Aleteia logoAleteia logo
Aleteia
Mercredi 28 octobre |
Saint Jude
home iconAu quotidien
line break icon

« Aider, c’est ce qu’il y a de mieux pour commander »

NSC SCHLUMBERGER

Dans l'usine N. Schlumberger de Guebwiller.

Agnès Pinard Legry - Publié le 03/12/18

Étienne Leroi, directeur général de N. Schlumberger, est lauréat du prix Philibert Vrau 2018 de la Fondation des entrepreneurs et dirigeants chrétiens (EDC). Il décrit une application pragmatique de la pensée sociale chrétienne.

« Vous ne pouvez pas connaître la Résurrection si vous ne connaissez pas le Golgotha ». Ces mots, prononcés par Jean Vanier, ont été un choc pour Étienne Leroi. Un choc qui donne du sens. Nous sommes au début des années 2000. Après une vingtaine d’années passées chez un fabricant de rotatives dans l’Oise, Étienne Leroi prend la direction générale de N. Schlumberger, un fabricant de machines et lignes de production intégrales pour les industries textiles, à Guebwiller, dans le Haut-Rhin. « Quand je suis arrivé, le nombre de salariés venait de passer de 1.000 à 350, raconte-t-il. La première chose que j’ai faite a été de mesurer la capacité de l’entreprise par rapport au marché. L’entreprise étant en cessation de paiement, j’ai dû commencer par un licenciement sec de 150 personnes. Quand Jean Vanier a dit qu’on ne pouvait connaître la Résurrection sans connaître le Golgotha, j’ai eu le sentiment de l’avoir vécu. Je ne voulais pas licencier. Pourtant j’ai dû le faire pour que l’entreprise continue d’exister ».


HERVE BAULME

Lire aussi :
« L’entreprise doit développer les talents de ses salariés »

« J’avais en face de moi des gens apeurés, désespérés. En douze ans ils avaient vécu cinq plans de licenciements », poursuit Étienne Leroi. Membre des EDC depuis vingt ans, il y trouve des ressources et des clefs. Dans la prière aussi. « Après cette épreuve je me suis dit : maintenant Seigneur, donne-nous la force d’aller plus loin et de nous forger un destin », se souvient-il. Il commence par écouter les salariés en sollicitant des consultants chargés d’interviewer les 200 salariés restants et de noter, de manière anonyme, ce qu’ils pensaient. « J’ai ensuite demandé que ces mots soient lus devant les quatre personnes de la direction et l’ensemble des salariés. Nous avons écouté. À ce moment-là, je me suis dit que nous étions sur le chemin, dans la vérité », indique le directeur général.

ETIENNE LEROI
YouTube I Big Family

Des salariés autonomes et compétents

Aujourd’hui numéro 1 mondial dans son secteur, l’entreprise N. Schlumberger s’est profondément réorganisée. « Nous avons redéfini les processus, développés le lean management… et, surtout, nous nous sommes largement appuyés sur le principe de subsidiarité (fondé sur la capacité des plus petits niveaux d’autorité à résoudre leurs problèmes, ndlr.) qui a été très important dans cette restructuration », confie-t-il. « À partir du moment où les salariés sont autonomes et compétents, le chef ne cheffe pas, il ne commande pas, il n’est là que pour aider ses équipes dans leurs prises d’initiatives. Quand, à la fin de la journée, le chef constate que tout a été réalisé, et bien réalisé, il en ressort avec une autorité confortée. Cette autorité demande de l’exigence et de la bienveillance. Aider, c’est ce qu’il y a de mieux pour commander », précise Étienne Leroi. « Il y a beaucoup de “Aimez-vous les uns les autres” chez nous », s’amuse-t-il avec justesse.

NSC SCHULMBERGER


HANDSHAKE INDUSTRY

Lire aussi :
La dignité a-t-elle sa place en entreprise ?

Entrée en procédure de sauvegarde en 2006, l’entreprise avait bien redressé la barre en 2008… avant de de devoir affronter la crise mondiale en 2009. « Pendant plus de dix mois nous n’avons pas eu de commande mais j’avais fait une promesse un peu folle : ne plus jamais mettre quelqu’un dehors ». Une promesse qu’il tient grâce au prêt de main d’œuvre à but non lucratif (avoir recours à du personnel appartenant à une entreprise extérieure qui exécute une mission sous la responsabilité d’une autre entreprise, moyennant une rémunération horaire, ndlr.). Aujourd’hui N. Schlumberger réalise près de 63 millions d’euros de chiffre d’affaires et compte 230 salariés en France. « Réinstaurer une confiance mutuelle entre la direction et les salariés nous permet d’aller plus loin », affirme-t-il. « Cela nous rend plus agile pour relever les nombreux défis de demain ! »


WORKER

Lire aussi :
L’appel du pape François aux chefs d’entreprise

Soutenez Aleteia !
A travers le monde, vous êtes des millions à lire Aleteia, pour y trouver quelque chose d'unique : une vision du monde et de votre vie inspirée par l’Évangile. On prétend qu'il est de plus en plus difficile de transmettre les valeurs chrétiennes aux jeunes d'aujourd'hui.
Et pourtant, savez-vous que plus de la moitié des lecteurs d'Aleteia sont des jeunes de 18 à 35 ans ? C'est pourquoi il est si important que Aleteia demeure un service quotidien, gratuit et accessible à tous. Cependant, un journalisme de qualité a un coût que la publicité est loin de couvrir. Alors, pour qu'Aleteia puisse continuer à transmettre les valeurs chrétiennes au cœur de l'univers digital, votre soutien financier demeure indispensable.
*avec déduction fiscale
Tags:
économieedcentreprisemanagement
Le coin prière
La fête du jour






Top 10
Domitille Farret d'Astiès
Elles ont appris à les aimer : ces ...
Camille Dalmas
Derrière la phrase du Pape sur les homosexuel...
Mathilde de Robien
Franz et Franziska Jägerstätter, un couple un...
Marzena Devoud
Le rituel matinal du pape François avant de s...
statue de femme les yeux bandés
Mgr Benoist de Sinety
Dans nos aveuglements, le diable montre son v...
belle mère et belle fille
Jeanne Larghero
S’embrouiller avec sa belle-mère en trois leç...
dessin caricature
Guillaume de Prémare
Terrorisme islamique : l’impasse du droit au ...
Afficher La Suite
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous gratuitement