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Ces expressions qui ont une origine biblique : « Un capharnaüm »

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By Yurij Chaika | Shutterstock
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Découvrez ces expressions que nous utilisons depuis notre plus jeune âge. Certaines ont tellement imprégné notre culture qu’on ne soupçonne pas qu’elles puissent avoir une origine biblique.

Un capharnaüm

Mercredi 17 octobre est sorti sur grand écran Capharnaüm, film de la réalisatrice libanaise Nadine Labaki sur le quotidien dramatique des enfants des rues de Beyrouth. Si le film, prix du jury du Festival de Cannes en mai dernier, porte ce nom, « c’est qu’il est à l’image de ce désordre absolu dans lequel on  se débat depuis des années [au Liban] » explique Nadine Labaki.

Synonyme de bazar, bric-à-brac ou encore pagaille, le mot capharnaüm est employé pour qualifier un grand désordre, un fouillis d’objets divers entassés en vrac (comme par exemple la chambre de votre ado ou le grenier de votre maison de famille !). C’est ce que l’on appelle une antonomase, une figure de style dans laquelle un nom propre est utilisé comme nom commun ou inversement. Car à l’origine, Capharnaüm, avec une majuscule, est une ville de Palestine, située au nord du lac de Tibériade (aussi appelé mer de Galilée).

En hébreu, Kefar signifie village et Nahum est l’un des douze petits prophètes, dont le nom évoque la compassion. C’est dans ce « village de la compassion » que Jésus vient s’installer après avoir quitté Nazareth. À l’époque, c’est une ville animée de 1 500 habitants, avec des marchands, des pêcheurs et une garnison romaine. Jésus y choisit ses premiers disciples, Simon (devenu Pierre) et son frère André, Jacques et son frère Jean, tous les quatre pêcheurs (Mt 4 : 13-22), puis Matthieu, un collecteur d’impôts.

« Il quitta Nazareth et vint habiter à Capharnaüm, ville située au bord de la mer de Galilée, dans les territoires de Zabulon et de Nephtali. » (Mt 4,13)

Jésus fait de Capharnaüm le centre de son ministère public en Galilée. De là, il parcourt toute la région pour proclamer la Parole de Dieu, il enseigne dans les synagogues et réalise des miracles. Sa renommée se répand rapidement et des foules entières se déplacent à sa rencontre et le suivent, des foules « venues de la Galilée, de la Décapole, de Jérusalem, de la Judée, et de l’autre côté du Jourdain ». On lui amène « tous ceux qui souffrent, atteints de maladies et de tourments de toutes sortes : possédés, épileptiques, paralysés. Et il les guérit. »

Quand il est à Capharnaüm, Jésus est accueilli dans la maison de Pierre qui devient un lieu de rencontre important : « Alors Jésus revient à la maison, où de nouveau la foule se rassemble, si bien qu’il n’était même pas possible de manger » (Mc 3,20). Dans son évangile, saint Marc rapporte qu’une fois, la foule y est tellement nombreuse et dense que quatre hommes, qui accompagnent un paralytique, doivent grimper sur le toit et y découper une ouverture pour faire descendre le brancard (Mc 2, 1-12).

C’est cette foule compacte et hétéroclite venue de partout, ces malades de toutes sortes qui se pressent autour du Christ dans l’effervescence et le brouhaha qui ont fait de Capharnaüm le symbole du désordre et de la désorganisation. Cependant, bien que Jésus ait entretenu des liens étroits avec ce village et y ait accompli de nombreux miracles, Capharnaüm ne s’est pas convertie, attirant le courroux du Christ :

« Et toi, Capharnaüm, seras-tu donc élevée jusqu’au ciel ? Non, tu descendras jusqu’au séjour des morts ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez toi avaient eu lieu à Sodome, cette ville serait encore là aujourd’hui. » (Mt 11, 23)

Capharnaüm, lieu de pèlerinage

Par la suite, Capharnaüm fut assez malmenée par le temps. Gravement endommagée par un gros tremblement de terre au VIIIe siècle, la cité est reconstruite un peu plus loin mais finit par décliner peu à peu avant d’être abandonnée dans les siècles qui suivirent. Il faut attendre 1838 pour qu’elle soit redécouverte grâce à un archéologue américain, Edward Robinson, spécialiste en géographie biblique.

Une partie de l’ancien site appartient depuis la fin du XIXe siècle à la custodie franciscaine de Terre Sainte qui y a mené plusieurs campagnes de fouilles. On peut notamment y voir les vestiges archéologiques de la synagogue où Jésus a prêché et ceux de la maison de Pierre et de ses constructions successives.

Transformée en lieu de culte et d’assemblée après la résurrection de Jésus, la maison de Pierre devient l’église domestique de Capharnaüm (du latin domus ecclesia, terme qui désigne les premiers lieux de culte chrétiens, souvent dans des demeures privées). Après la deuxième moitié du quatrième siècle, c’est tout un complexe religieux qui s’organise autour de la maison. De nombreux pèlerins, parfois venus de très loin s’y rendent. Les fouilles ont fait apparaître plus d’une centaine de graffitis en grec, en syriaque, en araméen et en latin contenant les noms de Jésus, de Pierre et des expressions liturgiques. Aujourd’hui, Capharnaüm fait partie des visites incontournables des circuits de pèlerinages en Terre Sainte.

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