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Les films recommandés par le Vatican : “Mission”

Jeremy Irons dans le film "Mission", 1986

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Florent Cardon - publié le 16/02/25
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En 1995, le Vatican recommande 45 longs-métrages qu’il qualifie d’importants. Aujourd’hui, Aleteia vous parle de l’un d’entre eux, "Mission", une immersion au cœur d’un groupe de jésuites, annonçant l’Évangile dans l’Amérique du Sud du XVIIIe siècle.

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En 1986, lors de l’annonce du palmarès du 39e Festival de Cannes, une surprenante tendance semble se dessiner, comme si Dieu revenait au centre des festivités. Le prix du Jury est attribué à Thérèse d’Alain Cavalier, un film retraçant deux épisodes de la vie de sainte Thérèse de Lisieux. Le Grand Prix du Festival est décerné au long-métrage Le Sacrifice d’Andreï Tarkovski, véritable ode à la prière. Et la Palme d’Or, la récompense mythique du monde du septième art, revient cette année-là à Mission de Roland Joffé. Le récit de ce film se déroule en 1750, lorsqu’un jésuite, le père Gabriel (Jérémy Irons), part à la rencontre de la tribu reculée des Guaranis en Amérique du Sud et se donne pour objectif, avec sa communauté, de leur faire connaître l'Évangile. À cette mission à échelle humaine se mêleront des questionnements politiques et des jeux d’influences, qui bousculeront les jésuites dans leur parcours.

"Le sang et l’eau"

Le long-métrage s’ouvre par un martyre : celui d’un frère jésuite, attaché à une croix, couronné d’épines, inexorablement emporté par le fleuve. Le Christ, protagoniste principal, se fait présent dès la séquence d’ouverture, s’incarnant dans cet homme donnant sa vie pour l’annonce de l’Évangile. Jésus marquera également l’une des séquences finales par sa sainte présence dans l’Eucharistie. Il est le début et la fin du long-métrage, et il l’englobe par cette idée de don total, dont il est la parfaite incarnation.

Cette dimension christique fait de "Mission" une œuvre singulière dans le patrimoine cinématographique mondial, une œuvre qui se distingue également par la richesse de l’écriture de ses personnages. Tout au long du récit, nous sommes édifiés par la figure du père Gabriel qui tient bon face aux tempêtes. En plus d’être le supérieur de cette communauté, il est celui qui met en garde, celui qui remet l’âme au centre et l’amour de Dieu comme seule raison de leur mission et de leur vie. C’est par son intermédiaire qu’une main sera tendue au torturé Rodrigo Mendoza (Robert de Niro), rongé par la culpabilité de ses crimes, qui finira par rejoindre les jésuites, renouvelé par la miséricorde de Dieu. Le long-métrage, en plus d’être englobé par la figure du Christ, s’inscrit dans des décors naturels époustouflants et s’accompagne de la magistrale musique d’Ennio Morricone, qui signe ici l’une de ses plus grandes compositions. Ces deux dimensions incarnent parfaitement la dualité entre la beauté de la nature et son inhospitalité, à l’image de la mission des jésuites auprès des Guaranis. L’annonce de l’Évangile se confronte à la difficulté d’accès à cette tribu sous de nombreux aspects. Celui de l’accès au dialogue et à la communication : la musique fonctionnera alors comme premier lieu de contact. Celui de l’accès à la forêt dans laquelle vit cette tribu, constituant un parcours dangereux, mêlant escalade périlleuse et trajets en barque. Ce chemin est celui du détachement, de l’abandon du superflu, et plus encore, celui de la rédemption pour le personnage de Rodrigo Mendoza, qui laissera derrière lui ses fardeaux.

"S’il me manque l’amour, je ne suis rien"

Lorsque l’hymne à la charité résonne au milieu du long-métrage, nous ne pouvons pas ne pas penser à l’instant où cet extrait de la première lettre de Saint Paul aux Corinthiens a résonné dans le Palais des Festivals de Cannes, et peut-être ainsi dans certains cœurs. Cette parole s’établit comme sommet du récit et comme mise en garde sur ce qui va advenir. En effet, à cette période, l’Espagne et le Portugal continuent d’étendre leur territoire sur le continent sud-américain, toujours plus avides de possessions terrestres et considérant les autochtones qu’ils délogent comme des humains inférieurs. Face à la pression de ces empires de confession catholique, le cardinal Altamirano, en visite apostolique, annonce la sentence : les jésuites doivent quitter le village, sous peine d'être chassés par la force avec le reste des Guaranis. Le cas de conscience qui se pose à cette communauté, entre résistance et acceptation, est l'un des aspects passionnants du récit. Résister est un combat qui semble perdu d’avance, mais que nous dit notre âme ? Le père Gabriel choisira le Christ, celui qu’il a annoncé toute sa vie, pour le servir jusqu’au bout. Dieu est celui qui tient bon face au monde qui chancelle. À l’officier qui lui dit “Le monde est ainsi”, le cardinal Altamirano répond : “Non, le monde est ce que nous en faisons”.

Découvrir ou redécouvrir "Mission", c’est se plonger dans une grande œuvre de cinéma qui inscrit l’amour comme phare au milieu des épreuves, la croix du Christ face aux tribulations de ce monde. C’est aussi découvrir le destin de ces jésuites, et à travers eux, celui de centaines d’hommes qui, durant plusieurs siècles, ont annoncé l’Évangile au-delà des épreuves.

Pratique

"Mission",1986
Réalisé par Roland Joffé, avec Robert de Niro et Jeremy Irons.
2h06
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