Recevez la newsletter d'Aleteia chaque jour!
Démarrez la journée avec la newsletter d'Aleteia
Je m'abonne gratuitement !

Vous ne souhaitez pas faire de don ?

Voici cinq façons d'aider Aleteia:

  1. Prier pour notre équipe et le succès de notre mission
  2. Parler d'Aleteia dans votre paroisse
  3. Partager les articles d'Aleteia avec vos amis et votre famille
  4. Désactiver votre bloqueur de pub quand vous êtes sur Aleteia
  5. S'abonner à notre newsletter gratuite et la lire tous les jours

Je vous remercie!
L'équipe d'Aleteia

 

Souscrire

Aleteia

PMA : la vérité et la liberté bafouées

Partager

« Révolution de la filiation », comme l’a reconnue le ministre de la Justice Nicole Belloubet, l’ouverture de la PMA aux couples de femmes serait tout simplement une révolution anthropologique : un mensonge d’État sur la vérité de l’homme et une amputation arbitraire de sa pleine liberté.

L’homme ne peut être lui-même qu’en respectant la vérité et la liberté inhérentes à sa condition. L’ouverture de la PMA aux couples de femmes fait passer à la trappe ces deux caractéristiques anthropologiques fondamentales. Voilà pourquoi le projet de loi de bioéthique actuellement en discussion ne peut laisser indifférents les chrétiens attachés à l’intégrité de l’être humain.

Vérité escamotée

Que la PMA sans père soit contraire à la vérité de ce qu’est l’homme, est une évidence. En effet, ce projet législatif, en désirant remédier à l’infertilité des couples homosexuels féminins, escamote sciemment le référent masculin dans le projet de parentalité. Croit-on vraiment que les enfants seront dupes d’un tel artifice ? Et qu’ils l’approuveront ? Comment réagiront-ils plus tard au fait de les avoir privés d’un père ?

En fait, les initiateurs du projet, comme les idéologues qui les inspirent, ont une conception très élastique de la notion de vérité. Dans leur esprit, cette dernière n’est jamais une instance objective qui ne dépend pas de nous. Selon eux, c’est l’homme qui « fait » la vérité en fonction de ses désirs et de sa volonté. Dans le cas qui nous intéresse, la loi universelle, valable partout et toujours, selon laquelle l’enfant naît d’un homme et d’une femme, et ne peut s’épanouir qu’au sein d’une famille composée d’un pôle masculin et d’un pôle féminin, cette loi est maintenant jugée par eux comme une vérité sinon rétrograde, du moins variable. Elle n’a plus statut de vérité. Si deux femmes désirent élever un enfant toutes seules, et même en « obtenir » un avec le concours d’un tiers donateur masculin qui restera anonyme, et qui sera prié de s’éclipser une fois sa besogne accomplie, alors l’accomplissement de leur désir consacrera, toujours selon ces thuriféraires du relativisme, la « vérité » de leur « amour ».

Dès lors, la vérité n’est plus ce en fonction de quoi l’homme se développe et tente d’ajuster sa conduite. Pour la mentalité du « progressisme sociétal », elle constitue au contraire, comme chez Hegel, le résultat d’une action. Autrement dit, avec la PMA, la vérité se situe à l’arrivée du projet, non au départ, dans les présupposés anthropologiques à partir desquels nos personnes s’épanouissent. La vérité selon le relativisme sanctionne l’aboutissement du dessein poursuivi par une volonté qui ne tient aucun compte d’une nature humaine et de ses présupposés. Ce qui se traduira par l’imposition d’une vérité arbitraire à l’enfant, auquel on fera croire qu’il a deux « mères ». « Je veux. Je peux. J’obtiens. » : pour les idéologues de la PMA ouverte aux couples de femmes, la « vérité » est la concrétisation de ces trois étapes.

