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La confiance en soi est-elle une illusion ?

escalade
Shutterstock
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Faut-il se surestimer pour donner le meilleur de soi-même ? La vanité n’est pas une vertu, mais la confiance en soi peut naître dans la volonté de se surpasser ou tout simplement le désir de se jeter à l’eau.

Las Vegas, 1989. Quelques jours avant la rencontre, un joueur de poker laisse ce message sur son répondeur : « Je ne peux pas vous répondre car je vais gagner le tournoi international de poker… » À la surprise générale, notre inconnu termine champion. Il a 24 ans. Phil Hellmuth est de très loin le plus jeune vainqueur de l’histoire du Main Event WSOP (les championnats du Monde de Poker ndlr). Son message laisse deviner en lui une force d’auto-conviction peu commune même si son « illusion de meilleur joueur » le pousse à des affirmations aussi ridicules que celle-ci : « S’il n’y avait aucune part de chance, je pense que je battrais tout le monde », ou encore « I can dodge bullets, baby ! Je peux éviter les balles, Bébé », exclamation qu’il lance à sa femme lors de ce même tournoi en 2005, alors qu’il vient d’éviter de perdre gros.

L’illusion d’être exceptionnel

Il est entendu que ce genre de déclarations laisse pantois. Le plus étonnant est que cette illusion d’être exceptionnel a été théorisée. Dans un texte célèbre, l’écrivain René de Gourmont (1858-1915) interroge à la fois les ressorts de la motivation humaine et l’origine de la confiance en soi : « L’homme qui se surestime est aussi celui qui est capable de se surmonter. Il est nécessaire, au grand jeu de la vie, d’avoir confiance en soi-même. Si l’on ne s’estimait qu’à sa juste valeur, on ne s’estimerait pas assez. Si l’on ne s’accordait pas une force supérieure à sa force réelle, on n’oserait jamais entreprendre l’impossible : or il n’y a peut-être que l’impossible qui soit digne d’être entrepris […] “Vous pouviez faire mieux” dit l’éducateur à son élève. Il met ainsi dans l’esprit de l’enfant une croyance, une idée qui engendrera immédiatement un espoir et, dans le futur, une force ».

La confiance en soi la plus puissante, celle des leaders, est-elle fondée sur une « croyance » illusoire mais finalement gagnante ? Dans les organisations, la clé des équipes surmotivées serait-elle de leur insuffler cette illusion pour obtenir les meilleurs résultats ? Je n’ai pas le temps de traiter ici les dérives pathologiques (illusion de toute-puissance) ou éthiques (mensonges) du sujet. J’aimerais m’attacher à explorer en quoi cette vision contient un aspect pertinent qui aide à avoir plus de confiance en soi, et plus de motivation.

Un désir qui nous dépasse

« Si nous faisions tout ce dont nous sommes capables, nous en serions abasourdis » disait Thomas Edison. A contrario, si l’on ne fait que ce dont on se croit capable, il est probable qu’on ne fera pas grand-chose. Car la connaissance de soi est toujours mesurée par son expérience, forcément limitée. Qui peut vraiment dire ce dont il est capable ? En fait, on n’en sait rien tant que l’on n’a pas essayé. Et même si l’on a déjà échoué, il n’est pas dit que cette fois-ci, on n’y arrivera pas. »

Ici deux conceptions s’affrontent : le lucide « je ne peux pas » et l’impérieux « je veux » que Gustave Thibon traduit par « je dois », montrant par-là que l’on obéit à un appel qui dépasse sa propre volonté plutôt qu’à une exigence morale.

Confronté à une difficulté dont on sait que personne d’autre ne viendra nous délivrer, parce que l’on est seul responsable, ou tout simplement parce qu’on en a très envie, que l’on sent en soi une sorte d’appel, alors on ne se pose plus la question de savoir si on peut : ON Y VA ! Parce que c’est le moment. Illusion ? Il y a un iota d’illusion, au sens où l’on ne se fonde pas sur une connaissance évidente de soi. On veut être capable, sans trop savoir si on le peut. L’énergie ainsi rassemblée au fond de soi nous fait acquérir une puissance insoupçonnée. Telle est la parcelle de vérité contenue dans la théorie excessive de René de Gourmont. La confiance en soi ne s’appuie pas seulement sur le constat objectif de nos forces, et notre motivation la plus intime est habitée par un désir qui nous dépasse.

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