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Les leçons de management de Jean Vanier

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Chef d’entreprise, Jean Vanier a laissé de précieux conseils sur la vie en communauté et le rôle du responsable, tirés de son expérience de manager et de ses réflexions de philosophe.

Fondateur de l’Arche en 1964, Jean Vanier était un véritable manager, peu connu comme chef d’entreprise. L’Arche est une fédération internationale qui compte aujourd’hui 154 communautés dans le monde, dont 36 en France. Des personnes en situation de handicap mental y vivent avec ceux qui font le choix de partager leur quotidien, salariés et volontaires du service civique. Les communautés de l’Arche sont également des lieux de travail (ESAT) : en tenant compte du rythme et des capacités de chacun, elles s’inscrivent dans une véritable dynamique professionnelle.

Jean Vanier était aussi un vrai philosophe qui a publié de nombreux ouvrages. J’ai toujours ressenti une grande affinité avec sa pensée à la fois simple et profonde. Dans l’un de ses premiers livres, La Communauté, lieu du pardon et de la fête (Fleurus-Bellarmin), il offre de précieuses méditations sur la vie en commun, fondées sur sa grande expérience. Elles peuvent facilement être étendues à la vie de toutes les organisations. Jugez-en vous-mêmes : voici un florilège de ses textes. Pour les rendre plus percutants, j’ai simplement changé les mots communauté par entreprise ou équipe. Et pour mieux garder la saveur de ses paroles, je n’apporte aucun commentaire.

Prendre une décision

« Devant les décisions difficiles qui engagent l’avenir, il faut certes raisonner et réfléchir. Le responsable a besoin du maximum d’informations possible. Mais en fin de compte, du fait de la complexité des problèmes et de l’impossibilité où il se trouve de tout prévoir, il doit avant tout s’appuyer sur ses intuitions profondes qui lui sont données dans la solitude. C’est la seule façon pour l’autorité d’acquérir cette liberté qui lui permettra d’avancer et de prendre des décisions sans avoir peur de l’échec » (La Communauté, p. 167).

La confiance mutuelle, ciment de l’entreprise

« Une entreprise où il y a une vraie confiance mutuelle est une entreprise inébranlable […]. Cette atmosphère de joie vient du fait que chacun se sent libre d’être lui-même […]. Il n’a plus besoin de jouer un personnage, de prétendre être mieux que les autres… » (p. 20).

Le masque et la peur

« Certaines entreprises […] tendent à supprimer la conscience personnelle pour qu’il y ait une soi-disant unité plus grande. Elles tendent à empêcher le gens de penser, d’avoir une conscience personnelle […]. Tout le monde doit penser la même chose ; on manipule alors les intelligences […]. Les personnes deviennent des automates. Cette unité se fonde sur la peur : peur d’être soi-même […], peur des représailles » (p. 34).

L’exercice de l’autorité

« Une des choses les plus importantes pour celui qui a l’autorité, c’est d’avoir des priorités claires et nettes ; s’il se perd dans mille petits détails, il risque vite de perdre la vision. Il faut qu’il garde constamment les yeux sur l’essentiel. Au fond, l’autorité la meilleure est celle qui fait très peu mais rappelle aux autres l’essentiel de leur fonction […], les appelle à assumer les responsabilités, les soutient, les confirme, et les contrôle » (p. 174).

« Un chef qui est insécurisé et peureux, soucieux de sa propre autorité, ne permettra pas à l’équipe d’évoluer, il la figera selon un modèle statique. Le chef doit être assez libre intérieurement et avoir suffisamment de confiance dans le groupe et en lui-même pour permettre justement cette évolution, cette manifestation de la vie du groupe. Pour cela il ne doit pas se laisser noyer par le quotidien ; au contraire, il doit garder le recul nécessaire pour avoir les yeux et le cœur fixés sur l’essentiel de l’entreprise. Ainsi il permettra au groupe d’avancer sur des chemins nouveaux et l’y encouragera » (p. 190).

La fragilité des équipes

« Lorsqu’une équipe n’a pas de responsable, l’agressivité des membres se tourne vers le plus faible. Dans une entreprise, il y a toujours des choses qui vont mal, et il est important que le responsable sache qu’il a pour rôle de recevoir et canaliser cette agressivité » (p. 184).

Choisir un responsable

« Certaines entreprises choisissent parfois un responsable à cause de ses capacités d’administration ou de son ascendant sur les autres. Il ne faut jamais choisir un chef pour ses qualités naturelles mais parce qu’il s’est montré jusqu’alors comme quelqu’un mettant les intérêts de l’entreprise au-dessus de ses intérêts personnels. Il vaut mieux quelqu’un, même timide ou n’ayant pas toutes les qualités de commandement, mais prêt à servir les autres et l’entreprise, que quelqu’un qui soit “capable” mais épris de lui-même » (p. 169).

Une leçon de solidarité

« René Lenoir dans son livre Les Exclus (Seuil) parle des Indiens du Canada : si on promet devant un groupe d’enfants un prix à celui qui donnera le premier la réponse à une question, ils se mettent tous ensemble à chercher puis, s’étant mis d’accord, tous d’une même voix crient la réponse. Pour eux, il serait intolérable que l’un gagne et que la majorité perde ; celui qui gagnerait se séparerait du reste de ses frères. Il aurait gagné le prix mais il aurait perdu la solidarité » (p. 7).

Le risque des émotions non maîtrisées

« Si nous nous laissons guider par nos émotions, très vite des clans vont se constituer à l’intérieur de l’entreprise. Ce ne sera plus alors une entreprise mais des groupes de personnes plus ou moins fermés sur eux-mêmes et bloqués par rapport aux autres. Quand on entre dans certaines entreprises, on sent vite ces tensions et ces guerres souterraines. Les personnes ne se regardent pas en face. Quand elles se croisent dans les couloirs, c’est comme des bateaux dans la nuit. Une entreprise n’est une entreprise que quand la majorité des membres ont décidé consciemment de briser ces barrières et de sortir du cocon des “amitiés” pour tendre la main à “l’ennemi” » (p. 14).

Reconnaître que l’on a des progrès à faire

« Je découvre de plus en plus combien il est difficile d’exercer l’autorité. Très vite je butte contre ce qui est dur et défensif à l’intérieur de moi. J’ai du mal à allier l’écoute des personnes et la compassion avec la fermeté, l’objectivité et l’espérance qu’elles peuvent grandir. Je suis soit trop timide et coulant, laissant faire les personnes, soit trop rigide et légaliste. Il y a une intelligence des choses que je dois acquérir tous les jours, une sagesse de la responsabilité, mais aussi une force et une patience. Mes frères et sœurs du conseil de l’Arche m’ont beaucoup aidé à progresser mais il y a encore du travail à faire ! » (p. 177).

JEAN VANIER
La Procure / Mame
La Communauté, lieu du pardon et de la fête, Jean Vanier

La Communauté, lieu du pardon et de la fête, Jean Vanier, Rééd. Mame-Bellarmin, 2012, 336 pages

Ces 12 phrases inspirantes de Jean Vanier :
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