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« L’entreprise doit développer les talents de ses salariés »

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Hervé Baulme, directeur général d’Ecodair, vient de recevoir le prix Philibert Vrau de la Fondation des entrepreneurs et dirigeants chrétiens (EDC).

Et si être salarié permettait à quelqu’un en souffrance de retrouver sa dignité et sa place dans la société ? C’est le pari qu’a fait Hervé Baulme, 63 ans, en prenant la direction en 2005 d’Ecodair, une entreprise associative d’insertion par le travail pour les personnes en situation de handicap psychique. Spécialisée dans le reconditionnement de produits informatiques pour des particuliers à faibles revenus, la structure emploie 95 salariés dont 64 personnes en souffrance psychique et 7 salariés en insertion.

Un engagement que la Fondation des entrepreneurs et dirigeants chrétiens (EDC) a récompensé hier soir, en remettant à Hervé Baulme le prix Philibert Vrau. « C’est un immense honneur que de recevoir cette récompense, a-t-il confié à Aleteia. Plus encore que le prix lui-même, le fait d’avoir été proposé par mes pairs, des personnes que j’estime énormément et d’une intégrité remarquable, me touche profondément ». « Il y a tellement de moments où il faut se battre pour garder la tête hors de l’eau que l’on ne saisit pas forcément si notre action va dans le bon sens, reconnaît le chef d’entreprise. Recevoir ce type de récompense nous incite à persévérer ».

Lancé à l’initiative de la Fondation des entrepreneurs et dirigeants chrétiens, le prix Philibert Vrau distingue chaque année un chef d’entreprise ou un entrepreneur pour son action au service de l’homme et engagé en faveur du bien commun. Il porte ainsi le nom d’un industriel nordiste du XIXe siècle, figure engagée du catholicisme social. Philibert Vrau a consacré une large part des revenus de son entreprise de textile à la création et au développement d’œuvres catholiques telles que la construction d’églises et d’écoles primaires paroissiales.

L’entreprise au service de l’homme

« L’essentiel de nos employés sont des personnes fragiles mais par leur travail, elles aident des personnes encore plus fragiles, détaille Hervé Baulme. Elles retrouvent une place dans la société. » En parallèle, reconditionner des produits informatiques pour des particuliers à très faibles revenus répond également à une volonté de sortir du cycle de consommation classique. « Reconditionner des ordinateurs pour prolonger leur vie va dans le bon sens, affirme avec conviction le chef d’entreprise. Il n’y a pas de gaspillage ».

Avant de rejoindre l’aventure Ecodair, Hervé Baulme a eu une « première vie » professionnelle durant laquelle il a travaillé au développement de logiciels à destination des banques d’affaires et du monde de la finance. Deux vies qu’il n’oppose pas et qu’il qualifie volontiers de complémentaires. « Mon parcours a fait de moi ce que je suis aujourd’hui », reconnaît-t-il. Hervé Baulme porte un regard lucide sur le monde actuel de l’entreprise. « Bien souvent les recruteurs cherchent d’abord et avant tout des compétences et non des personnalités. À l’inverse, nous essayons chez Ecodair de développer les talents de nos salariés. S’ils doivent apporter leur expertise à l’entreprise, l’inverse est également vrai ».

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