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Venezuela : « C’est un génocide, ils nous tuent ! »

Rayner Pena / DPA
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Au Venezuela, des malades dénoncent la situation dans laquelle ils se trouvent. Selon eux, "il ne s’agit plus d’une crise mais d’un holocauste, c’est un génocide".

« Il ne s’agit plus d’une crise mais d’un holocauste, c’est un génocide, ils nous tuent, littéralement » lance Mildred Varela depuis la tribune de la place Alfredo Sadel de Caracas, ce 8 février. Cette femme atteinte d’un cancer témoigne comme patiente et représentante de l’association civile « Avec la vie » , Aconvida, une des organisations non gouvernementales à l’origine d’une manifestation pacifique qui entend dénoncer l’état d’urgence dans lequel se trouve actuellement le secteur de la santé au Venezuela.

« J’ai besoin de médicaments pour que le cancer ne revienne pas. Je dois en prendre un par mois et on ne m’en a donné que trois l’année dernière » assure cette femme de 46 ans. Du coup Mildred Varela tente d’alléger sa douleur aux côtés d’autres femmes ayant elles aussi survécu au cancer, toutes engagées dans la lutte contre le système déficient établi par le gouvernement de Nicolas Maduro.

Padre Wilfredo Corniel

Mildred Varela affirme que ce rassemblement « ne cherche pas à faire tomber les gouvernements » mais « à exiger le respect de nos droits à la santé et à la vie. Et de fait, on ne peut réchapper à une maladie au Vénézuela que grâce à la miséricorde de Dieu, car il n’y a pas de médicaments. […] Nous exigeons le respect, bordel ! », s’est-elle exclamée.

Dans les rangs des manifestants, Mildred Varela n’est pas la seule à s’exprimer. On peut aussi entendre des slogans comme : « Nous ne voulons plus de morts par manque de médicaments » ou « Nous ne laisserons pas le gouvernement commettre d’autres « génocides » contre les Vénézuéliens ». Durant cette journée de protestation, les témoignages de victimes du cancer, du VIH, d’insuffisance rénale et d’autres maladies graves sont légion. La grande majorité des messages appellent la population à sortir de l’apathie et à se joindre à la lutte dans la rue.

Padre Wilfredo Corniel

Francisco Valencia, directeur de Codevida, la coalition d’organisations pour le droit à la santé et à la vie, déplore pour sa part  « l’obstination » du gouvernement à ne pas autoriser l’aide humanitaire internationale afin que les citoyens puissent suivre les traitements médicaux nécessaires pour prolonger leur vie. Il souligne que plusieurs personnes sont récemment décédées faute d’avoir reçu une dialyse à temps, par exemple. Le fondateur des Amis Transplantés du Venezuela lit également un document qui a été remis à la délégation des députés de l’Assemblée nationale présents lors du rassemblement.  « Face à cette situation, nous venons à vous (…) pour demander formellement que les causes de la grave pénurie de médicaments, de réactifs et des autres fournitures nécessaires pour traiter ces conditions soient étudiées ».

Sans argent et sans médicaments

Maritza Rodríguez, 60 ans souffre d’insuffisance rénale. Elle a été transplantée il y a 18 ans. Aujourd’hui, elle indique que pour continuer son traitement, elle devrait prendre des médicaments tels que CellCept, Losartan, Lyrical, Atorvastatine, du complexe B12, de l’acide folique et des antibiotiques, mais elle n’y a pas accès actuellement soit parce qu’elle n’a pas l’argent pour les acheter compte tenu de leur coût élevé, soit parce qu’ils ne sont pas disponibles sur le marché pharmaceutique. Maritza Rodríguez souffre également d’asthme bronchique qui complique son état de santé, déjà dégradé.

Padre Wilfredo Corniel

Une autre patiente du VIH se plaint que les hôpitaux traitent les malades comme des animaux et qu’ils leur refusent le droit à la vie. Ce que confirme le Dr Ana Carvajal, spécialiste des maladies infectieuses à l’hôpital universitaire de Caracas, révélant qu’il y a actuellement plus de 5.000 patients atteint par le VIH, dont 35 % sont des femmes enceintes. « La grande majorité d’entre elles ne reçoivent pas de contrôle médical car elles sont infectées » selon la spécialiste. Le Dr Ana Carvajal mentionne également la triste histoire des femmes emprisonnées qui se voient refuser un suivi médical, situation qu’elle condamne.

Engagement de l’Assemblée nationale

Le vice-président de la Commission pour le développement social de l’Assemblée nationale, le parlementaire José Trujillo, s’est engagé publiquement à enquêter sur les violations des droits à la vie et à la santé des Vénézuéliens. Il a notamment condamné “l’attitude du gouvernement de Maduro qui prétend exiger le « Carnet de la Patrie » des patientes (document d’identification visant à connaître les conditions socioéconomiques des patients et à assouplir le système), excuse pour soi-disant faciliter leur accès aux médicaments nécessaires pour leur traitement.”  Il a affirmé que “le régime socialiste veut que les Vénézuéliens meurent par manque de médicaments, et nous ne le permettrons pas” soulignant qu’”aujourd’hui la pénurie de médicaments dans le pays est d’environ 95%.”

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