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Comment gérer son stress au boulot ?

MAN STRESS
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En France, 52% des salariés se rendent au travail dans un niveau élevé d’anxiété et 24 % seraient même dans « un état d’hyperstress », détaille une étude récente du cabinet Stimulus. Décryptage d’un mal-être en plein essor.

Si vous avez la boule au ventre en allant au travail, que vous souffrez depuis quelques temps de troubles du sommeil ou si vous vous sentez particulièrement nerveux, angoissé et irritable, peut-être faites-vous partie des 24% des salariés français « en état d’hyperstress », c’est-à-dire à un niveau de stress trop élevé, donc à risque pour la santé. Sinon, vous faites peut-être « tout simplement » partie des 52 % des salariés qui se rendent au travail dans un niveau élevé d’anxiété.

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Le stress, terme qui vient du latin stringere qui signifie « rendre raide », « serrer », « presser », est, dans le milieu professionnel, une « découverte » relativement récente. C’est dans les années 1970 que le professeur Henri Savall a lancé des études sur le « coût caché » lié aux dysfonctionnements dans les entreprises. Depuis, la charge mentale que représente le stress a été progressivement prise en compte dans les fonctions professionnelles sans toutefois devenir un problème de santé publique. « Et pourtant, le stress au travail en est bien un : nous sommes en train de vivre une vraie épidémie », souligne le psychiatre Patrick Légeron, fondateur du cabinet Stimulus, co-auteur du rapport sur les risques psychosociaux pour le ministre du Travail et auteur de l’ouvrage Le stress au travail, un enjeu de santé (éditions Odile Jacob).

Des causes multiples

Quelles sont les causes du stress au travail ? « Elles sont multiples, nombreuses et dépendent du type de travail que l’on a », explique le docteur Patrick Légeron. « On pourrait les rassembler en six catégories. La première est l’intensité de travail c’est-à-dire la charge, la quantité de choses que l’on a à faire, le nombre de dossiers à traiter, de clients à voir, la longueur des journées… C’est ce qui va perturber la vie personnelle. Cette lourdeur ne se trouve pas seulement dans la quantité mais également dans la concentration exigée pour mener à bien sa mission ».

La deuxième catégorie, qui ne concerne pas tous les métiers, regroupe toutes les exigences émotionnelles. Soignants, pompiers, travailleurs sociaux, policiers… Les plus touchés par cette catégorie sont ceux qui sont amenés à côtoyer des émotions fortes tout au long de la journée. Vient ensuite la robotisation de son travail. « Ce manque d’autonomie se développe malheureusement de plus en plus. Avant il concernait surtout le travail à la chaine dans l’industrie mais aujourd’hui il s’étend à de nombreux secteurs comme la banque, par exemple, avec la multiplication des procédures à exécuter ».

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Les rapports humains, s’ils peuvent être source de grande joie, peuvent aussi détruire. Les professions en contact avec des usagers mécontents ou des clients eux-mêmes stressés sont particulièrement concernées. Cette tension dans les rapports peut également se retrouver en interne : un manager qui aime mettre une pression sur ses salariés, des collègues ultra-compétitifs… La cinquième catégorie est cette fameuse perte de sens de son travail qui, poussée à l’extrême, peut mener au bore-out. Enfin, la dernière catégorie demeure le changement permanent. « La mise en place d’un nouveau logiciel, le développement d’une nouvelle procédure, l’utilisation d’une nouvelle technologie mais aussi la réorganisation d’une équipe ou la fusion de deux entreprises peuvent être des facteurs de stress importants », résume le fondateur du cabinet Stimulus.

« Les entreprises doivent se responsabiliser »

Pour remédier à cette situation de stress paralysant — voir d’hyperstress — il faut agir sur trois axes, d’après Patrick Légeron. Le premier est l’organisation du travail. « On ne peut pas continuer à robotiser les gens indéfiniment », insiste-t-il. « Il est nécessaire de trouver un équilibre et d’organiser sa vie professionnelle correctement. Les entreprises doivent se responsabiliser en fixant, par exemple, des objectifs à atteindre réalistes pour leurs salariés. Il ne faut surtout pas oublier que des gens heureux au travail sont plus efficaces et plus performants ». Le deuxième axe d’amélioration est le management. « En France, le management est mauvais car il n’y a pas de bonne formation. J’aime beaucoup l’expression anglo-saxonne healthy management. C’est exactement ce qu’il faut : un management sain, humain, qui témoigne d’une vraie intelligence émotionnelle ».

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Le troisième axe sur lequel travailler pour éviter de se retrouver en situation de stress professionnel n’est autre que… soi-même. « Il est important de développer sa résistance au stress c’est-à-dire sa résilience », indique encore le psychiatre. « Il s’agit d’une protection qui vous permet de ne pas craquer ». Concrètement, il faut tout d’abord être capable d’avoir d’autres centres d’intérêt. « Le surinvestissement au travail est catastrophique. Des gens qui ont des hobbies sont mieux protégés. C’est comme en finance : là où un banquier recommande de diversifier ses placements, je conseille de diversifier ses intérêts pour optimiser son investissement émotionnel », détaille le docteur Patrick Légeron.

 Le tabac, l’alcool et le café, des faux amis

Physiquement il est central de conserver une bonne hygiène de vie. « Le tabac, l’alcool ou encore le café sont de faux amis. Ils affaiblissent la résistance au stress. En revanche l’activité physique, une alimentation équilibrée et de bonnes nuits de sommeil sont des atouts indéniables », indique-t-il. Au travail, « le salarié doit être capable d’organiser régulièrement des mises au repos de son corps et de son psychisme, il doit déconnecter ». Cela passe par les techniques de relaxation au sens large : pauses respiratoires, méditation… Avoir des attitudes mentales positives, comme de se concentrer sur les choses qui fonctionnent bien ou de prendre de la distance par rapport aux remarques des uns et des autres par exemple, constitue aussi un solide rempart face au stress.

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Le stress, mal du siècle ? « Pas nécessairement », nuance le psychiatre. « Le stress est inné, programmé en nous pour être un réflexe d’adaptation à une situation difficile. Ce réflexe est ce qui fait que nous sommes là aujourd’hui pour en parler ! Il permet à l’être humain de se mobiliser pour réagir face à une situation donnée. Le bon stress dynamise, le mauvais stress paralyse. Tout est une question d’intensité et de chronicité. Comme on dit en médecine, c’est la dose qui fait le poison ! ».

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