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Il y a 20 ans, le 2 avril 2005 à 21h37, le rappel à Dieu de Jean Paul II

Le pape Jean Paul II lors de sa bénédiction Urbi et Orbi le jour de Pâques, le 27 mars 2005.

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Agnès Pinard Legry - publié le 01/04/25
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Il y a vingt ans, le 2 avril 2005, Jean Paul II s’éteint, entouré des prières de millions de fidèles à travers le monde. Pape charismatique, artisan de la chute du communisme et fervent défenseur de la jeunesse, il a parcouru le monde afin de porter un message d’espérance. Vingt ans après son dernier souffle, l’élan qu’il a insufflé à l’Église et aux fidèles se perpétue encore dans les JMJ, les vocations qu’il a éveillées et la foi qu’il a ravivée.

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Il est 21h37 en ce samedi 2 avril 2005. Place Saint-Pierre, à Rome, plus de 60.000 fidèles sont réunis depuis déjà plusieurs heures afin de veiller et prier pour leur pape mourant, Jean Paul II. C’est au son de leurs chants et de leur prière, amplifiés par des haut-parleurs, que le Pape s’éteint dans un dernier souffle serein. "Cette prière lui est offerte alors qu'il commence son dernier voyage", avait expliqué le cardinal américain d'origine polonaise Edmund Szoka, gouverneur de l'État de la cité du Vatican, en commençant cette ultime veillée de prière.

Un peu plus tôt dans la matinée, quelques proches s’étaient déjà rendus à son chevet pour un dernier échange, un dernier partage. "Il sait qu’il va rejoindre le Seigneur", confie le cardinal Joseph Ratzinger samedi matin à l’issue de sa dernière rencontre avec Jean Paul II. "J'ai été saisi par la beauté de son regard souriant (...) Il ne montrait aucun signe de souffrance, même si sa respiration était difficile", raconte de son côté le cardinal italien Mario Francesco Pompedda, autorisé à le voir vendredi vers midi.

Le glas de Notre-Dame de Paris pour Jean Paul II

Le pape Jean Paul II, 84 ans, était entré en agonie jeudi soir. Une infection provoquée par sa déshydratation a déclenché une septicémie et il a eu un arrêt cardiaque. Sa santé a ensuite rapidement décliné et il a commencé à perdre conscience samedi matin. Mais jusqu'au bout, le Pape réagissait lorsque ses proches s'adressent à lui, a assuré son porte-parole Joaquin Navarro-Valls après sa mort. C’est installé dans un grand lit blanc placé au centre de sa chambre et orienté vers la place Saint-Pierre où des milliers de fidèles ont tous les jours prié pour lui que Jean Paul II a attendu sa rencontre avec le Seigneur, refusant catégoriquement l’hospitalisation lorsque son état de santé s’était brusquement dégradé jeudi. Il avait exigé de rester dans ses appartements pour mourir au Vatican et non dans une chambre d'hôpital, bardé d'appareils et de tubes.

En France, à Paris, appelés par le rythme lancinant du bourdon de Notre-Dame de Paris et des 84 coups sonnés, marquant les années de vie de Jean Paul II, des milliers de personnes, fidèles, touristes ou simples curieux, se rassemblent samedi soir dans la cathédrale pour se recueillir à la mémoire du souverain pontife. À l'entrée du monument, une affichette annonce simplement : "Le Saint Père est mort ce soir à 21h37. Toute la nuit, la cathédrale sera ouverte pour une veillée de prières". Sur le parvis la foule, essentiellement composée de promeneurs étonnés, écoute le glas. À l’intérieur de la cathédrale, des fidèles recueillis et des touristes armés de caméscopes se croisent en silence, entrent et sortent de Notre-Dame, transformée en une véritable ruche avec quelque 6.000 personnes.

