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Attendons-nous assez l’Esprit Saint ?

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What is the Nature of the Holy Spirit?

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Philippe de Casabianca, responsable de la communication du diocèse d’Ajaccio, nous invite à discerner sur l’attente de l’esprit Saint.

Si la fête de la Pentecôte nous oriente vers l’Esprit Saint et son effusion en nos âmes, nous ne pouvons pas limiter notre attente à cet événement liturgique. L’Esprit Saint, Personne de la Trinité souvent la plus méconnue, doit nous guider dans le quotidien de nos jours.

« J’ai été pendant vingt ans chargé de l’œcuménisme dans le Diocèse d’Ajaccio. Et j’en ai tiré l’impression que les catholiques étaient peut-être ceux qui croyaient le moins dans l’Esprit Saint. Nous avons un gros travail à faire ». Pour l’Abbé Michel Petrolacci de Bastia, cette possible carence nous éloigne du message de l’Evangile car « attendre l’Esprit Saint peut nous aider à davantage regarder les autres d’une autre manière. La Pentecôte, c’est l’arrivée de l’Esprit Saint pour les gens de toutes races, et l’Eglise a donc vocation à s’adresser à des personnes accueillies dans leur diversité ».

Pourquoi sommes-nous paresseux ?

Mais à quoi attribuer cette forme de paresse vis-à-vis de l’Esprit Saint ? Pour l’Abbé Petrolacci, c’est que « l’Esprit Saint est la discrétion même. Un peu à l’image de Saint Joseph ou de la Vierge Marie ». Du côté de notre propre nature humaine, comme le raconte l’Abbé Chrétien Kpodzro, curé de Biguglia, « on se trouve confronté à nos propres limites. Mais celles-ci ne remettent pas en cause l’activité de l’Esprit Saint. Le problème est que la vie de l’âme s’apprend aussi à travers la vie du corps. Il nous faut donc chercher une unité de vie où l’Esprit ne soit pas séparé de notre vie quotidienne ». L’attente de l’Esprit Saint, ce serait donc tous les matins en se levant, jours fériés compris !

Et pour l’Abbé Frédéric Després, curé de Mezzavia, « il se trouve que la religion catholique est la religion de l’incarnation. La Trinité se révèle en Jésus Christ, Dieu fait homme. On projette sur Dieu le Père l’image d’un père terrestre. Mais l’Esprit Saint, comparé à un souffle, nous semble plus difficile à saisir, à imaginer ».

La Pentecôte pour se rattacher à sa mission

La fête de la Pentecôte apparaît dès lors comme une occasion de se rattacher à la mission de l’Esprit Saint. Car comme l’explique l’Abbé Chrétien Kpodzro, « à travers la Pentecôte, nous célébrons l’expérience du renouvellement de la promesse du don de Dieu. » Ainsi, pour l’Abbé Després, nous arrivons à lutter « contre notre ignorance pratique de l’Esprit Saint par une fête liturgique qui le replace dans notre vie humaine cyclique ».

Mais attention ! Car sans en réduire l’importance, la fête de la Pentecôte ne saurait monopoliser toutes nos forces en vue de l’attente de l’Esprit Saint. Il ne faudrait pas, comme le démontre l’Abbé Chrétien Kpodzro, « se contenter d’une attente passive de l’Esprit Saint. Car celui-ci est déjà à l’œuvre dans nos vies depuis notre baptême. C’est par lui que nous pouvons nous adresser à Dieu. Notre vie chrétienne est d’ailleurs une vie dans l’Esprit. Dans sa mouvance, celui-ci ne nous est alors plus étranger ni extérieur, il nous devient familier ».

Dans son attente, il faut donc envisager une double posture. Celle, active, qui ne se limite pas à la lecture du calendrier et à l’attente d’une date. Celle, peut-être plus réceptive qui se fait accueil, moins dans la quête d’une main qui voudrait agripper le fluide de l’Esprit Saint. Certes, comme l’explique l’Abbé Petrolacci, « nous ne recevons Dieu que si nous le voulons. Mais c’est dans la mesure où on se fait accueillant que l’Esprit Saint agit en nous et réduit nos faiblesses. Car il y a bien une sclérose qui arrive dans notre propre esprit comme elle arrive dans notre corps ».

Une purification pour la sainteté