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Face à une demande accrue, la « nouvelle » mission des exorcistes

Exorcismo Ateneu RA aula
Ateneu Pontifício Regina Apostolorum
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Les exorcistes sont appelés à multiplier les visites médicales et autorisés à utiliser des téléphones portables pour diriger des prières de libération.

Moins d’exorcismes, plus de visites médicales et plus de prière de délivrance. Le téléphone portable autorisé pour des échanges spirituels « constructifs » avec les personnes en souffrance qui demandent de l’aide. Telles sont les nouvelles consignes livrées aux exorcistes lors d’un cours de formation au Vatican sur le thème « exorcisme et prière de délivrance ». Le cours réunissait plus de 200 personnes provenant de 51 pays, à l’université pontificale « Regina Apostolorum » de Rome. La participation était réservée aux prêtres ayant effectivement besoin d’une mise à jour. Seuls eux étaient admis aux travaux qui se sont déroulés à huis clos, fin avril.

Un phénomène en expansion

Ce cours est né pour donner aux prêtres exorcistes « les moyens d’aider concrètement et de manière juste les personnes qui ont besoin d’une guérison spirituelle », explique le père Luis Ramirez de l’Institut Sacerdos au sein de l’université pontificale, face à une demande de plus en plus accrue des demandes de personnes en souffrance. Selon les derniers chiffres, le recours à un exorciste ne cesserait d’augmenter, intéressant des millions de personnes à travers le monde.

En France aussi, confirme le père Emmanuel Coquet, secrétaire général adjoint de la conférence épiscopale, interrogé par La Croix, où « bien que nous ne tenions pas de statistiques, il y a dans les diocèses une tendance réelle à une augmentation des prises de contact de personnes en souffrance, qui s’adressent à un prêtre exorciste ». D’où l’importance d’une étude académique et interdisciplinaire sur ce ministère comme ce cours proposé chaque année depuis cinq ans.

Changer les mentalités

L’exorcisme est un domaine difficile, car il s’agit pour les prêtres de savoir faire la distinction entre les souffrances d’ordre psychologiques ou physiologique, ou dues à  une dépendance à quelque substance, et les possessions démoniaques. Par exemple la personne qui se présente à eux souffre-t-elle de bipolarisme ou réellement de possession ? Pour cela, il est recommandé aux nouveaux exorcistes de recourir aux pouvoirs sacrés seulement après avoir consulté tous les médecins possibles. Pas vraiment fini le temps où l’on confondait l’épilepsie avec la possession du démon et vice-versa. Pour autant qu’il faille relativiser, il faut le faire avec grande vigilance.

Par ailleurs, l’acte en lui-même n’est pas un acte de magie, comme certaines le perçoivent. La superstition ou le sensationnalisme ne sont  donc pas les bonnes attitudes pour affronter une guérison spirituelle. Cette mentalité doit changer en corrigeant déjà cette tendance diffuse au recours au « fait-main » ou à la « contrefaçon » pour se « débarasser » du Malin. Pas d’exorcistes auto-proclamés. Seules les personnes habilitées à pratiquer des exorcismes sont les évêques et des prêtres expressément préparés et autorisés à exercer ce ministère.

Le Smartphone, avec modération

Vigilance également dans l’utilisation de la technologie moderne. Le smartphone par exemple, grâce aux différents moteurs de recherche sur Internet, peut être utile pour obtenir des éclaircissements sur certaines pathologies. Cela peut aider à comparer et encourager dans les premiers moments de difficulté, à trouver une prière, disent les formateurs. Le cardinal albanais Ernest Simoni, 90 ans, qui a introduit les travaux du cours, s’est déclaré favorable à ce procédé. Il a même avoué que certains prêtres dirigeaient maintenant des prières de libération du rituel d’exorcisme par ce moyen. Ernest Simoni a pratiqué des exorcismes pendant des années en récitant des prières en latin : « Ils m’appellent et nous parlons et c’est comme ça que je fais », raconte-t-il.

Mais l’utilisation d’Internet est une arme à double tranchant car de nombreux sites font des propositions d’exorcismes, mêlant ésotérisme, supercherie, occultisme, demande d’argent… Cela peut encourager la superstition. Il s’avère d’ailleurs que le diable est une des figures les plus recherchées sur le web. Certains fidèles pensent être l’objet de maléfices ou de malédictions. Alors il est demandé une double vigilance aux nouveaux exorcistes.

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