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Qu’est-ce qu’un canon ?

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Morgane Afif - publié le 11/03/24

Pourquoi parle-t-on de canon de la messe, ou encore de canonisation ? D'où vient la notion de "droit canonique" ? Pourquoi appelle-t-on l'ensemble des lois ecclésiastiques concernant la foi ou la discipline religieuse le canon de l'Église ?

Pour comprendre ce qu’est un canon, il faut étudier l’héritage que nous a légué la Grèce antique. Le mot canon vient en effet du grec κάννα [kánna], issu lui-même de l’hébreu קנה [qāné], c’est-à-dire “tige” ou “roseau”. C’est de là que vient le mot κανών [kânôn], qui a donné le français “canon”. Pris ainsi, le canon se réfère à la règle, puisque la canne, ou le roseau, était in extenso l’instrument qui servait à mesurer. Le canon devient ainsi, selon la définition qu’en donne l’Église dans son glossaire, l’ “ensemble des lois ecclésiastiques concernant la foi ou la discipline religieuse. Ces textes juridiques font obligation aux chrétiens d’adhérer, dans la foi, aux vérités proposées par le Magistère de l’Église”.

Le droit canonique désigne quant à la lui l’ensemble des ordonnances définies par l’Église et qui en font la loi ecclésiastique interne à son fonctionnement. Comme le droit pénal, le droit canon (ou canonique), édité sous forme de recueil est légiféré et soumis à l’autorité d’un tribunal, ici, ecclésiastique.

Une dimension normative

C’est aussi dans sa dimension normative que le canon est appliqué à d’autres domaines dont il constitue l’archétype ou la règle, plus ou moins flexible, définie par un ensemble de critères. On parle ainsi de canon de beauté, de canon à trois voix en musique, de canon de la messe, de canon des écritures, de canon esthétique ou encore de canon de la statuaire grecque. Sans bouder Polyclète et son Doryphore, à qui l’on doit le canon des proportions de la sculpture antique, ni la fugue mélodieuse du Canon de la paix, tenons-nous en ici au champ religieux. Le canon de la messe désigne ainsi sa partie centrale, c’est-à-dire la prière eucharistique, de la Préface au Per ipsum et désigne alors la règle de structure qui impose une certaine forme – et une forme certaine – à la célébration eucharistique. C’est de ce canon que viennent par métonymie les “canons d’autel”, cartons rigides que le prêtre dispose sur l’autel et sur lesquels sont inscrites les formules de la consécration ainsi que certaines prières liturgiques. Dans certaines Églises d’Orient, le canon désigne cette fois une hymne composée de neuf chants inspirés par des cantiques bibliques, tirés pour la plupart de l’Ancien Testament.

Dans l’Église catholique, le canon des écritures désigne quant à lui l’ensemble des livres bibliques. Il devient, par analogie, le canon des saints qui désigne la liste des bienheureux et des saints de l’Église. C’est d’ailleurs de là que vient le verbe “canoniser” et son substantif “canonisation”, du nom de cette déclaration solennelle que profère un Pape lorsqu’il inscrit quelqu’un au catalogue des saints pour autoriser son culte public. Du canon vient encore le canon pascal, qui annonce la date de Pâques et celle des fêtes mobiles qui en dépendent.

Tags:
Béatification et canonisationDroit canonÉgliseJustice
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