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Voici le plus ancien monastère du monde

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Tous les moines et moniales chrétiens à travers le monde ont en commun saint Antoine le Grand (pas celui de Padoue) qui est considéré par la tradition comme le père fondateur du monachisme. Après sa mort vers 356, un monastère sera édifié par ses disciples au pied du Mont Qulzum en Egypte, offrant là une présence monastique depuis seize siècles.

« Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis viens, suis-moi. » (Matt 19, 21). Ces quelques mots du Christ vont transformer radicalement la vie d’Antoine comme l’explique Athanase d’Alexandrie à la fin du IVe siècle dans sa Vie de saint Antoine. Il vendra ses biens et choisira de partir au désert pour une vie de prière et de dénuement total. Ce fils d’une riche famille d’agriculteurs égyptiens se retire ainsi du monde à la manière des ermites.

Ermite, ascète et autonome

Saint Antoine s’établira tout d’abord le long du Nil puis se rendra dans plusieurs autres lieux désertiques d’Égypte. Il finira par s’installer définitivement dans une grotte du Mont Qulzum à une trentaine de kilomètres de la Mer Rouge non loin du golfe de Suez en Égypte. Cette grotte est située dans la montagne juste au dessus du monastère Saint-Antoine (en arabe Deir Mar Antonios) visité depuis par des pèlerins et voyageurs du monde entier. Le monastère possède une source d’eau qui jaillit de la montagne et offre une autonomie pour une agriculture sommaire. Par ailleurs depuis quelques années les moines ont un champ de panneaux solaires qui leur fournit l’électricité.

La pitié des moines pour les pèlerins

Depuis toujours les pèlerins ont afflué dans ce lieu éloigné de tout mais si important pour l’histoire du monachisme comme le souligne Christine Chaillot, écrivain et spécialiste des Églises orientales : « La grotte était assez difficile d’accès car située en haut de la montagne. C’est pourquoi depuis quelques années, les moines ont eu pitié des pèlerins et ont construit un escalier leur permettant d’accéder à une terrasse. À partir de là, on peut pénétrer dans une fente de rocher et, à travers un couloir extrêmement étroit, accéder à la grotte où aurait vécu saint Antoine jusqu’à sa mort ».

Des reliques et des graffitis

Selon les moines, saint Antoine serait enterré dans l’église la plus ancienne du monastère (qui en compte au moins sept), à droite de l’autel. Christine Chaillot explique qu’il n’y a ni tombeau ni signe extérieur visible indiquant un emplacement exact de la sépulture. La spécialiste note par ailleurs que, dans cette même église, on peut admirer de magnifiques peintures anciennes restaurées il y a peu ; on peut aussi observer des graffitis écrits en plusieurs langues : « Ils ont été préservés, car ils sont le témoignage de la visite de voyageurs internationaux au cours des siècles ».  

Une communauté monastique vivante et mouvante

Christine Chaillot dénombre aujourd’hui près de 120 moines et quelques ermites dépendants de ce monastère Saint Antoine : »Tous ne vivent pas au monastère, explique-t-elle, puisque certains moines coptes sont envoyés pour servir les très nombreuses communautés de la diaspora en Amérique du Nord, en Australie, en Europe ou en Afrique ». Les moines du monastère Saint-Antoine dépendent du Patriarcat copte orthodoxe d’Alexandrie, sous l’autorité du pape Tawadros II (ou Théodore II), patriarche de toute l’Afrique et du siège de saint Marc depuis 2012.

Dans notre calendrier grégorien saint Antoine le Grand est fêté le 17 janvier tandis que les coptes orthodoxes le célèbrent le 30 janvier. Rien d’anormal puisqu’ils ont gardé le calendrier julien dont les fêtes sont toutes décalées de 13 jours.

Christine Chaillot, spécialiste des Églises orientales est l’auteur de Vie et spiritualité des Eglises orthodoxes orientales aux Éditions du Cerf, 2011.

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