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Abus sexuels : plus de 1.200 personnes accompagnées par l’Inirr depuis 2022

La présidente de l'Instance nationale indépendante pour la reconnaissance et la réparation (Inirr) Marie Derain de Vaucresson (2e à gauche), 25 mars 2025.

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La rédaction d'Aleteia - publié le 26/03/25
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L’Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr) a dressé le bilan de l'accompagnement fourni aux victimes d'abus sexuels dans l'Eglise en France. Près de 1.600 personnes l'ont saisie depuis sa création en 2022 et 1.200 ont d'ores et déjà été accompagnées.

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1.580 : c'est le nombre de personnes qui se sont tournées vers l'Inirr, l’Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation, depuis sa création en 2022. Après trois ans d'activité, 1.235 d'entre elles ont reçu un accompagnement dans le cadre d'abus sexuels commis au sein de l'Église selon le dernier bilan présenté par l'instance ce mardi 25 mars. Créée par la Conférence des évêques de France, cette instance est bâtie sur le même modèle que la Commission indépendante chargée de faire la lumière sur les abus sexuels commis dans l’Église (Ciase) depuis 1950. Elle a pour objectif de porter le devoir de justice et de réparation à l’égard de victimes de violences sexuelles dans l’Église, quand elles étaient mineures. Le rapport Sauvé estimait à 330.000 le nombre de mineurs victimes de violences sexuelles.

Sur la seule année 2024, l'Inirr a ainsi reçu 168 saisines, contre 215 en 2023 et 1.136 en 2022. Au 1er mars 2025, 350 étaient encore accompagnées. Un pic de saisines a notamment été observé alors que les affaires Bétherram et les révélations liées à la figure de l'abbé Pierre ont marqué l'actualité. Marie Derain de Vaucresson a ainsi évoqué, lors de la conférence de presse établissant ce bilan, "une reprise d'activité en février", date à laquelle "l'instance a été sollicitée par 31 personnes, alors que nous étions à une moyenne de dix personnes par mois", ce que la présidente de l'Inirr a identifié comme une "conséquence de la médiatisation des violences sexuelles dans l'Église en lien avec l'affaire Bétharram et les révélations autour de l'abbé Pierre".

66% d'hommes

Parmi les victimes, on dénombre 66% d'hommes et 34% de femmes. L'âge moyen des personnes concernées est de 61 ans. Une grande majorité a subi au moins un fait de viol (52%), et une grande partie (46%) rapporte avoir subi au moins un fait d’agressions sexuelles. Cette tendance confirme celle déjà constatée l'année précédente. Il s'agit la plupart du temps de violences étendues sur une période allant d’un à cinq ans. 52% des victimes avaient entre 11 et 15 ans au moment des faits.

L'Inirr a rendu 765 décisions en 2024. Dans 99% cas, ces décisions incluent une réparation financière et 132 ont permis d'accorder aux victimes concernées le montant maximal de réparation, qui est de 60.000 euros. Le montant moyen des réparations accordées est d'environ 36.000 euros (similaire à l'année passée), mais depuis 2022, 43% des victimes ont reçu un montant supérieur à 40.000 euros.

La mission de l'Inirr, initialement prévue pour trois ans, a été prolongée jusqu'en juin 2026. Mais la question de l'avenir de l'instance se pose déjà afin de la rendre pérenne. "La période qui s’ouvre devra participer à la construction de réponses durables et solides, notamment grâce à des travaux de recherche engagés depuis plusieurs mois", écrit ainsi Marie Derain de Vaucresson dans le rapport annuel. "C’est nécessaire pour l’Église mais bien au-delà. La société tout entière est concernée. Je porterai un bilan au printemps 2026 pour nourrir la réflexion."

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