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Vidéo. Quand François raconte l’histoire de la femme, du taxi et du migrant qui sentait mauvais

Isabelle Cousturié - Publié le 26/10/16

"Pas d’échappatoire possible face aux personnes dans le besoin !"

« Je vous invite à ne pas tomber dans le piège du repli sur soi. C’est en nous ouvrant aux autres que notre vie devient féconde, que les sociétés retrouvent la paix et les personnes leur pleine dignité », a exhorté le pape François devant les pèlerins venus assister à la traditionnelle audience générale du mercredi. Sur la place, une foule toujours nombreuse malgré la pluie. Parmi eux, plusieurs groupes francophones provenant de nombreux diocèses de France, dont celui de Paris sous la conduite du cardinal André Vingt-Trois.

Après « Donner à manger à ceux qui ont faim » et « Donner à boire à ceux qui ont soif », les deux premières des sept œuvres de miséricorde corporelle, expliquées la semaine dernière, le Saint-Père est passé aux deux suivantes « Vêtir ceux qui sont nus » et « Accueillir les étrangers  » qui lui ont fourni une nouvelle occasion d’interpeler les consciences face à une situation – celle des migrants – que seul un esprit de solidarité, « une attitude vraiment solidaire », a-t-il dit, peut arriver à résoudre.

Il y a urgence !

L’engagement des chrétiens dans ce domaine « est urgent », a réaffirmé le Pape dans toutes les langues, dont le français, « tous nous sommes appelés à accueillir les frères et les sœurs qui fuient la guerre, la faim, la violence et des conditions de vie inhumaines », à « habiller celui qui est nu » pour qu’il retrouve sa dignité. Cette dignité que « personne n’est en droit de nous enlever, pas même le diable », avait souligné le souverain pontife, en mai dernier, dans un premier enseignement général sur la Miséricorde de Dieu.

Le Pape est revenu sur les nombreuses formes de nudité – « l’utilisation du corps humain comme marchandise, les discriminations, le manque de travail ou de logement… » – contre lesquelles le chrétien est appelé à « réagir »  non pas en cédant au « piège du repli sur soi » mais « en s’ouvrant aux autres ». La solidarité est aujourd’hui « la seule voie possible », a réaffirmé catégoriquement le Saint-Père. Car, elle seule rend « notre vie féconde », elle seule permet aux « sociétés de retrouver la paix » et aux personnes « leur pleine dignité ».

Exemples concrets

Pour étayer ses propos, François a renvoyé l’assemblée aux nombreux « exemples concrets » cités dans la Bible, dont le plus parlant pour l’imaginaire collectif est peut-être celui de la Sainte Famille, contrainte à prendre la fuite pour protéger le petit Jésus : « Joseph se leva, dans la nuit, prit l’enfant et sa mère et se réfugia en Égypte, où il resta jusqu’à la mort d’Hérode », est-il écrit dans l’évangile de Matthieu. Le phénomène des migrations « n’est pas nouveau », a beaucoup insisté le Pape, « il fait partie intégrante de l’histoire humaine », et si l’on croit qu’il s’agit d’un problème nouveau, propre à notre époque, c’est faute de « mémoire historique », a-t-il regretté.

L’anecdote du jour

Et comme souvent, le Pape a conclu en laissant pèlerins et fidèles méditer sur une de ces anecdotes dont lui seul a le secret : l’histoire d’une femme qui trouve un réfugié sur son chemin – elle est arménienne d’origine et connait les souffrances du migrant, son peuple ayant lui-même souffert la douleur de l’exode – le réfugié cherchant la place Saint-Pierre pour passer la Porte Sainte. La femme veut l’accompagner mais se rend compte qu’il est pieds nus. Alors elle appelle un taxi. Mais le chauffeur du taxi, gêné par l’odeur du migrant, est à deux doigts de refuser qu’il monte, puis, il se ravise et les prend en charge. La femme demande au réfugié de lui parler de sa vie. Arrivés à destination, la femme veut payer la course mais le chauffeur refuse. Il avait tout entendu. Il lui dit : « Non, c’est moi qui devrais vous payer, car ce que j’ai entendu a changé mon coeur ».

« Chers frères et sœurs, oui pas d’échappatoire possible face à un frère dans le besoin ! », a exhorté le Saint-Père en s’adressant aux pèlerins de langue arabe. « Ceux qui ont expérimenté dans leur vie la miséricorde du Père ne peuvent rester insensibles (…) Soyons des créatifs de la charité afin que la miséricorde devienne un chemin vraiment concret », a-t-il encouragé.

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