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Nikki DuBose raconte sa sortie de l’enfer du mannequinat

NIKKI DUBOSE
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Nikki DuBose, 32 ans, revient de loin. Après plusieurs années dans le monde de la mode et une jeunesse tourmentée, l’ancienne mannequin raconte la manière dont elle s’est sortie d’une situation qui aurait pu la mener à la mort. Et Dieu n’y est pas étranger. Interview.

À l’heure où les grandes enseignes de la mode multiplient les défilés à travers le monde lors de Fashion week grandioses, l’ancienne mannequin Nikki DuBose révèle l’envers du décor de cette industrie. Dans l’enfer du mannequinat, raconte comment elle a eu le courage de se relever de l’anorexie, de quitter un milieu qui abusait d’elle et comment elle a mis sa foi en Dieu.

Aleteia : Pourquoi avez-vous décidé de quitter votre travail dans la mode ?
Nikki DuBose : Vers 25 ans, après dix ans dans le mannequinat, j’ai pris la décision de partir parce que je ne pouvais plus travailler physiquement. J’avais développé une anorexie mentale après avoir été atteinte de boulimie pendant dix-sept ans. J’étais mentalement, physiquement, émotionnellement et spirituellement vide parce que j’avais tout donné à une carrière qui m’avait tout pris. J’étais perfectionniste et j’ai poussé mon corps à l’extrême. Chaque fois que des agents, des photographes et des clients me demandaient de perdre du poids, je ne faisais ni diète ni exercice. Au lieu de cela, à cause de mes troubles mentaux (troubles de l’alimentation, dépression, toxicomanie etc.), je me suis autodétruite et rendue malade. Je surdosais tout, je surinvestissais mon travail… jusqu’au surmenage. Je vomissais dix fois par jour et me privais de nourriture pendant des mois. Je voulais être le meilleur modèle du milieu et ma santé physique et mentale en était le prix. Ma mère est morte en 2012 d’une dépendance. À ce moment là, j’ai su que je devais quitter le mannequinat. J’étais malade et si je ne me faisais pas aider je savais que je mourrais aussi. Personne ne pouvait m’aider dans le domaine du mannequinat et je devais être celle qui tape du poing pour dire : « Enough is enough » (assez).

Vous parlez de votre foi dans votre livre. Vous a-t-elle aidée pour vous relever ?
J’ai été éduquée chez les baptistes et j’ai fréquenté une école chrétienne. Mais ma perception de Dieu était grandement déformée à cause des abus sexuels et psychologiques vécus dans mon enfance. À cette époque, je ne croyais pas que Dieu, ou n’importe qui d’autre, puisse prendre soin de moi. J’ai eu une nourrice aimante qui m’a appris que Dieu est amour. C’est toujours resté en moi, même quand je me suis éloignée de l’Église et de la foi. Il était amour selon moi, même à l’époque où je sombrais dans la drogue, l’alcool, la maladie mentale et une vie nocturne effrénée. Quelque part, au plus profond de mon cœur, je me souvenais toujours des Écritures que ma nourrice me lisait. Ces petites gouttes d’espoir m’arrachaient à des zones très sombres. Surtout le livre des Psaumes. Quand je devenais très malade mentalement (dépression, automutilation, psychose etc.), j’en arrivais à penser que je ne pouvais pas fonctionner par moi-même. J’ai essayé encore et encore d’aller mieux, mais sans succès. Pendant toutes ces années j’ai touché plusieurs fois le fond, et finalement, j’ai redécouvert l’idée d’une Puissance supérieure à travers un programme en douze étapes (similaire à celui des AA, basée sur le pardon). Ma mère l’a suivi et cela m’a aidée pour recommencer à croire en Dieu. À sa mort, j’avais suffisamment confiance en Lui pour comprendre que mon chemin me conduisait vers un but. Je ne pouvais pas abandonner et mourir. Si je l’avais fait, qu’en aurait-il été de ma vie ? Rien. J’ai persévéré et j’ai continué. Lors des funérailles de ma mère, je me souviens que le pasteur a lu ce verset : « Car moi, je connais les pensées que je forme à votre sujet – oracle du Seigneur –, pensées de paix et non de malheur, pour vous donner un avenir et une espérance » (Jr 29, 11). À ce moment là j’avais perdu la santé, ma mère et ma carrière. J’ai alors senti la foi monter dans mon cœur et j’ai souhaité consacrer ma vie à aider les autres. Ce jour-là, j’ai eu la conviction que Dieu me guérirait. Il m’a aidé à poursuivre dans cette voie pour inspirer d’autres personnes. Grâce notamment à l’écriture de mon livre. Comme je L’ai vu guérir mon corps, que je cessais mes addictions, je me suis concentrée sur l’énorme amour qu’Il me donnait et j’ai eu la force de continuer.

