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Non, la vie n’est pas toujours plus belle chez les autres

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Claire de Campeau - publié le 05/04/25
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Si regarder la vie des autres peut être inspirant, pourquoi est-il préférable de ne pas l’idéaliser ?

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Bien que le Catéchisme de l'Église catholique ne parle pas directement de l’idéalisation de la vie des autres, il met en garde contre la convoitise et l'insatisfaction qui en découlent. Cette tendance à se montrer sous ses plus beaux aspects en société entraîne fréquemment une idéalisation – à tort – de la vie des autres. Celle-ci, loin d’élever, enferme dans une comparaison qui détourne de sa propre vocation. L’envie et l’idéalisation sont des pièges redoutables. Lorsque nous nous comparons sans cesse, nous risquons de tomber dans l’ingratitude et la tristesse. Saint François de Sales disait que l'envie est l'un des péchés les plus inutiles, car il n'apporte rien de bon et fait seulement souffrir inutilement. Le livre des Proverbes met d’ailleurs en garde : "Un cœur paisible est vie pour le corps ; la passion est un cancer pour les os." (Pr 14,30).

La pelouse apparemment si verte du voisin fait pâlir celles d’à-côté : "J'ai souvent regardé avec envie les couples qui affichaient en public leur amour en se tenant par la main ou par la taille, confesse Constance. J'avais l'impression qu'ils étaient plus solides que le mien, mon mari étant extrêmement pudique en société." L’envie crée un manque et une frustration, sur une méconnaissance : et si ce couple qui se tient par la main s’était violemment disputé juste avant d’arriver ? Solenne a elle aussi souffert de ce regard biaisé : "J’ai longtemps idéalisé la vie des autres : leur couple, leur apparent équilibre dans la gestion du quotidien ou encore leurs enfants très scolaires." La comparaison excessive peut entraîner un mécontentement chronique, une ingratitude envers ses propres dons et une perte de confiance en la Providence. Solenne l’admet : "Cela a généré en moi du stress et de la jalousie, je ne voyais que leur bonheur apparent".

Chacun ses croix, chacun son chemin  

Idéaliser la vie des autres revient à bâtir un mirage : le désir est projeté sur des réalités que nous ne connaissons pas pleinement. C’est oublier que chaque vie a ses épreuves cachées et que personne n’échappe aux souffrances. Constance raconte quel regard illusoire elle a longtemps porté sur une amie : "Je l’admirais, elle incarnait la féminité, toujours apprêtée, recevant à dîner avec des tables magnifiques, une femme au verbe haut, attirant l'attention et les regards. Le couple qu'elle formait avec son mari était beau. Chaque fois que j'allais chez elle, je repartais avec des complexes, me sentant tout le contraire de ce que je voyais chez elle. Chaque fois que je recevais, je me mettais la pression pour lui ressembler."

Ensuite est venue la prise conscience que ce qui paraît si parfait chez les autres peut cacher de lourdes croix : "Derrière cette perfection et ces sourires, il y avait finalement un désastre familial, poursuit-elle. Son couple a explosé en plein vol et violemment. Derrière l'apparence d'un couple parfait, ils luttaient pour essayer de sauver la face." Depuis, Constance trouve des subterfuges pour éviter d’idéaliser la vie de ses proches : "J’imagine leurs enfants un peu moins bien peignés, les cris qu'il a fallu pour réunir la marmaille sur la photo, la course pour tout si bien ranger avant la venue des invités…"

Entrer dans la gratitude et le détachement 

Regardons les figures saintes : elles ne furent pas exemptes de difficultés. Sainte Thérèse de Lisieux, malgré son amour profond pour Dieu, a traversé des périodes d’obscurité spirituelle. Saint François d’Assise, malgré sa joie rayonnante, a connu le rejet et la pauvreté extrême. Leur sainteté ne venait pas d’une vie "parfaite", mais d’un abandon total à Dieu dans leur réalité quotidienne. Ainsi, au lieu de désirer la vie des autres, le chrétien est appelé à voir la beauté et la mission unique que Dieu lui a confiée, à placer sa confiance en Dieu pour son propre chemin. Depuis qu’elle a pris conscience de cela, Constance porte un regard plus doux sur elle-même : "J'apprécie mieux ma propre valeur, acceptant mieux mes faiblesses pour pouvoir me concentrer sur mes forces. Accepter que tout ne soit pas parfait pour pouvoir mieux apprécier ce que je fais de bien. Je me sens plus forte, plus sûre de moi, plus objective sur qui je suis."

"C’est le propre de l’être humain de se comparer, ajoute Solenne. Une fois qu’on a compris que ce qui compte, c’est son bien-être personnel et celui de sa propre famille, on a tout compris". Ainsi, plutôt que d’idéaliser la vie d’autrui, tentons de sanctifier la nôtre, en accueillant avec confiance le plan que Dieu a pour chacun ?

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