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Le vigneron, témoin de l’alliance de Dieu avec les hommes

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Philippe-Emmanuel Krautter - publié le 08/03/25
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Le métier de vigneron occupe une place de choix dans les activités de l’homme depuis l’aube de l’humanité. En plus d’apporter douceur et joie dans une vie souvent aride, le vigneron sera rapidement évoqué comme le témoin de l’alliance de Dieu avec les hommes…

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Rappelons d’emblée que Noé au Livre de la Genèse est considéré après le Déluge comme le tout premier vigneron, l’Ancien Testament précisant : "Noé, homme de la terre, fut le premier à planter la vigne" (Gn 9,20). Dès l’Ancien Testament, le vigneron participe de manière active à ce travail spécifique de la terre qui, au terme et après bien des peines, aboutira à la vinification des raisins et au partage du généreux nectar. C’est ainsi à la joie et à la convivialité qu’encourage le vin dès les premiers temps de la Bible.

Dans ce contexte de paix et de partage, ce même chapitre du texte biblique souligne également l’alliance entre Dieu et les hommes : "Je me souviendrai de mon alliance qui est entre moi et vous, et tous les êtres vivants : les eaux ne se changeront plus en déluge pour détruire tout être de chair" (Gn 9,15). Le fruit de la vigne s’inscrit ainsi dans le cadre de cette alliance conclue entre Dieu et les hommes, un symbole fort qui sera repris et magnifié par Jésus lors de la Cène et sur la Croix.

Heurs et malheurs du vigneron

Mais le métier de vigneron peut aussi se trouver semé d'embûches, la Bible y fait référence de manière également symbolique avec Isaïe rapportant cette histoire du vigneron qui avait pourtant donné tout son cœur pour planter une belle vigne. Rien n’avait été épargné pour que la récolte soit abondante, retirant les nombreuses pierres de la terre afin qu’elle croisse en abondance, édifiant une tour de garde ainsi qu’un beau pressoir. Comme le rapporte le Prophète : "Pouvais-je faire pour ma vigne plus que je n’ai fait ? J’attendais de beaux raisins, pourquoi en a-t-elle donné de mauvais ?" (Is 5,4). Cette parabole s’impose au peuple d’Israël, souligne Isaïe, peuple qui n’a pas su produire le fruit espéré par Dieu : "La vigne du Seigneur de l’univers, c’est la maison d’Israël. Le plant qu’il chérissait, ce sont les hommes de Juda. Il en attendait le droit, et voici le crime ; il en attendait la justice, et voici les cris" (Is 5,7).

De même, les Saintes Écritures avertissent-elles des abus que le vin peut aussi engendrer comme le rappelle au Livre de La Genèse le triste et fameux épisode de Noé ivre (Gn 9,21).

Dieu vigneron

Soulignons, enfin, que la symbolique du métier de vigneron trouve son plein accomplissement au Nouveau Testament, dans les mots mêmes prononcés par Jésus dans l’évangile de saint Jean : "Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron" (Jn 15,1).

Quelle plus belle affirmation pouvons-nous en effet entendre et méditer que celle associant le Père et le Fils dans ce qui deviendra essentiel au christianisme, à savoir l’Eucharistie ? Le père Raniero Cantalamessa, prédicateur de la Maison pontificale, dans son homélie du 14 mai 2006 revint sur ce riche passage en rappelant combien l’enseignement porté par Jésus à la foule portait sur des éléments qui leur étaient familiers. Le théologien souligna à cette occasion l’importance de la distinction rappelée par Jésus entre le sarment sec qui ne porte pas de fruits et que l’on doit donc couper et celui qui pourra encore fructifier en abondance.

Weinbau_-_Psalter_1180
Psautier datant de 1180.

Mais, cette fructification abondante ne signifie nullement pour autant multiplication et dispersion ; ainsi, insiste également le prédicateur : "Celui qui, dans la vie veut faire trop de choses, ou cultive un nombre infini d’intérêts et de "hobbies", se disperse ; il n’excellera en rien. Il faut avoir le courage de faire des choix, laisser tomber certains intérêts secondaires pour se concentrer sur quelques intérêts fondamentaux. Élaguer !". Mais, couper, émonder, retrancher ne signifie pas pour autant perdre, ce à quoi nous renoncerons pourra aussi contribuer parfois à l’essentiel ; bien des nuances, donc, qui méritent assurément d’être méditées…

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