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« Jean Vanier avait la capacité de relever des gens »

© Kayte_Bricamombe
Jean Vanier à Paray-le-Monial (Saône-et-Loire) en 2012.
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Décédé le 7 mai 2019, Jean Vanier a marqué de nombreux esprits par son regard évangélique sur les plus petits et sa volonté de leur laisser la première place. Aleteia a rencontré des personnes qui l'ont connu de plus ou moins près.

Par sa façon d’aborder le handicap et sa volonté de laisser une place aux plus fragiles dans le monde, Jean Vanier, décédé ce mardi 7 mai, a marqué les esprits. En témoigne Matthieu Jaquemet, 41 ans, directeur de la communauté de L’Arche d’Aigrefoin (Yvelines) jusqu’en 2018. Il se dit touché par « ce que la personne de Jean a permis, par sa fécondité, cette façon qu’il a eue d’ouvrir de nouvelles voies, cette capacité qu’il avait de relever des gens ». Selon lui, Jean Vanier a été « le facteur » de beaux parcours de vie dont il a été lui-même témoin. Lui-même a passé plusieurs années à L’Arche au Canada. « J’ai rencontré pas mal de gens qui creusaient son message et qui m’ont touché, là-bas ou en France. Jean a eu l’intuition de voir dans les personnes handicapées des personnes capables de transmettre et de révéler des choses. Son regard était un peu prophétique et en même temps, il a lui-même découvert cela au fur et à mesure. Au début, il s’agissait d’une nécessité de répondre à un cri et c’est avec le recul qu’il s’est aperçu que cela le transformait lui aussi ».

« C’est à toi de choisir »

Samuel, jeune trentenaire, a passé six mois à L’Arche en 2008-2009 quand il étudiait à l’École des Mines de Paris. « Alors que j’étais dans un environnement assez individualiste, j’ai voulu revenir à quelque chose d’utile aux autres », explique-t-il. À ce moment-là, il avait le choix entre un stage technique à l’étranger ou une immersion de plusieurs mois au sein d’une communauté de L’Arche. « Jean Vanier est venu donner une conférence aux Mines, et lors de la séance de questions, j’ai naïvement demandé : “Monsieur Vanier, que faut-il que je fasse parmi ces deux options ?”. Il m’a répondu avec sagesse que c’était à moi de choisir. Ma relation directe à Jean s’est arrêtée à cet échange. J’ai donc débarqué à L’Arche. Le temps que j’y ai passé m’a permis de découvrir que les personnes porteuses de handicap sont constituées comme les autres personnes, avec les mêmes désirs et peurs ; certaines les expriment davantage que nous. Les “personnes”, comme on le dit à L’Arche, ont également ouvert l’ingénieur que je suis à la lecture du langage corporel, un élément clé du métier que j’étudie actuellement : chef de chœur ! ».

Béatrice Mathiot, 27 ans, assistante à L’Arche, est émue par le départ du fondateur, dont elle retient l’enseignement : « Je remercie ce grand homme de permettre à des jeunes de découvrir cette joie de vivre avec des personnes handicapées. C’est une invitation constante à vivre l’instant présent, tout le contraire de notre société où tout va vite. Quelle chance d’avoir eu L’Arche sur mon chemin. J’apprends chaque jour à découvrir qui je suis vraiment et les personnes accueillies m’invitent constamment à cette sincérité. Merci Jean Vanier ».

« Ce qu’il disait, c’était ce qu’il vivait »

Martine Roulié est quant à elle arrivée à L’Arche en 1987. Et elle y est encore engagée aujourd’hui, elle qui vient de fêter ses 60 ans. Elle se souvient du fondateur aujourd’hui disparu qui avait prêché la première retraite à laquelle elle avait assisté. « À ce moment-là, je me posais beaucoup de questions par rapport à la foi. Et ce qui m’a marquée, c’est qu’une fois Jean s’est arrêté et nous a lancé : “Si vous réfléchissez bien, L’Arche, c’est complètement idiot si on ne réalise pas qu’il y a la main de Dieu dessus” ». En effet, s’embarquer sans savoir de quoi demain sera fait et ouvrir des foyers sans connaître le nombre d’assistants qui s’y engageraient, c’était un pari complètement fou. Cette femme énergique a également fait un pèlerinage avec Jean Vanier en Israël. « Il nous faisait travailler nos murs, nos barrières. Aujourd’hui, cela reflète bien les murs et les barrières que la société peut mettre. Avec lui, c’était toujours concret. J’ai beaucoup d’amis qui ne sont pas pratiquants, que j’ai invité à des conférences de Jean et qui étaient scotchés. On sentait bien que ce qu’il disait, c’était ce qu’il vivait. Il s’adressait à l’homme ».

Une perception partagée par Marie-Christine Le Her, tout juste 64 ans, qui s’est investie durant plusieurs années à L’Arche, aussi bien en France qu’en Afrique : « Il avait le don de toucher les cœurs parce qu’il le disait de façon tellement simple et humaine que c’était accessible pour tous. Son message est universel et il est vrai pour tout le monde. Son discours est très simple : c’est l’Évangile vécu au quotidien. Il faut juste accepter de se laisser toucher ».

Il savait « décrypter la souffrance »

Pour elle, Jean Vanier était un peu comme un grand-père. « Quand j’étais jeune, c’était quelqu’un qui m’impressionnait beaucoup et au fur et à mesure que j’ai mûri, j’ai eu la chance de le connaître d’une autre façon et j’ai pu découvrir une autre personne et pas l’homme qui semblait un peu “intouchable”. À la fin, j’ai découvert un grand-père. Je n’ai jamais connu les miens mais je pense que c’était de l’ordre de ce lien. Il avait une sacrée mémoire des prénoms et des gens, de l’histoire de chacun. Je pense que c’est une mémoire du cœur. Quand il vous parlait, il vous donnait l’impression qu’il n’y avait plus que vous qui existiez. Pendant plusieurs années, je l’ai vu régulièrement tous les mois et il m’a beaucoup aidée. C’est quelqu’un qui comprenait très bien la souffrance. Il savait la décrypter et la rejoindre alors que paradoxalement, il ne semblait extérieurement pas l’avoir beaucoup éprouvée dans sa vie. Il la comprenait sans l’avoir vécue et c’est cela que j’ai trouvé extraordinaire. Avec lui, je ne me suis jamais sentie jugée ou culpabilisée. Il avait ce don de libérer les gens. C’était certainement dû à son expérience d’écoute des autres, du plus petit, du plus faible. J’avais une confiance incroyable en lui car je savais que ce que je disais allait être accueilli avec beaucoup de compassion et d’amour, donc je n’avais pas peur de me dévoiler, de parler de mes ombres et de mes souffrances. Sa présence a a été une grâce pour moi. J’ai reçu quelque chose en héritage ».

En images : ces 12 phrases inspirantes de Jean Vanier

 

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