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Quand le pape Léon XIII s’est rendu à la grotte de Lourdes sans sortir du Vatican

© Figura Matki Bożej z Lourdes, Grota, fot. Stanisław Krysiński
Statue de la Vierge dans la grotte de Lourdes.
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L’attachement des papes successifs pour Notre-Dame de Lourdes n’est plus à démontrer… À tel point qu’ils ont fait édifier une reproduction de la grotte dans les jardins du Vatican.

Benoît XVI apprécie particulièrement ce lieu très calme où il se rendait déjà quotidiennement pendant son pontificat. À l’ombre du dôme de la basilique Saint-Pierre, mais loin du tumulte de la place. Et peut-être aussi des bruits de couloir du Palais apostolique… Après sa renonciation, il continue à le fréquenter, quasi quotidiennement, avec son secrétaire particulier, Mgr Georg Ganswein, pour la récitation des mystères du Rosaire.

Lors de sa venue en 2014, le pape François, qui lui préfère sans doute la basilique de Sainte-Marie-Majeure, avait affirmé que Notre-Dame de Lourdes est la « Madone de la promptitude », prête à nous venir en aide lorsque nous demandons sa protection.

Avant eux, Jean Paul II aimait aussi s’y rendre pendant l’après-midi pour y réciter le chapelet marial. Cela dit, le Pape polonais ne se contentait pas seulement de la copie : il s’est rendu à deux reprises à Lourdes, et notamment en 2004 pour son dernier déplacement hors d’Italie.

Miracle du soleil… au Vatican

Autre pape a avoir été spécialement marqué par l’endroit : Pie XII. Le 30 octobre 1950, les pensées de l’évêque de Rome sont tournées vers le dogme de l’Assomption de la Sainte Vierge qu’il doit proclamer le surlendemain. Il se rend à la grotte pour prier et voit alors le soleil danser comme la foule à Fatima (Portugal) en octobre 1918. Le miracle se reproduit les deux jours suivants et à nouveau une semaine plus tard. Pie XII y verra une confirmation divine du dogme.

Si cette copie de la grotte existe, c’est bien parce que les papes successifs ont tous été marqués par le message de Lourdes. Mais au XIXe siècle, après les apparitions de 1858, le souverain pontife ne sort pas du Vatican, et encore moins d’Italie. Léon XIII trouve donc la solution : il demande en 1903 la construction d’une reproduction de la grotte dans les jardins du Vatican. Puisque le Pape ne peut pas se rendre à Lourdes, c’est Lourdes qui vient à lui.

L’évêque de Lourdes décide donc d’organiser une collecte pour exaucer ce vœu et la grotte est exactement reproduite, quoique légèrement plus petit. Avec les années, la fidélité pousse encore plus loin : en 1958, l’autel de Massabielle est remplacée et l’ancien est envoyé à Rome, pour la grotte du Pape.

C’est Pie X, le successeur de Léon XIII, qui inaugure et consacre la grotte en 1905. Il en est d’autant plus heureux qu’il avait dû renoncer à un pèlerinage à Lourdes avant son élection, pour raisons de santé. La France, pour sa part, engouffrée dans une politique anticléricale, n’est pas représentée à la cérémonie.

Une fois par an, les papes laissent la place auprès de la grotte aux fidèles : le 31 mai au soir, en clôture du mois marial. Alors que la nuit tombe sur Rome, une procession aux flambeaux remonte lentement de la basilique Saint-Pierre et grimpe lentement la colline jusqu’à ce haut lieu des jardins. Une condition pour y participer toutefois : être accompagné par un employé du Saint-Siège.

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