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Veuf, veuve : comment continuer à vivre sans l’autre ?

VEUF PLEURANT

© Shutterstock

Edifa - Publié le 09/10/19

« Un seul être nous manque et tout est dépeuplé ». Lorsqu’un être cher nous quitte, une grande tristesse nous envahit. Et lorsque cet être est notre conjoint, notre monde s’écroule. La vie nous paraît inutile. Comment faire le deuil de son conjoint et continuer à vivre sans elle ou sans lui ?

Vous ne parvenez pas à faire le deuil de celui ou celle que vous avez perdu ? Ce n’est pas étonnant. Il faut souvent des mois pour réaliser pleinement que l’autre ne reviendra plus. Les semaines qui suivent une disparition sont dures à vivre, c’est une période où on est assez entouré, mais où on se refuse à admettre la réalité : « Non, il ne m’a pas quittée… » Mais un jour vient, où il faut bien se mettre face à cette cruelle réalité : « Il ne sera plus sur terre et je dois assumer une solitude terrible, à un moment où mes parents et mes amis ne se sentent plus obligés de me soutenir ». Rien d’étonnant alors qu’il y ait, lors de cette prise de conscience de l’irréversibilité du drame, une souffrance proche du désespoir : « Je n’arriverai pas à m’en remettre ».

Le pouvoir des larmes

Osez crier votre peine ! À ceux qui sont capables de l’entendre, mais aussi à Dieu. Faites comme le psalmiste qui n’hésite pas à crier sa révolte au Tout-Puissant (Psaumes 6, 13, 22…). Il importe d’analyser et d’exprimer ses émotions et ses sentiments négatifs étouffants. De dire haut et fort son angoisse devant l’avenir, cette impression d’être amputé d’une moitié de soi-même, ce sentiment d’abandon, la culpabilité inévitable face à ce qu’on n’a pas fait et que — pense-t-on après coup — on aurait dû faire, ce vide terrible de l’absence ressentie, surtout le soir.




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Donnez-vous le droit de pleurer non seulement dans la solitude, mais auprès de ceux qui savent que de telles larmes sont des diamants… « On ne voit bien qu’avec des yeux qui ont pleuré. » Il est possible alors d’entamer cet indispensable processus de deuil, car faire un deuil, ce n’est pas oublier, c’est changer sa forme d’attachement au défunt.

Il reste que la solitude est là. Le manque d’une présence physique est immense. L’affection des siens ne vient pas combler ce vide, mais il est possible que des personnes étrangères, ayant connu une souffrance similaire, puissent apporter un réconfort. D’où l’intérêt pour une veuve ou un veuf de ne pas hésiter à frapper à la porte d’une association qui peut leur venir en aide. Beaucoup ne veulent pas franchir le pas, craignant de s’enfermer dans un ghetto de souffrances, au moment où ils acceptent difficilement le fait d’être veuf ou veuve. Ils se verrouillent alors dans cette solitude qu’ils voudraient fuir.

Un vide fécond

À cela s’ajoute un sentiment d’inutilité. Pourtant, là encore, ce temps de veuvage peut être d’une rare fécondité. D’abord dans la mesure où vous êtes invité à retrouver ce que vous avez pu aimer chez l’autre. Les qualités et talents que ce dernier possédait peuvent maintenant devenir les vôtres. Il y a un héritage spirituel que vous êtes appelé à transmettre à vos enfants, petits-enfants et à votre entourage.


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Certains poursuivent l’activité sociale ou caritative de leur conjoint défunt. Il y a aussi une fécondité possible par la prière, d’abord en portant son mari ou sa femme dans sa marche vers la Lumière, ensuite en joignant sa propre passion au sacrifice du Christ à la messe. Certains font un tel chemin spirituel qu’ils finissent par se consacrer à Dieu, comme un ou une religieuse, dans un mouvement.

Un grand amour que la mort vient briser n’a de sens qu’avec la grâce de Dieu. Et dans ce cas, la paix peut revenir, la joie aussi (et sans culpabilité !) : n’est-ce pas d’ailleurs le désir de celui qui est dans la joie de l’Au-delà ?

Père Denis Sonet

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