Avez-vous pardonné à toutes les personnes qui vous ont blessée ?
Au départ, je n’ai pas eu la capacité de pardonner. J’étais en colère, amère, irritée, triste. Je me sentais victime. Je vivais avec cet état d’esprit : « Je ne peux pas changer la façon dont je me comporte parce que l’on m’a fait du mal dans mon enfance et en tant que mannequin ». Mais toutes ces émotions négatives m’ont gardé prisonnière ; j’étais incapable d’avancer à moins de pardonner. J’ai été accompagnée afin d’être en mesure de demander à Dieu de m’aider à pardonner à ceux qui m’avaient blessée et à me pardonner aussi. Mais j’ai aussi blessé beaucoup de personnes dans ma vie à cause de la manière dont j’avais vécu. Je ne m’en étais pas rendue compte. Leur demander pardon a été crucial pour ma conscience, ma guérison et ma croissance. Mon cœur sera toujours sur un chemin de progression. J’aime croire que je suis beaucoup plus consciente de la façon dont je traite les autres et que je suis capable de pardonner et de laisser aller. La colère est un poison, personne n’est parfait et si nous choisissons de garder la négativité, nous ne faisons que nous faire du mal. L’une des choses les plus difficiles pour moi a été les relations sentimentales et l’amour. Il a fallu apprendre que l’amour est possible quand on pardonne et que l’on s’ouvre pour aimer et être aimé en retour. Il faut être vigilant quand il s’agit d’ouvrir son cœur, parce qu’il est fragile. Étant une dépendante au sexe en rémission et une ancienne victime d’abus, contre lesquels je lutte encore, je dois accorder une grande importance à la confiance. En attendant, je travaille dessus au jour le jour, principalement sur la communication, mais c’est un travail permanent.

Avez-vous remarqué des changements positifs dans le milieu de la mode depuis la sortie de votre livre ?
J’ai arrêté le mannequinat en 2012 et beaucoup de chose ont changé depuis. Instagram a décollé ce qui a entrainé l’explosion du nombre de modèles et de mannequins célèbres. À mon époque c’était le traditionnel : « Viens avec ton portfolio aux castings ». Je suis tellement heureuse de la diversité corporelle actuelle. Maintenant on encourage les modèles avec des handicaps et des différences, ce qui n’était jamais le cas quand je travaillais. C’est pourtant essentiel. Je crains seulement que cela soit une tendance et non un changement acquis. Ce qui me paraît le plus important, c’est le souci que doit avoir l’industrie de la mode des problèmes de santé mentale que peuvent rencontrer les modèles. Un modèle peut paraître sain, en bonne forme physique et être aux prises avec de vrais problèmes, et donc ne recevoir aucun secours. Nous entendons rarement parler de ce qu’il se passe à l’intérieur d’une agence de mannequin sauf quand quelque chose d’horrible s’y produit. Les magazines ou les marques pourrait imaginer des unes et des défilés qui mettent davantage l’accent sur l’amour-propre et la beauté intérieure. Vous imaginez l’impact que cela aurait sur les jeunes ? Chaque personne devrait comprendre qu’elle est parfaite exactement comme elle est. Quand Dieu les a créés, Il a brisé le moule. Nous devrions voir plus de publicités pour notre beauté intérieure, notre estime de soi, notre esprit et notre intelligence parce que c’est là que se trouvent les vrais trésors.

Pourquoi avez-vous foi en Dieu et qu’est-ce que cela a changé dans votre vie ?
J’ai foi en Dieu parce que je L’ai vu travailler dans ma vie. Je suis passée d’une fille brisée et déprimée qui était en train de mourir à une preuve vivante de rémission. En aucune façon j’ai fait cela par mes propres forces. Je suis confiante parce que je sais à quel point Dieu m’aime et c’est de là que vient ma vraie beauté.

Dans l’enfer du mannequinat, une industrie qui détruit, Nikki DuBose, éditions du Rocher, février 2018, 328 pages, 19 euros.

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