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Attention, un concile de Nicée peut en cacher un autre !

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Valdemar de Vaux - publié le 24/02/25
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L’année 2025 est, pour les chrétiens, celle des 1.700 ans du concile de Nicée qui veut répondre à l’hérésie arienne. Mais un deuxième concile eut lieu dans la ville byzantine. En 787, c’est à l’iconoclasme que les pères conciliaires veulent répondre. Explications.

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L’année 2025 marque les 1 700 ans du concile de Nicée. Certes, en 325, dans la ville byzantine, les pères conciliaires se réunissent à l’appel de l’empereur Constantin, premier du nom et premier chrétien. Il s’agit d’empêcher que l’empire, déjà affaibli par les usurpations et la difficile gestion des frontières de la région du Danube, se divise autour d’une question purement théologique : la divinité du Fils, remise en cause par le presbytre Arius et ses affidés. Le concile de Nicée, donc. Dont on ne devrait parler qu’en disant "Nicée I", parce que la cité fut le cadre d’un deuxième concile, en 787, pour résoudre la crise iconoclaste, "Nicée II".

Ce septième concile œcuménique, dernier reconnu à la fois par l’Église latine et par l’Église grecque, fut convoqué par l’impératrice Irène, elle aussi soucieuse de la paix de son empire. Mais l’enjeu des discussions est bien christologique : accepter ou non la possibilité de représenter le Verbe de Dieu dépend de la foi en sa divinité et en son incarnation. Nicée II se situe ainsi dans la lignée des conciles précédents. Deux traditions anciennes s’opposent sur les images, les uns reprenant l’interdit biblique, les autres avançant la nouveauté de la venue sur terre du Sauveur pour justifier de vénérer des images saintes.

Accéder à l’invisible par le visible

Mais les débuts du VIIIe siècle voient se réveiller de forts mouvements iconoclastes, notamment sous l’influence de l’Islam qui proscrit toute image. Empereurs et patriarches de Constantinople se font la guerre, l’un est iconoclaste et l’autre iconodule, quand ce n’est pas l’inverse. En 726, l’empereur Léon III fait ainsi détruire une mosaïque du Christ qui orne son palais pour la remplacer par une simple croix. Le patriarche Germain est démis de ses fonctions par le même empereur parce qu’il a rappelé dans des lettres qu’il ne faut pas choquer les fidèles en dénonçant soudainement une pratique admise depuis longtemps. Cela n’empêche pas plusieurs évêques d’Asie Mineure d’être de grands iconoclastes.

Les travaux du concile de Nicée II s’appuient sur les écrits du théologien Jean Damascène (675-749), aujourd’hui enterré dans un monastère non loin de Bethléem. Après avoir défini la notion d’image à partir du Fils, "parfaite image du Père" selon saint Paul, le Syrien d’origine voit dans les représentations de Jésus, de Marie et des saints des reflets du modèle qu’ils figurent, le visible donnant accès à l’invisible comme le Verbe en sa chair donne accès au Père. Puisqu’elle conduit à la connaissance et à l’amour de ce qu’elle représente, l’image peut être objet de vénération qui ne doit jamais devenir une idolâtrie, fermement condamnée par la tradition biblique.

Les images remises en avant à Trente

Lors de leurs discussions à Nicée, les pères – parmi lesquels des légats du pape Hadrien – décident de conserver "inchangées toutes les traditions de l’Église" et font profession de suivre les six précédents conciles en même temps qu’ils confessent le symbole de Nicée-Constantinople. "L’honneur rendu à l’image s’en va au modèle original et celui qui vénère l’image vénère en elle la personne de celui qu’elle représente" affirment-ils, même si la réception du concile fut dans les faits longue et fastidieuse. Face aux attaques, bien plus tard, de représentants de la Réforme (Wyclif, Hus, Calvin), le concile de Trente rappellera les définitions du concile de Nicée, deuxième du nom.

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