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A-t-on tout dit sur Jésus de Nazareth ?

Portrait de Jésus par Rembrandt © Joseph Levy
Portrait de Jésus par Rembrandt © Joseph Levy
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François Taillandier apporte sa pierre à l'édifice dans son nouvel ouvrage.

Les essais sur Jésus se succèdent, dus à des hommes de foi, différents et complémentaires : c’est un signe.

Le Jésus de Jean-Christian Petitfils (Fayard, 2011) apporte le tribut de l’historien à la lecture des Évangiles. Sous Ponce Pilate de Gabriel Robin (de Fallois, 2016) part d’une reconstitution chronologique de la vie publique pour éclairer la mission et le missionnaire. Le Jésus de François Taillandier (Perrin, 2016), qui rend hommage au Petitfils, mais ne connaît pas le Robin, s’affranchit d’emblée de toute discipline historique ou théologique. Certes il n’ignore rien de la nature scripturaire des « sources », recueils de témoignages oraux au terme d’une première génération, et de tout ce qui peut les fragiliser dans le processus de la transmission. Mais, pour lui, ce qu’il en reste, ces quatre livres que nous lisons, suffit amplement pour fonder une foi, la foi qui est la sienne. À quelques conditions près.

Sortir d’une lecture « habituée » des Évangiles

La première est de se délivrer de leur lecture « habituée » – Péguy n’a pas de mots trop durs pour flétrir l’habitude comme un des fléaux de l’âme – qui provient à peu près inévitablement hélas d’une éducation chrétienne (mais elle a d’autres mérites !). On ne fait plus attention ni à la lettre ni à l’esprit, ni aux données historiques et géopolitiques. Nous avons des oreilles, mais nous n’entendons plus. L’auteur donne l’exemple : il n’est pas helléniste, dit-il, mais il s’est mis au grec pour se familiariser avec la langue des Évangiles. C’est en effet essentiel.

Garder l’esprit libre

La seconde est de rester libre. Qui est habitué est soumis. La lecture libre met aux prises la foi et la raison, fides quaerens intellectum. Le texte est sacré, mais on peut – on doit – le lire à cette pointe de nous-mêmes où l’étonnement, le bon sens, l’esprit critique, le doute même, toutes instances filles de la raison, ont voix au chapitre. L’auteur ne s’en prive pas et ose avouer que, pour lui, la résurrection de Lazare, racontée par le seul Jean, est un épisode qui a quelque chose de suspect. Mais en même temps il montre que c’est exactement ce que veut Jésus, qui ne s’impose jamais. Ni dans ses guérisons, qu’il soumet à la foi de l’infirme, ni dans ses « miracles », qui relèvent du service ou du sauvetage. Ni même dans son identité. Moins souvent « Je suis », que « Pour vous, qui suis-je » ?

On peut douter. On peut ne pas vouloir savoir. François Taillandier fournit lui-même les innombrables objections possibles, et son texte est hérissé de points d’interrogation. Mais retournement soudain : ce sont ces objections et ces interrogations qui apportent le témoignage irrécusable : il y a deux mille ans, quelque chose s’est passé, qui a changé le monde. Quelqu’un a paru, qui a prononcé des paroles, qui ne sont pas de cette terre. Et depuis lors, rien d’équivalent à cette révélation. L’homme reste libre de croire ou de ne pas croire. Il le faut : sans cette liberté, le message perdrait tout son sens. Cette liberté, sans laquelle il n’est pas d’amour, est le cœur même de l’Incarnation.

Jésus @ Perrin
Jésus @ Perrin
Jésus @ Perrin

Jésus, par François Taillandier, Perrin, 236 pages, 17 euros.

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