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Quelle est la recette de l’hostie ?

Jean Michel CHASSINE/CIRIC
Des bénédictines trient des hosties dans l'atelier de production de l'abbaye Sainte-Marie de Maumont, Juignac.
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Le pain destiné à la consécration lors du sacrifice de la messe est nommé hostie. Sa fabrication, héritée de la tradition juive, doit répondre à certaines exigences récemment réaffirmées par le cardinal Robert Sarah. C’est l’occasion d’en rappeler la recette et l’origine.

Les Évangiles rapportent unanimement que c’est du pain que le Christ a désigné comme étant son corps lors de la Cène, instituant la messe. Mais c’est un pain bien particulier que l’on utilise aujourd’hui pour la confection des hosties, nommé pain azyme. Il s’agit en fait d’un pain non levé, composé uniquement de farine de blé tendre, appelé froment, et d’eau, la cuisson devant intervenir rapidement après le mélange de ces deux ingrédients afin de n’y laisser aucun levain se développer. Les plaques de métal entre lesquelles les hosties sont cuites figurent parfois une croix, un chrisme ou un autre symbole rappelant que l’hostie est littéralement la « victime » du sacrifice non sanglant, le Christ.

L’usage de pain azyme est connu et hérité de la tradition juive de la matza, confectionné à l’occasion de la fête de Pessa’h en souvenir de l’Exode d’Israël hors d’Égypte : « Pendant sept jours, vous mangerez des pains sans levain. Dès le premier jour, vous ferez disparaître le levain de vos maisons. Et celui qui mangera du pain levé, entre le premier et le septième jour, celui-là sera retranché du peuple d’Israël » (Ex 12, 15).

On peut y voir un signe de la frugalité, marquant la précarité des juifs sortant d’Égypte. Mais c’est aussi un signe de renouvellement : le levain était originellement fourni par du pain ancien, incorporé à la pâte du pain « neuf » pour le faire lever. Le pain non levé qui devient l’agneau pascal, c’est-à-dire l’agneau du passage, est donc un pain absolument nouveau et pur de toute incorporation de pain ancien, signifiant ainsi le renouvellement dans l’Alliance nouvelle. C’est pour cela que le cardinal Sarah a affirmé que la fabrication d’hosties impliquant d’autres substances que la farine et l’eau, du sucre ou du miel par exemple, constituait un « grave abus ».

Mais il faut tout de même noter que cet usage du pain non levé n’est pas partagé dans toutes les Églises. Suivant la tradition orthodoxe, les Églises catholiques de rite byzantin utilisent du pain levé. Cette tradition trouve sa justification dans ce que le pain qui lève est comme animé d’un phénomène dynamique qui représente la vie du Christ ressuscité que devient réellement ce pain lors de la transsubstantiation.

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