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Théorie du genre : l’Église souhaite ouvrir une « voie de dialogue »

Boy and Girl on Lake
Shutterstock
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Dans un document intitulé « Il les créa homme et femme. Pour une voie du dialogue sur la question du genre dans l’éducation », publié le 10 juin 2019, le Vatican a décidé de rappeler l’enseignement de l’Église tout en évitant de s’enfermer dans une approche idéologique.

Face aux risques de « malentendus » et de « conflits idéologiques », le Saint-Siège a cherché à donner un outil de compréhension sur la question du genre destiné aux éducateurs. Il s’agit d’un document inédit d’une trentaine de pages intitulé Il les créa homme et femme. Pour un chemin de dialogue sur la question du genre dans l’éducation qui s’attache à rappeler l’enseignement de l’Église tout en évitant de s’enfermer dans une approche idéologique.

La « délicate » question du genre a attiré l’attention des évêques à plusieurs reprises ces dernières années : c’est en 2017 que la décision d’intervenir sur le sujet a été prise lors d’une assemblée plénière de la Congrégation pour l’éducation catholique. Dans ce domaine « le risque de malentendus et de conflits idéologiques est élevé », prévient le cardinal Giuseppe Versaldi, préfet de cette Congrégation. Il faut ainsi selon lui distinguer l’idéologie du genre — qui nie la différence et la réciprocité naturelle de l’homme et de la femme et espère ardemment une société sans différence sexuelle — et les études sur le genre. Ces dernières cherchent notamment à approfondir la manière dont la différence sexuelle entre homme et femme est vécue dans différentes cultures. Concrètement, ce document invite à affronter la question du genre avec une « approche dialogique », c’est-à-dire avec les trois attitudes suivantes : écouter, raisonner et proposer.

Lorsqu’elles sont appliquées à la sexualité, les études sur le genre, veulent démontrer que l’identité sexuelle est une « construction sociale » et non une précondition biologique, rappelle ainsi le document. Alors « sexe » et « genre » sont séparés jusqu’à une « émancipation complète de l’individu de toute définition sexuelle donnée a priori ». Cette « absolue liberté d’autodétermination » aboutit à une famille vue comme « purement contractuelle et volontariste » et à la revendication du « polyamour ».

Comme l’affirme son titre, le nouveau texte de la Congrégation pour l’éducation catholique ne cherche pas seulement à réaffirmer l’enseignement de l’Église sur ces questions, mais aussi à établir un dialogue afin de permettre une « transformation positive des inquiétudes. À l’inverse, une approche “idéologisée” de ces questions “délicates” risque de maintenir “isolées et réciproquement imperméables” les différentes approches ». Si ce dialogue est donc impossible avec les idéologies, il est toujours possible avec les recherches sur le genre. Ainsi, des « points de rencontre » sont avancés par le document. Parmi ces confluences, figure la reconnaissance de « formes de subordination injustes » alors que le Christ « proclamait l’égale dignité » de l’homme et de la femme. Cela a conduit à des « rigidités » et à des accusations d’un « certain masculinisme » parfois motivé religieusement. Autre convergence : l’importance d’éduquer les enfants et les jeunes à respecter toute personne. Le document cite également « les valeurs de la féminité » dont une « capacité de l’autre » et une « immense disponibilité » dans les relations humaines.

Une « clarification anthropologique »

Ces points de rencontre n’empêchent toutefois pas l’existence de « points critiques ». Ainsi, les théories du genre mènent à un processus de « dénaturalisation » ou identité sexuelle et famille sont réduites à des « dimensions de la “liquidité” et de la “fluidité” post-modernes ». Considérant les identités sexuelles comme « indifférentes entre elles », ces théories nient la différence et la réciprocité « naturelles » entre hommes et femme. C’est selon la Congrégation une liberté « mal comprise » basée non pas sur la vérité, mais sur le désir « momentané de la pulsion émotive ». Par ailleurs, accuse le document, ces idéologies veulent que l’éducation et la loi promeuvent cette vision d’une identité et d’une intimité « radicalement indépendantes » de la différence biologique. Ces théories aboutissent donc à un « dualisme anthropologique » où le corps n’est que « matière inerte » tandis que la volonté est « absolue ».

À l’opposé de ces visions, le document rappelle la réalité biologique du dimorphisme sexuel, rappelant notamment que les cas d’indétermination sexuelle relève de la médecine et non de choix arbitraire. De même, l’idée d’un genre « neutre » — avancées par les théories du genre — n’est qu’une « construction fictive ». De plus, la différence sexuelle assure les « conditions nécessaires » à la procréation.  Pour le Saint-Siège, la philosophie met par ailleurs en évidence que la différence homme-femme est « constitutive » de l’identité humaine. En montrant l’altérité, cette différence permet donc la formation de l’identité.

Troisième partie du dialogue : proposer. Avant tout, une « clarification anthropologique » est nécessaire, rappelant que l’homme ne peut pas « manipuler à volonté » sa propre nature. Il est également nécessaire de rappeler « l’unité d’âme et de corps » de toute personne. La Congrégation veut également rappeler la « racine métaphysique » de la différence sexuelle mettant en évidence que homme et femme sont les expressions de la réalité de la personne. Nier cela, revient à refuser la réalité humaine de « créature » et à considérer la personne seulement de façon abstraite.

Contre la « pensée unique »

Dans son document, le dicastère vient également rappeler que la famille « précède » l’État et dispose du droit fondamental d’être le lieu d’éducation « primordial » de l’enfant. De son côté, ce dernier a le droit de grandir dans une famille avec un père et une mère, afin de pouvoir reconnaître « la valeur et la beauté » de la différence sexuelle. Pour le dicastère, une « rencontre constructive » entre famille, école et société est nécessaire dans une nouvelle alliance respectant le principe de subsidiarité.

Avec cette précieuse contribution de réflexion, souligne pour sa part Roberto Zappalà, directeur de l’institut Gonzaga de Milan (Italie), l’Église catholique souhaite ouvrir une « voie de dialogue ». Plus encore, selon lui, elle désire se faire « espace de dialogue » avec les institutions culturelles, sociales et politiques et plus largement avec tous les hommes, même ceux qui ne partagent pas la foi chrétienne. Sans tomber dans le « relativisme », assure-t-il, l’Église voit en chacun un « bon interlocuteur » pour toujours mieux comprendre la sexualité humaine.

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