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Le Carême dans la tradition orthodoxe, un temps d’ascèse et de joie

EPHRAIM DORMITION
Domaine Public
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Occasion unique de l’année pour suivre les pas du Christ dans le désert à travers la prière, le jeûne et la liturgie, le Carême est un temps d’ascèse et de joie pour l’Église orthodoxe.

Composé de six semaines, précédées de quatre semaines préparant les chrétiens à entrer dans ce temps particulier de l’année liturgique, le Carême est un moment privilégié pour se rappeler l’actualité de la Résurrection du Christ dans nos vies. Comme l’écrit le prêtre et théologien orthodoxe Alexandre Schmemann :

« Nous l’oublions (la Résurrection) tout simplement, tant que nous sommes occupés, immergés dans nos occupations journalières, et parce que nous oublions, nous succombons. Et par cet oubli, cette chute et ce péché, notre vie redevient « vieille » de nouveau, mesquine, enténébrée et finalement dépourvue de sens, un voyage dépourvu de sens vers un but sans signification. Nous faisons tout pour oublier même la mort, et voici que, tout à coup, au milieu de notre vie si agréable, elle est là, devant nous, horrible, inévitable, absurde. Nous pouvons bien, de temps à autre, reconnaître et confesser nos différents péchés, mais sans pour autant référer notre vie à cette Vie nouvelle que le Christ nous a révélée et nous a donnée. En fait, nous vivons comme s’il n’était jamais venu. Là est le seul vrai péché, le péché de tous les péchés, la tristesse insondable et la tragédie de notre christianisme, qui ne l’est que de nom. »

Pas que des restrictions alimentaires

Si le Carême est une période de jeûne, celui-ci ne se réduit pas à un ensemble de restrictions alimentaires, car le progrès spirituel s’opère surtout par la disposition de tout l’être à « changer de vie » comme le disait saint Jean Chrysostome. L’ascèse, c’est se libérer de ce qui nous fait obstacle dans l’amour de Dieu et du prochain.

Saint Païssy Velitchkovsky nous dit à ce sujet : « Chacun a sa conscience pour mesure et maître intérieur. Il ne peut y avoir une seule règle et une même ascèse pour tous. Un jeûne modéré et raisonnable, c’est là le fondement et le chef de toutes les vertus. » Le père Alexandre Schmemann ajoute : « Le but du Carême n’est pas de nous imposer quelques obligations extérieures, mais d’attendrir notre cœur pour qu’il puisse s’ouvrir aux réalités de l’esprit et expérimenter une faim et une soif secrètes de communion avec Dieu. »

L’esprit du Carême réside en ce qu’il nous rappelle la nécessité de se débarrasser des vêtements du vieil homme pour naître de nouveau dans le Christ. C’est d’ailleurs pour cette raison que ce temps liturgique est aussi le temps de l’accueil des catéchumènes dans la communion de l’Église orthodoxe. Les chrétiens orthodoxes entrent dans le temps du Grand Carême à la fin des vêpres du dimanche du Pardon, office durant lequel le prêtre ainsi que les fidèles se prosternent les uns devant les autres pour demander pardon et s’offrir un baiser de paix tandis que le choeur entonne une dernière fois les stichères de Pâques.

La prière de saint Ephrem

Durant ces quarante jours, les chrétiens orthodoxes sont appelés à réciter quotidiennement la prière dite de saint Ephrem, laquelle résume l’essentiel de l’esprit du Carême :

« Seigneur et Maître de ma vie, ne m’abandonne pas à l’esprit de paresse, de découragement, de domination et de vain bavardage !
Mais fais-moi la grâce, à moi ton serviteur, de l’esprit d’intégrité, d’humilité, de patience et de charité.
Oui, Seigneur-Roi, accorde-moi de voir mes fautes et de ne pas condamner mon frère,
ô Toi qui es béni dans les siècles des siècles.
Amen. »

Récitée à plusieurs reprises durant les paisibles offices de l’Église orthodoxe, cette prière de saint Ephrem est le fil conducteur du Carême car elle rappelle à tout chrétien la nécessité de se débarrasser des bruits du monde, de ce trop plein qui nous fait oublier le Christ. La Pâque est donc l’horizon d’un pèlerinage de quarante jours. Un chemin qui s’emprunte par la participation aux offices spécifiques du Carême, notamment la Liturgie des Présanctifiés, en principe célébrée à la tombée du jour, dans la nuit apaisée d’une « radieuse tristesse » que décrit en ses termes le père Alexandre Schmemann. Une vie liturgique dont le calme déploiement donne à l’âme l’occasion unique d’entrer dans le secret de la prière de saint Ephrem qui attend l’aurore d’un nouveau jour, celui de la Résurrection du Christ.

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