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Le sacrement du mariage change-t-il vraiment le couple ?

David Thomaz-Unsplash
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Dans une histoire d’amour il y un « avant » et un « après » le sacrement du mariage. Il donne la force qui seule permet de réussir un mariage et de surmonter les épreuves du temps. Tout semble identique, pourtant tout change…

Il y a un phénomène qui m’a toujours surpris. De nombreux couples se séparent après un an de mariage, et cela même si les époux vivaient ensemble depuis de longues années, bien avant de se marier religieusement. En y réfléchissant, cela semble indiquer qu’il y a des attentes qui ne correspondent pas tout à fait à la réalité du mariage. Il est certain que si on met toute l’espérance dans l’amour, parce qu’il est une force mystérieuse qui restera toujours avec nous, on risque alors de construire sur du sable… Heureusement, notre foi nous libère de cette attente un peu naïve. Car la vraie force se trouve d’abord dans le sacrement, pas dans un sentiment. Ce sacrement qui nous promet la présence stable et fidèle du Créateur. Celui qui, le jour du mariage, s’engage avec nous pour toujours. Celui qui vient compléter ce que nous n’avons pas.

Un avant et un après le sacrement du mariage

Mais très concrètement, qu’est-ce qui change vraiment entre avant et après le sacrement du mariage ? Pour répondre à cette question, j’aimerais rappeler quel est le sens des sacrements en partant de cette phrase de la Bible que nous connaissons tous mais dont nous ne mesurons pas toujours la profondeur : « Dieu a créé l’homme à son image » (Gn 1, 27). Dieu nous a confié le monde pour continuer son œuvre d’amour et de paix. Dans son état originel, la nature humaine nous permettait d’agir comme Dieu agit, d’aimer comme Dieu aime. Mais la nature humaine a été blessée par la chute de l’homme. C’est un peu comme si le cordon ombilical entre la mère et l’enfant était abîmé, voire brisé. En conséquence, toute la vie de la mère n’entre plus dans l’embryon… et l’embryon se développe difficilement. De la même façon, depuis cette rupture originelle, toute la vie de Dieu n’entre plus dans l’homme. Depuis ce moment-là, l’amour est devenu difficile, voire très difficile. Même saint Paul reconnaît cette double loi qu’il découvre au plus intime de lui-même :

« Au plus profond de moi-même, je prends plaisir à la loi de Dieu. Mais, dans les membres de mon corps, je découvre une autre loi, qui combat contre la loi que suit ma raison et me rend prisonnier de la loi du péché présente dans mon corps…» (Rom 7,22-23).

Toute la Bible est la réponse de Dieu au non de l’homme. Elle exprime Son effort pour renouer le cordon ombilical entre Lui et nous. Pour aboutir à son incarnation : si Dieu devient finalement homme, c’est pour rester définitivement Dieu-avec-nous. Ainsi, Il nous offre la possibilité d’accueillir à nouveau la vie de Dieu. À ce titre, les sacrements sont une des expressions les plus puissantes de ce Dieu-avec-nous. Grâce à eux, la vie de Dieu entre à nouveau dans l’homme. Notre vie avec la vie de Dieu devient ainsi la vraie vie — comme Dieu l’avait toujours prévue depuis le commencement. Un sacrement, c’est donc une porte par laquelle Dieu entre dans notre vie, pour rester avec nous. C’est une force qui nous permet de redevenir un peu plus nous-mêmes. I

«Le jour de mon ordination, j’ai prononcé exactement les mêmes paroles et j’ai fait exactement les mêmes gestes qu’avant… Mais là, le Ciel s’ouvrait. Je n’ai rien changé, mais le sacrement a tout changé !»

Alors qu’est-ce qui change grâce aux sacrements ? Pour le comprendre j’aimerais tout d’abord vous expliquer quelle est la différence entre l‘avant et l’après du sacrement de l’ordre. La semaine qui a précédé mon ordination sacerdotale, ma communauté m’a proposé d’aller chaque jour dans une crypte, avec mes autres frères qui allaient — comme moi — être ordonnés prêtres. Chacun à son autel, nous répétions la messe du début à la fin pour bien la célébrer le jour J. Ce qui voulait dire que je me changeais, en revêtant le vêtement du prêtre, je préparais l’autel et je célébrais toute la messe… sans être prêtre encore. Quand je disais « ceci est mon corps », « ceci est la coupe de mon sang », il ne se passait rien, car je n’étais pas encore prêtre.

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Le jour de mon ordination — c’était le 22 décembre 2001 à Rome — l’évêque m’a imposé ses mains. Dès le lendemain, j’ai prononcé exactement les mêmes paroles et j’ai fait exactement les mêmes gestes qu’avant. Mais là, le ciel s’ouvrait et le Seigneur descendait pour guérir, pour nourrir, pour pardonner, servir et renouveler… Je n’ai rien changé dans mes paroles et mes gestes, mais le sacrement a tout changé !

