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La haute couture et Dieu, les deux piliers de la vie d’Hubert de Givenchy

HUBERT-DE-GIVENCHY

RAFA RIVAS / AFP

Hubert de Givenchy en juin 2001, en Espagne.

Raphaëlle Coquebert - publié le 11/03/24

Parangon de l’élégance française comptant parmi les grands noms de la haute-couture, Hubert de Givenchy (1927-2018) eut toute sa vie Dieu pour boussole.

À voir ce grand (1,98 mètres) et bel homme au physique de dandy, sans cesse entouré de superbes femmes et immergé dans un monde de luxe, de mondanités et de m’as-tu vu, difficile d’imaginer qu’Hubert de Givenchy cultivait avec soin sa vie intérieure ! Né à Beauvais (Oise) dans une famille appauvrie de vieille noblesse, orphelin de père à 2 ans, Hubert de Givenchy ne dut sa brillante carrière qu’à son opiniâtreté et au soutien inconditionnel de sa mère. 

Passionné de mode depuis l’enfance et bourreau de travail, il n’aurait sans doute pas gravi aussi vite les marches de ce milieu très fermé sans les soins et le dévouement de cette femme courageuse, droite, généreuse et solidement ancrée dans sa foi protestante. Très proche d’elle toute sa vie durant, Hubert de Givenchy ne fit pas mystère de l’influence qu’elle exerça sur lui, y compris sur le plan spirituel : alors que son père et l’ensemble de sa famille étaient catholiques, il resta protestant pour complaire à celle qui lui avait donné la vie.

Une sensibilité œcuménique

Ce qu’il retint de son éducation qu’il qualifiait de “sévère” ? Une certaine discipline, la ponctualité, le sens du travail bien fait. “Je suis protestant, confessait-il simplement. J’ai reçu ce sens de la rigueur de ma mère, qui était très croyante, et je revendique cette exactitude. (…) Ces principes inculqués dès le plus jeune âge ne s’oublient pas. Ils sont un cadeau, pour soi-même et pour les autres, une vie entière.” Ainsi, ne pouvait-il se résoudre à laisser dormir dans un coin des stocks de tissus inutilisés : “Mon côté protestant ressortait face à tant de gâchis !”

Ce génial esthète pensait surtout que son talent était “un don de Dieu” et s’obstinait, selon l’écrivain et journaliste Claude Arnaud à “défendre le Beau, le Bien et le Vrai. L’immuable Trinité platonicienne (…).” Il est vrai que rien n’est jamais vulgaire ou déplacé dans son style à la fois raffiné et indémodable non dénué d’audace ou de fantaisie dans les accessoires, les couleurs, les motifs des tissus, parfois excentriques. 

Enfin Hubert de Givenchy considérait les deux plus belles rencontres de sa vie comme “prédestinées” – entendez voulues par Dieu : l’actrice Audrey Heypburn, sa muse et sœur de cœur et le couturier espagnol Cristobal Balenciaga. Qui se doute dans le microcosme de la mode qu’Hubert de Givenchy accompagnait ce dernier, fervent catholique, à la messe en semaine ? !

De la discrétion à la confession publique

Homme courtois, fiable, généreux en amitié, le génie de la mode était aussi très discret : s’il n’a jamais caché sa liaison avec le couturier Philippe Venet, son compagnon durant 67 ans, il n’en touchait mot. Il en fut de même pour sa vie spirituelle : il restait sur la réserve, à l’image des hommes de sa génération peu diserts sur leur intimité. Toutefois, dans les dix dernières années de sa vie, peut-être mû par un désir de transmission, il semble avoir éprouvé le besoin de lever le voile sur cette composante fondamentale de sa vie.

Ainsi sur Présence protestante, en février 1996 : “Ma religion ?  Je ne suis pas (…) très pratiquant. Je suis avant tout très croyant, j’ai la foi, c’est la chose qui m’aide dans ma vie et qui m’a en tous cas beaucoup aidé dans mon travail. Je sais remercier et je remercie Dieu de m’avoir donné (…) autant de possibilités dans ma vie, dans ma carrière. (…) Peut-être parce que j’adorais ma mère, étant élevé dans ce culte protestant, je le continue et je l’aime. (…) je pense que plus on prie, plus on est près de Dieu, plus on se sent protégé.”

Où que je sois dans le monde, je prie quotidiennement pour les êtres qui nous ont quittés.

Puis, en l’an 2000, il confie à son biographe Jean-Noël Liaut son désir de se dépouiller d’une partie de son imposante collection de mobiliers et tableaux, pour “simplifier sa vie” et “ne pas se laisser posséder par ses possessions”. Il lui ouvre aussi les portes de sa vie intérieure : “Où que je sois dans le monde, je prie quotidiennement pour les êtres qui nous ont quittés, mais plus encore au Jonchet [son manoir en Eure-et-Loir], dans le calme de la chapelle attenante à la maison. Maman, Cristobal -le crucifix qu’il m’a légué à sa mort ne me quitte pas-, (…) ou Audrey sont à mes côtés quoi qu’il arrive, et cette pensée m’est un réconfort.”

Enfin, en juillet de la même année, sur TV5 Monde, il livre simplement : “Je suis très croyant, je suis content de ce que Dieu m’a donné dans ma vie.” Un rare exemple de constance dans la foi et de fidélité à l’héritage reçu, dans un milieu où argent, luxe et paillettes détournent souvent de l’essentiel.

Pratique

Hubert de Givenchy, Entre Vies et Légendes, Jean-Noël Liaut, Ed. Grasset, 2000.
(Les citations dont la source n’est pas indiquée sont extraites de cet ouvrage très documenté).

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