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Devinez qui est le seul catholique de la primaire de la gauche…

© THOMAS SAMSON JOEL SAGET / AFP
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Savez-vous qui a osé revendiquer un certain attachement à sa foi catholique parmi les candidats ?

La haute autorité de la « primaire citoyenne » a annoncé ce samedi 17 décembre le nom des sept candidats définitivement retenus pour la primaire de la gauche, lançant officiellement le début de la campagne. Parmi eux, quatre socialistes : Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon et Manuel Valls ; une radicale, Sylvia Pinel ; un écologiste, François de Rugy et un centriste, Jean-Luc Bennahmias.

Militant pour la justice sociale et opposé aux chimères sociétales, le courant chrétien au sein du Parti socialiste (PS) se réclamant du personnalisme d’Emmanuel Mounier (une troisième voie humaniste entre le capitalisme libéral et le marxisme) est hors-jeu. Les Poissons roses n’ayant pas réussi à qualifier leur candidat, aucun catholique ne disputera cette primaire qui se tiendra les 22 et 29 janvier prochain. Aucun ? Pas tout à fait…

Voici les sept candidats à la primaire de la gauche, classés du plus au moins hostile à l’Église catholique :

Vincent Peillon (PS), le « bouffeur de curé »

L’ancien ministre de l’Éducation est un ennemi juré de la foi catholique de son propre aveu ! Assurant en 2008 la promotion d’un livre intitulé La révolution n’est pas terminée (Seuil), il s’en prenait explicitement à la religion catholique. Le chantre de la « religion républicaine », une fois la révolution politique accomplie, appelait de ses vœux une révolution morale et spirituelle : « On a laissé le moral et le spirituel à l’Église catholique, il faut remplacer ça ».

Arnaud Montebourg (PS), l’athée

Lors d’une rencontre avec la rédaction du magazine La Vie, le 21 novembre dernier, l’avocat et ancien ministre du Redressement productif avait déclaré sans détour : « Moi, je ne suis pas catholique, je n’ai pas de Dieu. J’ai cherché pendant presque 50 ans l’existence de Dieu. Je ne l’ai pas trouvé ».

Manuel Valls (PS), intéressé mais…

À Michel Denisot qui lui demandait lors de l’émission « Conversation secrète » en avril 2015 s’il allait faire son signe de croix en rentrant dans la cathédrale d’Évry, Manuel Valls avait répondu : « Non. Je ne pratique pas, je suis agnostique mais ça m’intéresse ». « Qu’est ce qui vous a éloigné de la religion ? » poursuit le journaliste. « Le rite qui a fini par m’ennuyer. Et parce que ce n’était pas au cœur de ce en quoi j’avais envie de croire : l’engagement politique. »

Né dans une famille espagnole catholique d’origine catalane, baptisé, marié à l’Église (la première fois), sa sœur Giovanna avait fait au sujet de Manuel Valls cette confidence étonnante : « Il voulait réaliser quelque chose d’important… Nous allions à la messe le dimanche. Je me suis demandé si Manuel n’allait pas faire le séminaire ». Déjouant ce pronostic familial, l’ancien Premier ministre fut, de 1989 à 2005, membre du Grand Orient de France (GODF), la principale obédience maçonnique française, classée à gauche de l’échiquier politique. Il fut initié par l’un de ses anciens collègues au cabinet de Michel Rocard à Matignon dans la loge “Ni maîtres ni dieux”. Son parrain, mort en 2007, « lui voyait un brillant avenir, une candidature à l’élection présidentielle… ».

On ne quitte pas si facilement ses « frères » une fois « passé sous le bandeau ». Manuel Valls aurait démissionné de la Franc-maçonnerie pour se consacrer pleinement à ses activités politiques, mais il saura toujours bien s’entourer de « fils de la Veuve » dans chacun de ses cabinets ministériels. Ministre de l’Intérieur, il a donné des directives pour organiser une dure et par certains aspects scandaleuse répression de la Manif pour tous, en dépit du caractère foncièrement pacifique et familial de ce mouvement. Premier ministre, il a cependant montré que sa personnalité pouvait avoir une autre facette, plus touchante, notamment le jour où il a élevé Jean Vanier au rang de commandeur de l’ordre de la Légion d’honneur.

François de Rugy (Parti écologiste), aristo nantais et… athée

« Le politique n’est pas là pour mettre en œuvre une morale, mais celle-ci peut éclairer nos choix. » Ancien membre de la Commission défense à l’Assemblée, François de Rugy avait auditionné en février 2014 les aumôniers militaires en chef des armées pour recueillir leur opinion sur la dissuasion nucléaire française. Une démarche inédite dans un domaine stratégique si éloigné de leur champ de compétence directe. « L’Assemblée est moins dans le “à bas la calotte” sommaire, et c’est une bonne nouvelle », s’était félicité le député se revendiquant… « athée ». Pas sûr que le réveil intempestif de ce fervent défenseur du mariage homosexuel par des militants de la Manif pour tous, un dimanche aux aurores lui ait depuis donné envie d’aller chanter les matines…

Sylvia Pinel (Parti radical de gauche), l’initiée ?

« Le PRG est un parti laïque effectivement au sein duquel pas mal de responsables et militants sont engagés dans la franc-maçonnerie, mais pas seulement quand même. (…) Vous avez beaucoup de responsables et de parlementaires radicaux qui ne sont pas franc-maçons, il ne faut pas considérer que nous sommes une officine de la franc-maçonnerie. » Jean-Michel Baylet, l’ancien président du Parti radical de gauche (PRG), initié à la franc-maçonnerie au sein de la loge « Demain », au Grand Orient de France, par tradition familiale et politique, a vu sa protégée lui succéder en septembre. Sylvia Pinel a débuté en politique au poste de chargée de mission puis chef de cabinet de Jean-Michel Baylet, alors président du conseil général du Tarn-et-Garonne, également patron du groupe La Dépêche. Son mentor lui obtiendra une circonscription lors des législatives de 2007. Elle est nommé ministre déléguée à l’Artisanat dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, puis ministre du Logement dans celui de Manuel Valls jusqu’en février 2016. Appartient-elle aux responsables du PRG portant le tablier ? Mystère…

Jean-Luc Bennahmias (Front démocrate), le protestant-libertaire

« Moi j’assume mes deux origines, juives et culturellement protestantes » affirme l’ancien « écolo-gaucho-libertaire » dans les colonnes de Libération. Jean-Luc Bennahmias est le fils d’un pasteur de Montreuil, juif converti. Il a passé une partie de sa jeunesse aux Éclaireurs de France. Passé par le Parti socialiste unifié (PSU), manifestant avec la Ligue communiste, il participa à la fondation des Verts en 1985 avant de rallier le MoDem de François Bayrou en 2007. Il fonde le Front démocrate en juin 2014.

Benoît Hamon (PS), le catho… culturel ?

L’ancien élève des père maristes de Dakar au Sénégal ne renie rien de son héritage : « Nous avons nous des racines chrétiennes, incontestables. Moi qui suis un enfant baptisé, je sais la place de ces racines dans ma propre vie, dans ma culture. Ça ne me remplit pas pour autant, ça ne dit pas tout de moi. Au titre de ces racines-là, je veux saluer le message incroyablement positif du pape François, qui s’est tourné vers les catholiques, les non-catholiques, les citoyens européens ». Invité de l’émission politique de France 2 le 8 décembre dernier, le plus éphémère ministre de l’Éducation nationale de la Ve République a repris à son compte les propositions du Saint-Père en faveur des migrants. Il a délivré au passage une vibrante plaidoirie, défendant la fécondité de l’enracinement spirituel.

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