Par le sacrement, Dieu a élevé mes gestes au niveau de son agir dans le monde. Désormais les gestes de mon agir sacerdotal ne m’appartiennent plus. Leur signification a changé. Ils sont remplis de la présence de Dieu. Ils sont chargés du pouvoir rédempteur du Sauveur. Moi je n’ai rien changé. C’est le sacrement qui a tout changé. Je ne peux plus dire que je n’ai pas envie de célébrer la messe, de confesser, d’écouter les gens, d’ouvrir mon cœur à Dieu, et heureusement ! Car je me suis consacré à Lui. Cela peut sembler un peu lourd au premier coup d’œil. Pourtant, je participe à une fécondité qui dépasse infiniment la mienne !

Un signe visible de l’amour invisible de Dieu

Je crois qu’on peut appliquer la même force de transformation au sacrement du mariage. Il y a un vrai avant et après. La signification et la valeur des gestes change presque complètement. La prière d’ouverture dans le rituel du sacrement du mariage parle des fiancés en ces termes : « Leurs cœurs sont déjà remplis d’amour l’un pour l’autre, mais ils veulent te confier cet amour et te demandent de le consacrer ».

«Le jour du mariage les époux consacrent leur amour à Dieu. Avant, quand ils se prenaient dans les bras, c’était beau. Maintenant quand ils se prennent dans les bras, le Ciel s’ouvre. Ils n’ont rien changé, mais le sacrement a tout changé.»

Consacrer signifie dédier : donner son amour à Dieu pour qu’il en dispose. Avant le sacrement, nous pouvons dire que l’amour d’un couple appartient exclusivement aux fiancés. Leurs gestes sont une expression de leur amour, mais ils restent limités à eux deux. Leur signification est celle du je t’aime. Pas moins, pas plus. Au début de la Création, ces gestes étaient sensés devenir un lieu de la présence de Dieu. Ils manifestaient un signe visible de l’amour invisible de Dieu dans le monde, un lieu où l’action de Dieu dans le monde trouvait sa continuité.

Le jour du mariage, les deux se donnent le sacrement du mariage. Ils consacrent leur amour à Dieu. À ce moment, l’Esprit saint change la signification ainsi que la fécondité de leur amour en pensées, en paroles et en gestes. Avant, quand ils se prenaient dans les bras, c’était beau. Mais c’était leur affaire. Maintenant et grâce au sacrement du mariage, quand ils se prennent dans les bras, le ciel s’ouvre et le Seigneur descend pour guérir, pour nourrir, pour pardonner, servir et renouveler… Les deux n’ont rien changé, mais le sacrement a tout changé.

Lire aussi : La prière en couple, ça peut rapporter gros ! 

Par le sacrement, Dieu a élevé les gestes des époux au niveau de son agir. Dans leur agir de couple, les gestes ne leur appartiennent plus entièrement. Ainsi, la signification de leurs gestes a changé. Ils sont remplis de la présence de Dieu, ils sont chargés du pouvoir rédempteur du Sauveur. Le couple n’a rien changé, le sacrement a tout changé. En plus, ils ne peuvent plus dire qu’ils n’ont pas envie d’aimer, d’accueillir, d’être don l’un pour l’autre. Car ils ont consacré leur amour à Dieu. Cela peut sembler aussi un peu lourd au premier coup d’œil. Pourtant, ils participent à une fécondité qui dépasse infiniment la leur !

«Par son amour, le couple fait descendre le Seigneur autant que nous, prêtres, le faisons descendre au moment des paroles de la consécration.»

Un jour, après que je leur ai présenté cette explication, un jeune couple me disait la chose suivante : « Dans ce cas, si un jour nous apprenons une très mauvaise nouvelle, par exemple qu’il y a eu un attentat, et que le soir même nous nous prenons dans les bras avec un amour vrai, un amour qui est don de soi, cela veut dire que nous effectuons un acte de réparation ? Que nous créons un vrai équilibre entre le ”non” et le “oui” dans le monde, parce que dans notre amour, nous rendons Dieu présent ? Est-ce vrai ? ».

Oui, c’est vrai. Leur oui est un très grand « oui » ! Je me souviens n’avoir pu cacher ma joie à ces deux jeunes mariés. Je les ai encouragé d’essayer de toujours vivre ainsi. Honnêtement, je crois que le sacrement du mariage est assez similaire au sacrement de l’ordre. Par son amour, le couple fait descendre le Seigneur autant que nous, prêtres, le faisons descendre au moment des paroles de la consécration. Chers couples, soyez conscients de la grandeur de votre vocation !

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