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Des pistes pour éduquer des chrétiens responsables

EDUCATION
Syda productions - Shutterstock
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« À chaque jour suffit sa peine », nous dit Jésus (Matthieu 6, 34). Et l’abandon à la Providence est à découvrir et redécouvrir sans cesse. C’est une des dominantes de l’éducation chrétienne que d’être imprégnée de cette confiance absolue qui nous interdit l’inquiétude. Le passé appartient à la miséricorde, le futur à la Providence : aucune peur ne peut vraiment tourmenter celui qui croit.

Cet abandon confiant ne ressemble en rien au laisser-aller, à l’imprudence, à la paresse ou à la légèreté. Un chrétien confiant n’est pas pour autant un irresponsable qui se déchargerait totalement sur Dieu des conséquences de ses actes ou de ses engagements. Grandir dans la Foi, c’est aussi apprendre le poids de ses responsabilités. Éduquer un enfant pour qu’il devienne un chrétien responsable, c’est d’abord l’aider à prendre conscience des responsabilités qui lui incombent: celles qu’on lui confie, celles qu’il accepte de prendre mais aussi et avant tout celles qui naissent de ce qu’il est, de ce qu’il a reçu. À chaque « talent », à chaque don de Dieu correspond une responsabilité. Le premier trésor que Dieu lui a confié, c’est lui-même, avec toutes les possibilités, toutes les richesses qu’Il a mises en lui. Il est responsable de l’usage qu’il en fait, de la manière dont il les gaspille ou, au contraire, cherche à les développer.

Le règne du « pas vu, pas pris »

L’éducation à la responsabilité est d’autant plus importante et difficile que l’ambiance générale ne va guère dans ce sens. Quelques exemples : les assurances « tous risques » sont, à bien des égards, très utiles, mais elles tendent à faire croire aux enfants que quoi qu’on fasse et quoi qu’il arrive, l’assurance paiera et supportera donc finalement une grosse part des conséquences des actes dommageables.

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De même, la Sécurité Sociale, les mesures d’aide et d’assistance tendent trop souvent à déresponsabiliser ceux qui en bénéficient. Dans un autre domaine, la multiplication des campagnes en faveur des préservatifs et de la contraception inculquent une notion de la sexualité « sans conséquence », sans engager le moins du monde sa responsabilité. Et plus généralement, la peur de s’engager, l’entrée tardive dans la vie active du fait de l’allongement des études et du chômage, le manque de repères sûrs, le règne du « pas vu, pas pris » et de la tricherie en tous genres et au plus haut niveau, tout cela ne favorise guère l’éducation par l’exemple : l’enfant a trop rarement l’occasion de voir, hors du cadre familial, des adultes qui mettent leur honneur à prendre leurs responsabilités, si exigeantes qu’elles soient.

Confier à l’enfant des missions à sa mesure

Éduquer un enfant au sens des responsabilités est donc important et difficile. Cela suppose qu’on lui confie des responsabilités. Des missions à sa mesure : suffisamment importantes pour qu’il se sente fier de la confiance qu’on lui témoigne ainsi, mais pas trop lourdes afin qu’il ne soit pas écrasé sous leur poids. Petite ou grande, toute responsabilité doit être prise au sérieux: ce qui compte n’est pas tant le contenu de la tâche que la manière dont elle est accomplie. L’enfant a besoin que nous nous montrions exigeants même dans les petites choses, que nous l’aidions à être fidèle, courageux et persévérant. Que nous lui donnions les moyens de vaincre tout ce qui peut l’empêcher de tenir ses responsabilités : manque de confiance en lui-même (« Pas la peine d’essayer, je ne suis pas capable »), paresse, lâcheté, pusillanimité, tendance à la rêverie (qui empêche de se confronter au réel).

La tentation d’agir à la place de l’enfant

Donner à un enfant le sens de ses responsabilités nous oblige bien souvent à jouer le jeu de l’impuissance : ne pas intervenir (ou intervenir le moins possible) pour obliger l’enfant à dépasser ce qu’il croit être ses limites. Or, il est tellement tentant d’agir à la place de l’enfant ! D’abord parce que cela va plus vite, c’est plus rapide et plus facile, ensuite parce que nous n’aimons pas voir souffrir nos enfants: nous voudrions leur épargner les peines, les difficultés et les échecs. C’est difficile, mais la croissance de l’enfant est à ce prix. En effet, l’obliger à aller jusqu’au bout des responsabilités qui lui incombent, c’est lui signifier qu’il vaut mieux que cet être changeant et fragile qui prétend baisser les bras devant les difficultés ou se laisser mener par ses envies du moment. La fidélité le renvoie à ce qu’il est profondément, à ce qu’il est vraiment.

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Cela dit, il peut arriver qu’une responsabilité pèse vraiment trop lourd : il est préférable alors de ne pas décharger totalement l’enfant mais de partager son fardeau. Assumer une partie de sa charge en lui laissant ce qu’il est capable d’assumer. Cela lui permet de découvrir que tenir ses responsabilités c’est aussi, parfois, savoir demander de l’aide, solliciter un conseil, accepter d’être déchargé partiellement, plutôt que de tout envoyer promener ou, à l’inverse, de serrer les dents jusqu’au jour où l’on se retrouve écrasé et incapable d’aller plus loin.

Apprendre la responsabilité dès l’enfance

À chaque âge ses responsabilités : à l’enfant, des responsabilités d’enfant afin qu’il soit peu à peu rendu apte à tenir ses responsabilités d’homme, qu’il n’aie pas peur de s’engager, de prendre des responsabilités : responsabilités à long terme et responsabilités « en blanc » dont on ne sait pas à l’avance ce qu’elles impliqueront. Ainsi, le jour de notre mariage, avons-nous accepté la responsabilité d’époux et de parents comme on signe un chèque en blanc que la vie se charge de remplir jour après jour, de manière souvent imprévisible. Partout où il y a des responsabilités à prendre — dans la famille, dans la cité et dans l’Église — il doit y avoir des chrétiens formés et audacieux prêts à s’engager. Cela s’apprend dès l’enfance. La toute-puissance de Dieu et Sa miséricorde ne nous dispensent d’aucune de nos responsabilités mais nous donnent de les assumer avec une ardeur inépuisable et une confiance inébranlable.
Christine Ponsard
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