? N’est-il pas beaucoup plus grand et plus noble ? Pensons à tous les héros des grandes histoires ! Non, au contraire, celui qui n’ose jamais d’aller plus loin en faisant offrande de sa liberté absolue, celui-là va rester à un niveau de joie assez superficielle. Il va devoir rester dans la satisfaction immédiate de ses besoins, sans jamais toucher la plénitude humaine à laquelle le Créateur nous a destiné.

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À mon avis, cette ‘petite liberté’ – comme j’aime l’appeler – celle qu’on sacrifie pour l’autre, elle n’est d’aucune façon comparable avec ce qu’on gagne. À commencer par la découverte de la ‘grande liberté’ à deux. Restons dans des images assez simples : un danseur peut danser seul… mais quand il danse la valse avec quelqu’un qui sait danser, alors on ne parle plus de la même chose. De façon générale, tout type de joie partagée, comme un lever de soleil en haute montagne, n’est pas seulement plus intense à deux. Elle touche surtout une fibre en nous que nous élève à une plénitude jamais connue avant.

«Seule une liberté partagée est une liberté humaine ; c’est en étant ensemble que nous pouvons entrer dans la symphonie de la liberté.»

La raison de ce phénomène, elle se trouve dans ce manuel de construction de l’homme qui s’appelle la Bible : « Le Seigneur Dieu dit : ‘Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Je vais lui faire une aide qui lui correspondra’ » (Gn 2, 18). Comme Dieu, l’homme est un être relationnel et il est fait pour le don de soi. Pendant sa vie, il est toujours en relation avec d’autres libertés, même quand il est seul. Par conséquent, cela n’a pas de sens de penser atteindre une vraie liberté sans prendre en considération celle des autres. Le pape Benoît XVI disait que « seule une liberté partagée est une liberté humaine ; c’est en étant ensemble que nous pouvons entrer dans la symphonie de la liberté ». Dans la mesure où l’homme apprend à risquer sa liberté, à se donner sans se chercher soi-même, il devient vraiment libre.

Et pour cela, le mariage est la meilleure plateforme, quand on le comprend non pas comme un lieu d’arrivée, un état de parfait bonheur, mais comme un lieu de départ sur le chemin d’apprentissage de l’art d’aimer, de vivre. Je suis le fils d’un couple qui donne envie de s’engager pour la vie parce qu’il fait croire à l’amour. Mes parents ont vécu un chemin d’amour simple mais beau, pavé par beaucoup de choix libres de se donner mutuellement, d’attendre l’autre, de l’accueillir. Et je suis témoin de centaines des couples qui ont découvert quelle est la différence entre « liberté de » et « liberté pour ».

«N’ayez pas peur de sacrifier votre « liberté de » et d’apprendre l’art de la « liberté pour ».»

Pour cela, il est important de s’engager de façon stable, pour ne pas abandonner aux premières difficulté qui finissent toujours par arriver. Sans la stabilité du lien matrimonial, on ne pourra pas découvrir toutes les ressources qui dorment en nous. On va rester un petit hobbit devant sa cheminée. On connaîtra les aventures seulement des livres ou des jeux vidéo. Celui qui se marie n’a pas besoin d’un jeu vidéo… Il commence la plus grande aventure de sa vie, une aventure qui est conçue et accompagnée par le plus grand des artistes de tous les temps.

P.S. : Saviez-vous quelle est la phrase que Dieu répète le plus dans toute la Bible ? « N’aie pas peur » ! On dit que cette phrase apparaît 365 fois, donc une fois pour chaque jour. Même si ce n’est peut-être pas le chiffre exact, il est sûr que c’est cette phrase qui revient le plus ! Cela doit nous suffire pour faire confiance dans ce projet de l’homme et plus exactement celui du couple, parce qu’il est le plus important pour Dieu. C’est ici que cette phrase trouve tout son sens. Donc, n’ayez pas peur de vous donner, de vous engager. N’ayez pas peur de sacrifier votre « liberté de » et d’apprendre l’art de la « liberté pour ». L’homme est fait pour le don. Ce don qu’il doit re-choisir tous les jours !

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