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Relation mère-fille toxique : comment ne pas la reproduire ?

MOTHER DAUGHTER
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Les relations entre une mère et sa fille peuvent être magnifiques, tendues, réussies ou complètement désastreuses, mais une chose est sûre, elles sont souvent complexes ! Lorsque l’on a vécu avec sa mère une relation difficile, il est normal de souhaiter éviter de reproduire ce que l’on a connu. Un point sur ces relations toxiques.

Devenir parent ne s’apprend pas. Et si avoir un enfant est donc une étape capitale dans la vie d’une personne, le fait que ce soit une fille l’est d’autant plus dans la vie d’une femme.

La relation qu’on a avec chacun de nos enfants est particulière, bien entendu, du fait du caractère unique de chaque personne. Elle sera forcément différente, que l’on ait un fils ou une fille, que l’on soit un père ou une mère. Pour autant la relation mère-fille implique énormément de choses. La figure maternelle représente un pilier dans la vie de chacun, et ce de par sa présence ou son absence. En effet, une fille va grandir aux côtés de sa maman, pouvant l’avoir au fur et à mesure de sa vie comme modèle, alliée, mentor, rivale, complice… une multitude de rôles joués tant par la mère que par la fille, qui peuvent varier considérablement. Quand la relation se passe mal, en grandissant la fille désire souvent réussir à ne pas reproduire le même schéma avec ses propres enfants. En effet, avoir eu une mère « toxique » laisse place à beaucoup d’anxiété, une peur de ne pas être à la hauteur une fois devenue mère soi-même…

Les relations mère-filles

Quand tout se passe bien : complicité, confiance, justes limites et respect

Avoir une fille a une signification particulière pour une mère. En effet, la femme va plus pouvoir se servir de son vécu afin d’éduquer une fille, elle pourra se « revoir » à travers elle. Les relations peuvent être merveilleuses : complices, pleines de confiance mutuelle tout en instaurant des limites et un respect réciproque. Le rôle de chacune est défini et approuvé, il n’y a pas de relation « maman-copine » qui implique un mélange des rôles. Les mères laissent de la place à leurs filles pour exprimer leur féminité et savent poser des limites lors de l’éducation. Elles savent également respecter les limites posées par leur fille une fois adulte.

Quand tout va mal : rivalité, conflits, intrusion, surprotection

Comme l’explique Patricia Delahaie, psychologue, dans son livre Relations mère-fille, dans une relation de couple « chacun parle et écoute l’autre à son tour. Je suis là pour toi, si tu es là pour moi. Une symétrie inexistante entre une mère et sa fille. » Ainsi, la maman donne à sa fille, et n’a pas forcément de retour. Cela peut être une des raisons de conflit entre les deux. D’autres relations toxiques passent par la rivalité qui se forge parfois dès l’Œdipe de la petite fille : ici, cela sera au papa de calmer le tout et ne pas rentrer dans le jeu de la petite fille. À plusieurs étapes de la vie, la relation mère-fille est mise à l’épreuve. Un autre exemple est lorsque la fille devient elle-même mère. Certaines grand-mères se montrent alors extrêmement intrusives, donnant des conseils et sachant tout faire mieux que leur fille.

Les relations ultra-fusionnelles sont également nocives car invivables à long terme, ce qui entraînera de la jalousie de la part de l’une ou l’autre. Elles entraînent également une dépendance unie ou bilatérale. Il faut savoir laisser à sa fille l’espace dont elle a besoin, lui laisser son identité, faire la part de nos projections et de ses besoins personnels et surtout, ne pas chercher à en faire un autre soi-même.

 Comment éviter de reproduire le schéma ?

Communiquer

La première solution, comme dans toute relation, est de communiquer et d’exprimer les malaises avec sa mère. Faire le point avec elle sur des comportements, paroles que l’une ou l’autre n’a pas apprécié et pouvoir entendre les arguments de chacune. Même si la discussion n’aboutit pas à une résolution concrète, cela fait du bien d’en parler et de sortir ce que l’on a sur le cœur. Il est très important d’exprimer ses ressentis.

Sachez en tous les cas que rien que le fait de se poser la question sur le risque de reproduction d’une relation toxique, est un bon signe. Ne pas hésiter aussi à solliciter le papa, votre conjoint, et lui faire part de vos craintes.

S’informer

Pour envisager un autre mode d’éducation que celui que vous avez reçu, n’hésitez pas à consulter des ouvrages sur le sujet, vous renseigner auprès de professionnels, d’amis, d’autres membres de la famille. Vous découvrirez sûrement  des nouvelles techniques, alternatives à certains éléments de l’éducation que vous avez reçue. Vous arriverez ainsi à vous forger une méthode bien à vous, en ayant pioché par-ci par –là des astuces, même dans l’éducation que vous avez reçue !

En effet, ayez l’œil pour relativiser, s’il y a des choses avec lesquelles vous n’adhérez pas dans votre relation avec votre mère, il y a sûrement tout de même quelques petites choses que vous voudriez garder. N’oublions pas qu’une mère essaye de manifester son amour comme elle peut. Il n’y a pas de mode d’emploi.

Se forger son modèle

Dans le même ordre d’idée, observez autour de vous. Si vous ne voulez pas « devenir votre mère », alors quelle mère voulez-vous être ? Si vous avez jugé votre relation avec votre maman difficile, c’est sûrement car vous avez pu observer des relations mère-filles plus faciles et agréables. Une mère sert de modèle pour une fille, ou de contre modèle.

Si votre maman n’est pas ce que vous désirez être, alors, vous avez sûrement autour de vous une autre figure féminine à qui vous souhaiteriez ressembler. Il est tout à fait possible de s’imprégner d’un autre modèle relationnel mère-fille tout en respectant toujours sa propre mère. Faites également confiance à votre bon sens.

Consulter si nécessaire

Si les conflits sont trop présents, douloureux, persistants et que le dialogue reste stérile, si vous continuez de ressentir que cette relation vous gâche le quotidien et vous empêche d’avoir une relation correcte avec votre propre fille, n’hésitez pas à consulter un professionnel de santé pour entamer une thérapie, seule ou avec votre mère. Trouver les mots à mettre sur les problèmes et les sources des conflits aidera à passer au-delà de ceux-ci.

Ce à quoi il faut veiller après une relation toxique avec sa mère, c’est également de ne pas chercher à « réparer », en allant dans un autre excès. C’est précisément là que la thérapie sera utile, afin que votre relation avec votre fille ne serve pas de thérapie elle-même.

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