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Vous avez du mal à pardonner ? Voici comment apaiser les rancœurs…

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La rancœur ne nous permet pas de profiter de la vie et nous empêche de connaître la paix intérieure. Malgré tout, le pardon est plus difficile à appréhender qu'on ne le croit. Voici des vérités à méditer et des erreurs à éviter quand on envisage de se réconcilier avec quelqu'un.

Vous souhaitez arrêter de vivre prisonnier de la rancœur et du ressentiment ? Pardonnez ! C’est facile, n’est-ce pas ? Ce n’est pourtant pas le cas en réalité. Toutefois, il est plus facile d’essayer de pardonner que de continuer à porter les fardeaux lourds et douloureux que sont la haine et l’antipathie, sous prétexte que ceci ou cela nous a blessé. La vie n’est pas faite pour être vécue de cette manière, car on ne vit pas pleinement, on ne connaît pas la paix intérieure et on peut difficilement être en harmonie avec soi-même et avec les autres. En revanche, lorsque l’on pardonne de tout son cœur, on redevient libre d’aimer pleinement.

C’est la seule manière de retrouver la paix que l’on avait perdue. Le pardon se complique davantage quand on a des doutes sur ce que cette notion recouvre. Nous avons tendance à le rattacher à l’émotivité, mais en réalité il dépend de la volonté. Le pardon, comme l’amour, est un acte de volonté.

Pardonner, même la pire offense…

Pardonner, c’est annuler la dette morale que quelqu’un a envers nous, pour être libre de toute rancœur et de tout ressentiment. Plus l’offense est grande, plus le besoin de pardonner et d’être pardonné est grand. Le pardon fait partie du « panier spirituel de la ménagère ». Il est nécessaire de pardonner car dans le cas contraire, la souffrance est double. En effet, nous souffrons à la fois de l’offense subie et du venin qui accompagne la rancœur, car il rend notre âme malade. Nous devons avoir certaines conceptions bien claires pour pouvoir réellement accorder et vivre le pardon. Le pardon n’est pas un sentiment : c’est un acte de volonté qu’il est bon d’accomplir.

Le premier pas vers un véritable pardon est d’avoir l’humilité de reconnaître que l’on a aussi offensé et que l’on a « besoin » d’être pardonné. Si je pardonne, alors je ne ressens plus rien : faux. Il est très probable que même après avoir pardonné, vous ressentiez encore quelque chose. Cela fait partie du processus de guérison. Vous souvenir de l’incident et du sentiment ressenti ne veut pas dire que vous avez pardonné. On peut facilement tomber dans l’erreur de croire que si l’on ne pardonne pas, on continue à blesser l’autre. Il s’agit en réalité de rancœur, et cette rancœur est comme un venin que l’on boit dans le but de faire souffrir l’autre.

12 idées reçues sur le pardon :

– Celui qui m’a fait souffrir ne mérite pas que je lui pardonne : c’est possible. Toutefois, vous méritez de vivre libre et en paix.

– Je ne pardonne pas parce que je n’y arrive pas : faux. Si vous ne pardonnez pas, c’est parce que vous ne voulez pas pardonner. Le pardon est un acte de volonté.

– Je pardonne mais je n’oublie pas. Cette phrase paraît extrêmement pertinente car, à moins de souffrir d’amnésie, les choses s’oublient difficilement. De plus, il est souvent utile de se souvenir de tout pour rester vigilant. Toutefois, si en disant « je n’oublie pas », vous attendez de pouvoir prendre votre revanche ou de voir souffrir votre agresseur, alors c’est très différent. C’est pourquoi pardonner n’est pas pareil qu’oublier. Le mieux est de se souvenir sans que cela ne nous fasse plus souffrir.

– Le pardon implique de se réconcilier et de se revoir : faux. Il est même parfois sain et bénéfique de laisser passer du temps et de mettre de la distance.

– Je suis obligé de l’avertir quand je lui ai pardonné : faux. Le pardon est un acte personnel qui s’active dès que l’on ressent le souhait et la volonté de pardonner, et on n’est pas obligé d’en avertir l’agresseur.

– Est-il facile de pardonner : absolument pas. Simplement parce que notre condition humaine, faible et limitée, nous rend la tâche difficile.

– Est-ce que l’orgueil et l’imagination compliquent notre capacité à pardonner : absolument. C’est pourquoi il convient de considérer l’offense dans sa dimension réelle, afin de se rendre compte qu’elle n’est peut-être pas si grave.

– Il est impossible de pardonner tant que l’on ne reçoit pas d’excuses : faux. Le pardon est un choix et on choisit de pardonner, même si l’agresseur n’a pas daigné s’excuser.

– Je ne peux pas pardonner une seconde fois : faux. Le pardon est un acte renouvelable et il est toujours possible de pardonner. En revanche, vous pouvez ne plus laisser les occasions d’agression se présenter.

– Quand je pardonne, j’enlève à mon ennemi le pouvoir qu’il a sur moi : vrai. C’est la raison pour laquelle le pardon n’est pas un acte héroïque mais pratique.

– Si je pardonne, je dois redevenir ami avec la personne : pas nécessairement.

– Je me sentirai en paix dès que j’aurai pardonné : pas toujours. Lorsque vous choisissez de renoncer à votre « ego blessé », cela ne veut pas dire que le problème disparaîtra, ni qu’il se règlera automatiquement, ni que vous vous sentirez en paix avec vous-même.

Pardonner, c’est choisir de faire partir toute pensée de revanche, de rancœur et d’apitoiement. Cela ne veut pas dire pour autant que l’on arrivera à pardonner sur-le-champ. Il s’agit d’un processus qui se travaille chaque jour.

Pardonner, c’est souhaiter à l’autre de bonnes choses : pas nécessairement. Il serait en effet hypocrite de dire que nous ne souhaitons que du bien à la personne qui nous a fait souffrir.  C’est pratique de commencer à pardonner, mais c’est héroïque de souhaiter à cette personne que Dieu la comble de ses bénédictions. Cela est toutefois possible avec le temps et l’aide du Seigneur.

Enfin, à l’interrogation « J’ai le droit de refuser délibérément de pardonner ? » : il n’est pas conseillé de penser ainsi. Vous croyez-vous meilleur que la personne qui vous a blessé ?

Tags:
pardon
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