Deuil national dans plusieurs pays

Partout dans le monde, des millions de fidèles affluent dans les églises, les chapelles et sur les places en mémoire de Jean Paul II. Les hommages officiels se succèdent de chefs d’États, autorités religieuses et célébrités. À la télévision les images de ces foules innombrables pleurant le Pape bouleversent et interpellent. Un deuil national d'un ou plusieurs jours est décrété après la mort de Jean Paul II dans de nombreux pays européens et latino-américains peuplés majoritairement de catholiques. Plus surprenant, l'Inde, l'Égypte et Cuba, État communiste, font de même. En Pologne, patrie du pape défunt, le deuil, proclamé dès samedi soir, durera jusqu'aux funérailles, prévues d'ici la fin de cette semaine. Aux Philippines également - le pays d'Asie comptant le plus grand nombre de catholiques - le deuil décrété lundi se poursuivra jusqu'aux obsèques.

Chef de l’Église catholique, Jean Paul II a aussi joué un rôle clé dans la chute de l’Union soviétique. Pour Bernard Lecomte, son biographe, auteur du livre Le pape qui a vaincu le communisme, Jean Paul II a tenu d’emblée et dès son premier jour de pontificat un discours bien étrange pour l’époque. "Venu de l’Est, il dit, lui, que le communisme n’est qu’une parenthèse de l’Histoire, et qu’il importe de ne pas se laisser entraîner par sa logique, sauf à être bientôt dominé par les régimes qui s’en prévalent", explique-t-il à Aleteia. "Il fallait à la fois un pasteur, un intellectuel et un militant, aussi fin connaisseur de la théorie marxiste que de la réalité communiste, pour peser avec autant de force, en toute conscience, sur le cours de l’affrontement Est-Ouest."

Je vous ai cherchés. Maintenant, vous êtes venus à moi. Et je vous en remercie.

Une de ses dernières joies terrestres a été l'annonce de la présence vendredi soir de milliers de jeunes sur la place et c'est à eux qu'il a adressé ses dernières paroles : "Je vous ai cherchés. Maintenant, vous êtes venus à moi. Et je vous en remercie". Cette jeunesse, Jean Paul II en a fait un axe fort de son pontificat. "Je veux m’adresser aux jeunes, vous êtes l’avenir du monde, l’espérance de l’Église, vous êtes mon espérance", avait lancé avec force Karol Wojtyla, jeune et charismatique archevêque de Cracovie tout juste élu pape, en 1978 lors de son premier Angélus. Cet appel, Jean Paul II le poursuivra en initiant les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) en 1984. Un rassemblement dont la popularité, vingt ans après sa mort, ne faiblit pas. "Jean Paul II a suivi personnellement tout ce projet, y compris dans ses détails et ses symboles, comme celui de confier aux jeunes la croix des JMJ, afin de l’amener partout dans le monde. Cette démarche s’est concrétisée jusque dans des lieux impensables, y compris quand la croix a été portée clandestinement au-delà du Rideau de fer, dans des pays communistes", se souvient le laïc italien Marcello Bedeschi, qui fit partie du comité de quatre personnes chargées d’organiser ce premier rassemblement.

JMJ 1997
Les JMJ de Paris, été 1997.

Mais les jeunes ne sont pas les seuls dont Jean Paul II a le souci. Les couples, fondement essentiel des familles, occupent une place toute particulière dans la pastorale de Jean Paul II. De septembre 1979 à novembre 1984, le pape polonais a donné près de 130 conférences sur la sexualité et le mariage lors de ses audiences du mercredi matin place Saint-Pierre. Cet enseignement, connu sous le nom de "théologie du corps", est colossal.

Les jeunes, les couples, les familles, les malades, les persécutés… Jean Paul II a été ce pape qui a interpellé autant qu’il a accompagné, qui a secoué comme il a consolé mais, surtout, qui a rayonné du message du Christ. Pendant 27 ans sur le trône de Saint-Pierre, il a visité 130 pays, n'hésitant pas à se rendre aux périphéries. De la banlieue de Calcutta en Inde, où il rencontrera Mère Teresa, à la pelouse du Champ de Mars à Paris lors des Journées Mondiales de la Jeunesse de 1997, Jean Paul II a incarné jusqu’au bout les mots prononcés au début de son pontificat : "N’ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ !" Des mots qui, bien au-delà de son pontificat, continuent d’habiter les cœurs et d’appeler chacun à avancer sans crainte, le regard tourné vers l’Espérance.

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