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Que faire quand une hostie consacrée tombe par terre ?

© Sabine de Rozières
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Au cours de la communion, il peut arriver que l'hostie tombe au sol en raison d'une mauvaise manipulation. L'incident n'est pas anodin puisque l'hostie est réellement le corps de Jésus. Pour la ramasser, il convient d'observer des règles simples et claires. L'éclairage de l'abbé Denis Cuchet, prêtre de la fraternité Saint-Pierre à Tours.

Que faire ?

On va tout d’abord chercher un purificatoire qui est ce petit linge utilisé pendant la messe et qui se met au-dessus du calice, sous la pale et la patène. Il sert à purifier tous les objets liturgiques et en particulier les Saintes Espèces en recueillant tout ce qui reste dans le ciboire et le calice. C’est un linge qu’on ne peut pas mettre à la machine à laver tout comme le corporal, explique l’abbé Cuchet. Ils doivent être purifiés dans trois eaux différentes qui seront ensuite jetées dans le jardin ou au pied d’une plante ou d’un arbre, mais jamais avec les autres eaux qui partent au tout-à-l’égout. Ce sont donc des linges très précieux parce qu’ils sont en contact direct avec les Saintes Espèces.

Le rituel

On va donc prendre ce fameux purificatoire avec une burette d’eau qui permettra de mouiller le linge. Le prêtre ramasse l’hostie et pourra ensuite frotter à l’endroit où l’hostie est tombée grâce au purificatoire. Il ne s’agit pas tant de nettoyer par terre que de veiller à ce qu’aucunes des parcelles du Corps du Christ ne restent sur le sol explique l’abbé. En effet sous les Espèces du pain, il y a son Corps, son Sang, son âme et sa divinité. Cette présence de Jésus dans l’Eucharistie est celle de Jésus au Ciel, depuis son ascension et donc sa résurrection, c’est à dire tout entier… C’est pour manifester l’aspect sacrificiel de la messe que l’on fait la double consécration (et bien sûr pour refaire ce que Jésus a fait le soir du Jeudi Saint). Une fois que ce geste est accompli on met à purifier le linge puis on peut continuer la communion. Soit le prêtre consomme l’hostie, soit, si elle est très sale, on la laisse se dissoudre dans un récipient et en se dissolvant elle perdra sa consécration.

Jusqu’à quand l’hostie est-elle consacrée ?

Les espèces restent tant que les accidents restent, et les accidents comme nous l’explique l’abbé Cuchet, c’est un terme philosophique pour désigner tout ce qui est observable par nos cinq sens. Donc chaque chose existe par essence, mais elle existe à travers des accidents qui sont perceptibles par nos sens. C’est toute la théologie de la transsubstantiation. Une fois dissoute dans l’eau, les accidents de l’hostie sont perdus donc elle n’existe plus. On dit que quand des espèces sont altérées elles perdent leur consécration.

L’hostie qui colle au doigt

« Ça m’est déjà arrivé que l’hostie tombe pendant que je donnais la sainte Communion » évoque le père. « Dans le rite extraordinaire que je célèbre, nous donnons la communion uniquement dans la bouche avec un plateau tenu par un enfant de chœur. Malgré cette précaution, j’ai déjà fait tomber des hosties puisque parfois, surtout quand il fait très chaud, elle peut coller un tout petit peu à nos doigts et donc tomber à terre ou sur le plateau. Et ainsi comme je l’indiquais, j’arrête ce que je fais et je vais chercher le purificatoire pour m’occuper de l’incident. C’est d’ailleurs pour cela qu’autrefois en plus du plateau il y avait une nappe de communion installée sur la table de communion ».

Si le calice se renverse

De la même manière si le calice venait à être renversé sur l’autel, dans le rite extraordinaire nous avons trois nappes en plus du corporal qui servent justement à ce genre de cas, explique l’abbé Denis Cuchet. Si quelques gouttes du précieux Sang tombent à terre au moment de la communion sous les deux espèces, le même procédé est utilisé avec le purificatoire.

Complément : comme le rappelle l’instruction Redemptoris sacramentum de 2004 (Chap V – 132) :

« Personne ne doit emporter la très sainte Eucharistie chez soi ou dans un autre lieu, ce qui est contraire à la norme du droit. De plus, on doit se souvenir que le fait d’emporter ou de conserver les espèces consacrées à des fins sacrilèges, de même que le fait de les jeter par terre constituent des actes qui entrent dans la catégorie des graviora delicta, dont l’absolution est réservée à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi ».

Tags:
hostie
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