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Apprendre aux enfants à ne pas interrompre et parler à bon escient

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ESB Professional - Shutterstock
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Fut un temps, l’enfant devait se taire en présence des adultes. Désormais, il ne se prive pas d’interrompre les conversations. Comment l’aider à parler à bon escient ?

« Et patati, et patata… » Une petite voix interrompt la conversation de Stéphanie, qui parle avec une amie depuis cinq minutes. C’est celle d’Armand, son petit-fils de deux ans, qui imite sa grand-mère pour réclamer son attention. La jeune grand-mère s’étonne du « culot » d’Armand à qui elle vient de consacrer une journée. Sophie aussi, maman d’un Vincent de 9 ans, note la propension de son fils à parler aux adultes « à tout bout de champ, sur tous les sujets ». Vincent l’interrompait tellement qu’elle est allée jusqu’à consulter un ORL, pensant qu’il avait des problèmes de surdité ! Elle se demande si, à force de l’avoir incité petit à s’exprimer pour développer son langage et ses émotions, son enfant est bien à sa place.

Préparer son enfant à la vie d’adulte en l’éduquant à la vie en société

Le psychologue Didier Pleux pose la question : « N’y a-t-il pas une confusion entre exprimer son ressenti, démarche des plus louables, et imposer son émotion ? » Selon lui, le parent doit d’abord préparer son enfant à la vie d’adulte en l’éduquant à la vie en société. Il vilipende la surcommunication qui, avec la surprotection, la surstimulation, la survalorisation et la surconsommation, fait partie des « 5 S » « les cinq plaies de l’éducation donnée depuis les années 70 ».

L’enfant qui s’exprime quand il en a envie n’est plus connecté avec le moment présent. Il peut développer aussi un sentiment de toute-puissance et devenir « intolérant aux frustrations », défaut qui dessert sa relation avec les autres sur lequel Didier Pleux ne cesse d’alerter dans ses ouvrages. Comment un enfant qui parle à sa guise peut-il se faire des amis et communiquer avec les générations au-dessus qu’il agace et fatigue ?

Il est bon que l’enfant assimile quelques fondamentaux pour pouvoir évoluer de manière équilibrée en société : ni couper ni monopoliser la parole, et surtout écouter les autres. Adrien dit n’importe quoi sur un sujet qu’il ne connaît pas ? Clotilde lui répond : « Que veux-tu dire exactement par là ? » Vincent dépasse les bornes ? Sophie sort le mot « chips » et change de sujet une sorte de code entre la maman et le petit garçon pour lui faire comprendre qu’il est allé trop loin sans l’humilier devant tout le monde. Stéphanie répète régulièrement à Armand : « Ne me parle pas comme si j’avais ton âge. »

Des moments réservés aux adultes

Après que l’on a recadré un enfant insolent, la psychologue Marie-Laetitia Bazile suggère de le faire réfléchir : « As-tu compris pourquoi je ne t’ai pas écouté tout à l’heure ? » Selon elle, « c’est le propre de l’enfant que de vivre dans son monde sans se rendre compte qu’il vient déranger celui des adultes. Mais aux parents de discerner ce qui peut être remis à plus tard ou pas ».

Quand l’enfant les interrompt, la psychologue propose également aux parents de s’interroger sur le contenu de leur conversation : « Qu’est-ce que l’enfant perçoit du monde des adultes pour s’y immiscer ? » Son attitude impolie a-t-elle un lien avec la conversation, par exemple un divorce ou un litige familial ? Si l’enfant est présent quand l’adulte parle de sujets sérieux, la prudence parentale reste de mise. Même s’il joue silencieusement à côté, il demeure poreux aux émotions parentales et perçoit les sujets d’inquiétude des adultes.

La psychologue suggère enfin d’expliquer à l’enfant que certains moments sont nécessairement réservés aux adultes. À condition, bien sûr, que les parents se rendent disponibles pour écouter l’enfant, avant ou après. Il ne s’agit pas de le rejeter hors des conversations ou de créer des sas étanches entre les générations, mais qu’il apprenne les codes pour s’exprimer.

Olivia de Fournas

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