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Les pièges à éviter pour réussir sa première année de mariage

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Edifa - Publié le 25/11/20

La première année de mariage est celle de la découverte des joies mais aussi des petits agacements... S’il n’y a pas de recette toute faite pour « survivre » à cette étape de vie importante pour les jeunes époux, il y a des pièges à éviter et certaines astuces à avoir en tête.

Après l’effervescence de la préparation au mariage, l’euphorie du jour J, l’allégresse du voyage de noces, commence le quotidien à deux. Et parfois, tout n’est pas si simple. Le père Alexis Leproux a l’habitude d’accompagner fiancés et jeunes mariés. « Wedding blues », agacements, ouverture à la vie, c’est avec passion et franc-parler qu’il se penche sur la première année de mariage.

Passé le jour du mariage, certains couples éprouvent ce qu’on appelle le « wedding blues ». Comment gérer ce possible coup de déprime ? Est-il grave ?
Père Alexis Leproux : Cette sensation existe, en effet, et elle est naturelle. Quand on est dans le temps de la préparation du mariage, on est dans un dynamisme particulier. Une fois passé l’événement, il faut se lancer dans une logique nouvelle. Vous avez parfois des arbres qui ont un bourgeonnement tardif. Cela ne veut pas dire qu’ils sont morts. Simplement, la saisonnalité de nos âmes est différente de celle de nos têtes. Par ailleurs, il y a toujours un écart entre notre imaginaire et la réalité. Cet écart peut surprendre agréablement mais peut aussi décevoir. Toutefois, être déçu ne veut pas dire qu’on s’est trompé de vocation.

La première année est celle de la découverte des joies mais aussi des petits agacements… Comment faire pour qu’ils n’empoisonnent pas la vie ?
Les agacements que l’on éprouve en vivant avec quelqu’un sont un bon moyen de nous décentrer de nous-mêmes et de faire mourir une bonne part de nos égoïsmes. Du bruit du moustique à l’enfant qui pleure en passant par le comportement de son conjoint qui peut agacer, les irritations sont en réalité une invitation à reconnaître qu’on ne vit pas dans son « petit moi ». Intégrer cela, c’est exercer ce que l’on peut appeler une forme de résilience ; celle-ci permet d’assouplir notre âme, d’entraîner notre intelligence et notre volonté à porter le réel. Soyons-en certains : plus nous serons habitués à surmonter les petits agacements, plus nous serons éduqués à surmonter les grandes épreuves.

« Les premiers temps de la vie à deux sont essentiels pour mettre en place les habitudes du don de soi à l’autre et de la communication. »

Il ne faudrait donc jamais chercher à corriger le comportement du conjoint ?
Attention, d’abord, à ne pas confondre les petits tracas du quotidien avec les comportements inadmissibles. Ensuite, tous les agacements ne sont pas une fatalité. Avec de la pédagogie, de l’humour aussi, on peut chercher à améliorer des points. Mais, dans certaines situations, dans la belle-famille par exemple, vous pouvez être irrité par des attitudes qui ne changeront sans doute pas. Deux solutions s’offriront à vous. Soit la raison de votre agacement vous obsédera et vous finirez par être agacé de tout et tout le temps. Soit vous en faites des occasions de décentrement et vous en serez heureux.

Apprendre à bien communiquer, est-ce le secret pour réussir son mariage ?
L’écoute et la parole fondent effectivement la communion des époux. Et cela se travaille. Un couple qui, la première année de son mariage, se jetterait dans le boulot, passerait son temps à voir des amis ou bien resterait à la surface de lui-même, perdrait des forces et se mettrait en danger. Les premiers temps de la vie à deux sont essentiels pour mettre en place les habitudes du don de soi à l’autre et de la communication. Un petit caillou dans la chaussure peut rendre une randonnée douloureuse, voire impossible. Si l’un des époux ne prend pas le temps de communiquer avec l’autre pour expliquer ce qui le gêne, ce petit caillou peut faire des dégâts. On imagine facilement ce qui se passera quand arriveront les grosses pierres…

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Pour être plus heureux dans le couple, il faut se taquiner !

Le temps ne résout donc jamais rien ?
Le temps consolide ce que je fais, en bien comme en mal. C’est le principe du vice et de la vertu. Il n’y a pas de mystère : si je m’habitue à dire les petites choses la première année, je dirai les grandes la vingtième.

Savoir écouter, c’est aussi tout un art…
Absolument. L’homme et la femme ont des antennes différentes – ce qui ne facilite pas toujours les choses. Entrer dans la conjugalité est un exercice d’écoute qui suppose, là encore, un réel effort. Chaque époux doit pouvoir se dire : « Je me sens entendu ». Car de la qualité d’écoute et de la parole – qui forge le cœur à cœur – découle aussi la qualité de la communion des corps.

Que voulez-vous dire ?
Le cœur à cœur est fondateur, il construit l’intimité, la confiance et la joie. Les gestes du corps viennent traduire le cœur à cœur. Ils sont le signe charnel de ce qui s’est travaillé dans le secret des cœurs. Une union charnelle des époux qui ne traduirait pas l’intimité des cœurs trahirait la dimension vraiment personnelle de la sexualité. Il n’y a pas de grand avenir à une intimité sexuelle qui n’est pas enracinée dans un don personnel de soi.


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Une relation charnelle qui ne se passerait pas bien serait donc le signe d’un souci en amont ?
Pas nécessairement. Se donner charnellement à l’autre sans un amour total est évidemment un grave problème. Mais le corps étant une « machine » extrêmement délicate, une belle intimité sexuelle implique un chemin d’apprentissage qui peut prendre du temps. Encore une fois, il est normal qu’il y ait un décalage entre son imaginaire et la réalité. En revanche, l’important est que les époux soient toujours capables d’en parler simplement.

