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Nicée par-ci, Nicée par-là. En 2025, le Jubilé de l’incarnation est accompagné d’une autre célébration : les 1.700 ans du concile de Nicée, qui réaffirma la divinité du Fils de Dieu contre les hérésies ariennes, et proclama un symbole de foi encore récité dans la liturgie. Mais qu’y a-t-il derrière ce “Nicée” ? La ville grecque, le mot vient de “victoire” dans la langue hellène, est en Turquie aujourd’hui, et s’appelle Iznik. Elle est construite sur la rive orientale d’un lac qui porte son nom, à environ cent kilomètres d’Istanbul au sud-est, de l’autre côté de la mer de Marmara.
La ville est moderne, mais subsistent de nombreux vestiges archéologiques de l’antiquité, témoignages du passé glorieux et tumultueux de la cité. Sa création reste mystérieuse, mais il semble que la première certitude vienne du IVe siècle avant Jésus-Christ quand Lysimaque, l’un des diadoques d’Alexandre le Grand, prend la cité à un de ses adversaires et la renomme Nicée. Sous l’empire romain, à partir de 72 avant J.-C., la ville fait partie de la Bithynie. Elle vit sûrement passer Pline le Jeune, légat de Trajan dans cette province entre 111 et 113, lequel mentionne dans une lettre à l’empereur la présence de chrétiens, signe d’une région qui connut le Christ tôt.
L’Empire de Nicée
Ville proche de Constantinople, centre administratif prospère, Nicée est choisie par Constantin pour accueillir les pères conciliaires en 325 afin de statuer sur la question arienne. Quatre-cents-ans plus tard, en 787, l’impératrice Irène convoque sur les bords du lac un autre concile, “Nicée II”, pour résoudre la crise iconoclaste. Pourtant, la ville de l’empire byzantin connaît assez vite une histoire compliquée, faite de rébellions puis d’attaques des Turcs seldjoukides dans les mains desquels elle tombe en 1081. Reprise, elle connaîtra une ultime gloire grecque après le siège de Constantinople de 1204.
Alors que les Latins détournent la quatrième croisade pour s’emparer de la capitale impériale, un État grec voit le jour. Connu sous l’appellation d’Empire de Nicée puisqu’on y fixe la capitale, large bande de terre de la mer Noire à la mer Ionienne. Mais, dès la reprise de Constantinople en 1261, Nicée décline jusqu’à subir un siège de trois ans et tomber aux mains des Ottomans en 1331.
De nouvelles découvertes archéologiques

Murailles sur plus de trois kilomètres, épaisses de cinq mètres et hautes de dix, portes monumentales, restes de colonnes antiques et ruines d’édifices du IVe siècle, temples, églises, synagogues, thermes… l’archéologie est prolifique à Iznik aujourd’hui. Jusqu’à la guerre entre Turcs et Grecs en 1922, on pouvait même admirer une belle église de la Dormition. Quant à la Sainte-Sophie qui accueillit les débats de Nicée II, elle est redevenue une mosquée en 2011 comme sa grande sœur d’Istanbul quelques années après. La plus impressionnante des découvertes patrimoniales date de 2014. En survolant le lac d’Iznik, les passagers d’un hélicoptère discernent dans les eaux les restes d’un édifice. Il s’agit d’une basilique byzantine, Saint-Neophytos, a priori construite au IVe siècle. Elle se trouve sous 2 mètres d’eau, à 20 mètres de la côte !