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Lorsque nous pensons à l’activité de scribe, nous vient spontanément à l’esprit cette image du célèbre Scribe accroupi égyptien du musée du Louvre qui a rendu ce métier si connu pour l’Égypte antique. Mais qu’en est-il dans la Bible ? La langue hébraïque le nomme sôfer, le latin scriba alors que le grec a retenu le terme grammateus (qui donnera grammairiens et grammaire…) pour désigner celui qui était versé dans la Loi de Moïse. Le Livre d’Esdras l’évoque en ces termes : "(…) Esdras, monta de Babylone. Il était scribe, versé dans la loi de Moïse, celle qu’avait donnée le Seigneur, le Dieu d’Israël. Le roi lui avait donné tout ce qu’il avait demandé, car la main du Seigneur son Dieu était sur lui" (Esd 7,6). Le Livre d’Esdras nous apprend ainsi que ce scribe était un personnage très important de l’Ancien Testament puisqu’il servait le tout puissant roi de Perse Artaxerxès 1er, nommé également Assuérus, et que ce dernier lui avait octroyé tout ce qu’il avait demandé.
De manière générale, les scribes seront très tôt versés dans l’art de l’écriture, une activité essentielle notamment pour l’Égypte antique, mais aussi pour la Mésopotamie, car réservée aux élites de la société. Dans le domaine religieux, le scribe aura pour charge, notamment, d’être l’intermédiaire pour la transmission des volontés divines. Les scribes hébreux hériteront de l’Égypte quant à cette pratique, ce qui aura une nette influence sur la rédaction même de la Bible.
L’art de l’écriture et des Écritures
Le scribe dans la Bible apparaît très tôt comme ayant deux fonctions essentielles : il est le spécialiste de l’écriture, ainsi que nous venons de le souligner, à une époque où la plupart des personnes ne savaient pas écrire, mais parallèlement, il est également le maître de l’interprétation des Écritures, en l’espèce de la Loi de Moïse. Aussi, seront-ils dotés de pouvoirs importants ainsi qu’il ressort du Livre d’Esdras dans l’Ancien Testament qui précise : "Quant à toi, Esdras, selon la sagesse de ton Dieu, dont le livre est dans ta main, établis des juges et des magistrats qui exercent la justice pour tout le peuple de Transeuphratène et pour tous ceux qui connaissent les lois de ton Dieu ; et à ceux qui ne les connaissent pas, vous les ferez connaître." (Esd 7,25)
Le texte de la Bible souligne que dès le retour d’exil, les scribes acquerront un statut dépassant celui de "simple" copiste administratif, pour devenir des interprètes de la Loi et des guides spirituels de premier plan. Cette dernière fonction, plus délicate et déterminante, fera des scribes des personnes souvent présentées comme des sages, c’est-à-dire des personnes ayant la connaissance.
Un personnage important et néanmoins faillible
Dans l’Ancien Testament, le scribe n’est pas seulement un personnage érudit, il est aussi un sage et Ben Sira le Sage relèvera que : "La sagesse du scribe s’acquiert à la faveur du loisir ; pour devenir sage, il faut avoir peu d’affaires à mener." (Si 38,24). Le scribe pratique ainsi son art à part entière en méditant les Écritures et les prophéties, sans oublier la prière qui occupe également une grande partie de son temps. L’évolution du métier de scribe se caractérisera dès lors par un accroissement de son prestige et certains personnages de la Bible – comme le patriarche Hénoch, arrière-grand-père de Noé, que l’on retrouve dans les manuscrits de la mer Morte, vont même atteindre une dimension céleste.

Cependant, soulignons que si le Nouveau Testament perpétue ce prestige accordé au métier de scribe et que ces derniers formeront effectivement une corporation puissante, Jésus s’opposera parfois à eux et exhortera même à s’en méfier ; écoutons à ce sujet Jésus : "Méfiez-vous des scribes, qui tiennent à se promener en vêtements d’apparat et qui aiment les salutations sur les places publiques, les sièges d’honneur dans les synagogues, et les places d’honneur dans les dîners. Ils dévorent les biens des veuves et, pour l’apparence, ils font de longues prières : ils seront d’autant plus sévèrement jugés." (Mc 12, 38-40)