Au quotidien, y a-t-il des signes qui doivent alerter les jeunes mariés ?
Je pense à la fatigue. Les époux doivent chercher l’équilibre entre la saine fatigue du devoir accompli et le repos nécessaire à la communion des personnes – qui suppose d’avoir de l’énergie. Il est donc bon de retirer tout ce qui nous fatigue et qui ne présente pas d’intérêt essentiel.

Vous savez bien que beaucoup de jeunes couples consacrent les premières années de mariage à leur carrière…
Oui, et je trouve cela dangereux que la carrière puisse prendre le dessus sur le reste. Car personne ne sait s’il sera encore en vie dans deux ans. Se mettre dans la tête l’idée qu’on ne va pas voir beaucoup sa femme ou bien ses enfants pour amasser toujours davantage me fait penser au riche qui a engrangé dans ses greniers tout son blé et qui finit par s’entendre dire : « Cette nuit, tu mourras »…

Mais il reste de la responsabilité des parents d’assurer le bien matériel des enfants !
Il faut prévoir, effectivement, mais il faut d’abord prévoir de s’aimer ! N’oublions pas que l’amour seul donne de savourer la vie véritable ! Si vous mettez en premier les préoccupations mondaines plutôt que le pardon, l’écoute et l’amour de votre femme, de votre mari et de vos enfants, vous verrez vite votre édifice se fragiliser. Le compte en banque sera peut-être rempli, mais vous prendrez le risque de n’avoir plus personne avec qui en profiter. Que les jeunes couples vivent pleinement ce qu’ils doivent vivre ensemble et ils seront des pierres d’angle pour les autres !


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Vous avez mentionné le pardon. Comme le Pape, vous conseillez aussi qu’on ne se couche pas sans se pardonner ?
Prenons une image. Personne ne laisse dans sa cuisine une poubelle ouverte où des moucherons se multiplient. Parce que tout le monde a compris qu’il sera ensuite bien difficile de se débarrasser des moucherons. C’est la même chose avec nos âmes. En couple, il y a mille petites choses qui traduisent qu’on n’aime pas parfaitement ; ces moments où l’on a trop parlé – ou pas assez -, où l’on a boudé, où l’on s’est mis en colère. Comme on sort une poubelle qui empeste, on doit prendre l’habitude d’évacuer tout ce qui n’est pas charitable. Car si chacun garde ses boulets aux pieds, s’enferme dans son petit univers de médiocrité et le camoufle sous son lit, je peux vous assurer que le jour où le grand courant d’air arrive, toute la puanteur se répand et l’atmosphère est irrespirable.

Comment penser la question des enfants durant la première année de mariage ?
C’est un point crucial. Chez beaucoup de jeunes ménages, j’entends ce leitmotiv : « On va d’abord se construire, puis on verra pour les enfants », comme si l’apparition d’une nouvelle vie s’opposait à la croissance de leur couple. Il faut faire bien attention à ne pas avancer en excluant d’emblée l’un des deux biens fondamentaux du couple, à savoir l’ouverture à la vie. Car, sinon, le risque serait d’amputer sa vie conjugale d’une dimension essentielle de générosité, de liberté et d’inattendu. Ce réflexe est souvent un mauvais calcul, surtout la première année, qui peut conduire le couple à se replier sur soi. Je prie aussi pour ceux qui, pendant cette première année de mariage et après, rencontrent des difficultés pour attendre un enfant.

« Construire sa famille demande du temps. C’est la priorité des premières années. Il ne faut jamais éteindre la mèche du service, mais il n’est pas forcément bon, non plus, de tout enflammer d’un coup. »

Mais il arrive que des couples aient de bonnes raisons pour décaler un projet d’enfant… L’humanitaire, par exemple ?
Si un couple se marie, c’est pour vivre le sacrement de mariage, et donc vivre la communion des époux, s’ouvrir à la vie. L’Église ne cesse de rappeler ce lien indissociable entre union des époux et ouverture à la vie. Partir faire de l’humanitaire ne peut donc pas empêcher un couple de vivre cette promesse de don total, une promesse sans retour et pour toujours.

Cela ne veut pas dire qu’il faut se mettre la pression pour avoir des enfants dès le lendemain de son mariage. Mais l’ouverture à la vie demeure un point vital, qui traduit la maturité du couple, appelé à participer à l’œuvre créatrice de Dieu. Attention, donc, à bien donner aux choses leur juste place !

Les jeunes couples peuvent avoir du temps à offrir. Est-ce le bon moment pour s’engager ?
Construire sa famille demande du temps. C’est la priorité des premières années. Il ne faut jamais éteindre la mèche du service, mais il n’est pas forcément bon, non plus, de tout enflammer d’un coup. Il est donc bien de discerner à deux, à la lumière de son amour conjugal, l’ordre et la mesure de ses engagements.

Comment les couples qui vivaient ensemble avant le mariage peuvent-ils vivre un vrai commencement ?
C’est un vrai sujet. L’une des solutions est qu’ils essaient avant leur mariage de retrouver un état de vie correspondant à celui que l’Église demande de vivre durant les fiançailles. Le travail s’effectue donc surtout en amont. La célébration du sacrement garde toutefois une force propre. Elle donne aux époux l’Esprit saint qui les unit désormais dans la vérité de leur amour et qui les garde pour toujours dans ce lien sacré avec Dieu.

Hugues Lefèvre




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