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Une statue en l’honneur d’un SDF décédé, paroissien fidèle, dans une église de Paris

saint benoit joseph labre

Maëlys Létondot - publié le 15/06/17

Depuis quelques semaines, dans l'église sainte Marie des Batignolles, dans le XVIIe arrondissement de Paris, une statue du saint mendiant Saint Benoît-Joseph Labre honore la mémoire de Gabriel — ou Gabi — SDF décédé, dont le souvenir demeure toujours vivant dans la paroisse.

Le visage figé, les mains jointes sous son menton et posées sur son bâton de marche, les yeux fixés sur le tabernacle : la statue de saint Benoît-Joseph Labre qui se dresse au milieu des travées, est d’une fidélité stupéfiante. Et quand il célèbre la messe, le curé de la paroisse avoue le confondre parfois avec ses paroissiens en chair et en os.

Cette statue, œuvre de la sculptrice Daphné Jardon, représente saint Benoît-Joseph Labre, ce saint du XVIIIe siècle qui a passé sa vie sur les routes d’Europe, mendiant pour tout donner aux pauvres. Saint Benoît-Joseph est le saint patron des SDF, de tous les pauvres du monde en général. Elle a été installée au cœur de l’église sainte Marie en mémoire d’un pauvre du quartier, Gabriel, dont l’histoire est aussi atypique qu’émouvante.




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Gabriel — ou Gabi pour ceux qui le connaissaient — est en effet lié de manière très particulière à la paroisse des Batignolles. Gabriel, dont le prénom originel est Djamel, était un Algérien atterri dans la rue suite à un divorce compliqué. Homme robuste au fort caractère, il était devenu une icône du quartier, et chacun, pour l’avoir croisé au moins une fois, savait qui il était franc, original et un peu bourru.

C’est en partageant un café avec l’équipe de maraude de la paroisse, devant le square des Batignolles, qu’il a immédiatement demandé à être baptisé. Djamel a alors changé de prénom, mais aussi de vie et de comportement. Il témoignait de manière ouverte et amicale de sa conversion, emmenait presque de force ceux qu’il croisait réciter un Ave Maria dans l’église. « Mais entrez ! N’ayez pas peur ! Ici vous êtes chez vous ! C’est la maison de Dieu ! », s’enthousiasmait-il.

Décédé il y a trois ans, sa dépouille a été rapatriée en Algérie, et son absence a laissé dans le quartier et dans le cœur des paroissiens, un grand vide. Cette statue est désormais là pour que chacun se rappelle l’histoire touchante de cet homme que Dieu est venu toucher et apaiser.




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