Une liberté en trompe-l’œil

Cette extension du domaine de la réalisation du désir pourrait laisser penser qu’à défaut de vérité, le projet d’ouverture de la PMA aux couples homosexuels féminins ouvre la voie à une dilatation de la liberté humaine. Il n’en est rien. Dans ce domaine également, il y a malentendu au sujet de la notion que l’on évoque pour justifier cette fuite en avant biotechnologique. Car ma liberté s’arrête là où commence celle du voisin. Or le désir qui a pour conséquence de priver un enfant de père, se fait liberticide envers celui-ci. Le père symbolise en effet à la fois la loi qui affranchit des pulsions spontanées, ainsi que l’altérité du monde extérieur (car il n’a jamais porté l’enfant en lui, comme la mère). Le petit homme ne peut accéder à la liberté que s’il a été élevé par deux pôles (cela dit sans tomber dans la caricature et le « stéréotype de genre ») : l’un plus affectif, plus maternant, l’autre qui le pousse davantage à risquer et à se lancer dans le monde. Le priver d’un père équivaut conséquemment à l’amputer d’une dimension de sa liberté.

Marchandisation du corps humain

La PMA pervertit également la liberté en favorisant la marchandisation du corps humain. Dans ce dispositif procréatif, l’enfant est le résultat d’une technique (coûteuse) et d’un contrat passé avec un donneur mâle. Avant même sa naissance, l’enfant est ainsi le jouet et l’enjeu de transactions qui ont peu à voir avec l’union charnelle gratuite de deux personnes qui s’aiment. Peut-on croire que cette donnée de départ sera indifférente dans l’évolution de l’intéressé, qu’elle n’influera pas sur sa croissance affective ? Beaucoup de personnes, qui n’ont jamais connu leurs pères biologiques, partent à leur recherche à l’âge adulte. Nous ne sommes pas de purs esprits auxquelles notre origine charnelle reste indifférente !

À cette souffrance risque de venir s’ajouter un autre danger. Il existe de fortes probabilités que l’enfant soit choisi par les adultes selon certaines caractéristiques de par la possibilité de triage des embryons — ce que l’on appelle sans euphémisme l’eugénisme. L’enfant sera-t-il plus libre, alors que dès son départ dans l’existence ses « parents » légaux auront choisi pour lui son physique, la couleur de ses yeux, sa taille, et jusqu’à certaines spécificités morphologiques ? La liberté, n’est-ce pas ce qui nous met à l’abri de l’arbitraire de créatures finies, fussent-elles nos parents ?

Résurgence du mépris gnostique du corps

Avec ce projet de loi, nous assistons à la résurgence de certains présupposés gnostiques. La gnose était un courant de pensée, apparue dans l’Antiquité, qui méprisait le corps. Selon elle, la matière était mauvaise. Le désir de planifier la procréation, et d’en confier le soin à la technique, ne relève-t-il d’une méfiance similaire envers le corps ?

Pour le christianisme, le corps a une vérité qui doit être respectée sous peine de provoquer des lésions psychiques et spirituelles. Par exemple, un corps féminin est différent d’un corps masculin. Mais nous avons vu plus haut que les idéologues qui sont à la manœuvre derrière le projet de loi de la PMA ne croyaient pas à la vérité en cette matière. Pour eux, le corps ne parle pas. Il est une simple potentialité. Seule compte sa force biologique. L’homme fournit la semence, et puis c’est tout. N’est-ce pas réduire la grammaire des corps à une simple mécanique animale ? Derrière cette réduction transparaît un certain mépris de la sexualité, comme de toute la dimension charnelle de l’homme.

Pour les artisans de la PMA, le plus important reste le projet de parentalité et la conception de l’enfant en laboratoire, tout comme pour les gnostiques, seules importaient les idées et l’âme. La légalisation de la PMA pour les couples féminins consacrerait de la sorte la séparation de la chair et de l’esprit. Ce n’est pas ainsi que l’homme se réconciliera avec lui-même !

Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous gratuitement
Aleteia vous offre cet espace pour commenter ses articles. Cet espace doit toujours demeurer en cohérence avec les valeurs d’Aleteia. Notre témoignage de chrétiens portera d’autant mieux que notre expression sera empreinte de bienveillance et de charité.
[Voir la Charte des commentaires]