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Le Collège éthiopien : l’Afrique au cœur du Vatican

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Prévu à l’origine pour accueillir les pèlerins de l’empire hérité de la reine de Saba, ce bâtiment est devenu un séminaire pontifical.

Situé en haut de la colline vaticane, entouré de magnolias et de conifères, à l’ombre de la coupole de la basilique Saint-Pierre, se trouve un lieu particulièrement méconnu du grand public : le Collège pontifical éthiopien, au service de l’Église en Éthiopie et en Érythrée depuis 1481. Lié à la petite église Saint-Étienne-des-Abyssins, d’abord hospice réservé aux pèlerins et aux malades, il héberge peu à peu des étudiants, avant de devenir officiellement un séminaire au XXe siècle. Aujourd’hui, le collège est un lieu d’accueil, mais surtout de rencontres, notamment œcuméniques.

Le premier document attestant de la présence de pèlerins éthiopiens à Rome date de 1351. En 1481, Sixte IV dédie l’hospice situé derrière la basilique Saint-Pierre à l’Église en Éthiopie et en Érythrée et renomme la petite église de Saint-Étienne-le-Grand en Saint-Étienne-des-Abyssins. Comme depuis des centaines d’années, l’hospice continue alors d’héberger les pèlerins, les malades et les personnes démunies se rendant à Rome, particulièrement ceux d’Abyssinie, l’empire d’Éthiopie descendant de la reine de Saba.

Cet hospice tombe peu à peu en désuétude jusqu’en 1919. Les pèlerins sont alors remplacés par un nombre croissant d’étudiants et l’afflux devient si important que Benoît XV décide de la création d’un collège pontifical. Encore aujourd’hui, une inscription en tigrinya, langue officielle en Érythrée et Éthiopie, rappelle au-dessus de l’entrée cette décision. Pie XI finalise le projet et inaugure en 1930 le séminaire pontifical éthiopien, aménagé dans un bâtiment plus vaste par son architecte de confiance, le piémontais Guiseppe Momo, et permettant aux séminaristes d’Abyssinie de venir suivre leurs études ecclésiastiques à Rome.

Le collège est construit de manière très simple, de style roman-gothique, en forme de fer à cheval, à flanc de colline entre le Gouvernorat et la grotte de Lourdes. Il possède une bibliothèque, un petit musée et une chapelle de style éthiopien, avec une iconographie typique. Les séminaristes occupent les lieux jusqu’en 1977, remplacés ensuite par des prêtres venus d’Éthiopie ou d’Érythrée, étudiant dans les diverses universités pontificales.

Catholiques et orthodoxes s’y retrouvent

Aujourd’hui, deux franciscains éthiopiens ont succédé aux Lazaristes pour s’occuper du collège, devenu entre autres un lieu de rencontres, notamment entre les évêques catholiques et orthodoxes. Benoît XVI s’y est rendu en 2005, à l’occasion d’une visite Ad limina des évêques d’Éthiopie et d’Érythrée, lors de la célébration du 75e anniversaire de l’inauguration de l’édifice actuel. Le collège garde toujours sa fonction d’hébergement, en particulier pour les prêtres originaires d’Éthiopie.

L’église la plus ancienne du Vatican se situe juste derrière le chevet de la basilique Saint-Pierre, à droite du palais du tribunal. Aujourd’hui, elle est toujours rattachée au collège éthiopien, mais fait partie de la vie du Vatican au même titre que les autres églises du petit État. Ainsi, Mgr Georg Gänswein, secrétaire particulier de Benoît XVI, y a célébré ses 25 ans de sacerdoce en 2009. En 2011, Benoît XVI lui-même est venu se recueillir sur la dépouille d’une laïque de la communauté des Memores Domini, au service des appartements pontificaux pendant de nombreuses années. La petite église accueille aussi parfois des mariages d’officiers de la Garde Suisse ou de gendarmes du Vatican.

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