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La famine, nouvelle menace à Gaza

GAZA, Humanitaire, guerre, Israël, Palestine

AFP

Un Palestinien transporte des sacs d'aide humanitaire dans un véhicule devant le centre de distribution de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 3 mars 2024.

Cécile Séveirac - publié le 04/03/24

Cinq mois après le début du conflit entre Israël et le Hamas, c'est désormais le risque de famine qui menace la population gazaouie, parmi laquelle tente de survivre la petite communauté chrétienne.

Dans la bande de Gaza, la famine pourrait être le prochain calvaire à endurer par la population. Alors que la guerre va bientôt entrer dans son sixième mois et a déjà coûté la vie à plus de 30.000 personnes dans l’enclave palestinienne, les appels au cessez-le-feu se multiplient de toutes parts afin de permettre à l’aide humanitaire d’être acheminée. Lors de l’Angélus du dimanche 3 mars, le pape François a réitéré son appel à la paix en Terre sainte et imploré avec force la fin des combats. “Pense-t-on vraiment construire un monde meilleur de cette façon ? Pense-t-on vraiment parvenir à la paix ?”, a questionné le Pape avant de s’écrier : “Assez, s’il vous plait !”. Et d’encourager les négociations entre le Hamas et les représentants des États-Unis et du Qatar, qui prennent place en Égypte pour permettre une trêve dès le début du Ramadan, le 10 mars.

Ce nouvel appel du Pape fait écho à celui de l’ONU pour qui la famine qui est “quasiment inévitable”. Un peu plus de 2.300 camions humanitaires sont entrés dans la bande de Gaza en février, soit une baisse d’environ 50% par rapport à janvier alors même que l’ensemble du système économique et agricole a été détruit, rapporte l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, l’Unrwa. Celle-ci se retrouve pour le moment privée du financement de 16 pays après que 12 membres de son personnel ont été accusés d’avoir participé aux massacres des kibboutz le 7 octobre 2023, soit un montant de 450 millions de dollars en moins. Une enquête diligentée par l’ONU est toujours en cours. Cette baisse des convois humanitaires représente environ 79 camions par jour, contre environ 500 qui arrivaient quotidiennement avant la guerre pour répondre aux besoins élémentaires des 2,4 millions d’habitants de ce territoire exigu auquel Israël imposait déjà un blocus depuis 2007. Sans compter par ailleurs la destruction de quartiers entiers et le déplacement de 1,7 million de personnes, la plupart entassées dans la ville de Rafah (sud), adossée à la frontière fermée de l’Égypte, qui craignent une offensive terrestre israélienne annoncée. 

“Étant donné l’ampleur des souffrances à Gaza, il doit y avoir un cessez-le-feu immédiat pour au moins les six prochaines semaines, ce qui est actuellement sur la table des négociations”, a ainsi déclaré Kamala Harris, vice-présidente des États-Unis avant d’exhorter Israël à prendre les mesures nécessaires pour laisser entrer un flux d’aide d’humanitaire suffisant. Plusieurs pays ont décidé de procéder à des largages de nourriture et de biens de première nécessité juste au dessus de la bande gazaouie. C’est le cas de la France, accompagnée de la Jordanie, de l’Égypte ou encore plus récemment des États-Unis.

Selon le Bureau de coordination de l’aide humanitaire de l’ONU (OCHA), le risque de famine est avéré, et une personne sur quatre est confrontée à des niveaux d’insécurité alimentaire catastrophiques dans l’enclave. Une inquiétude renouvelée jeudi 28 février après la mort d’une centaine de Palestiniens venus chercher de l’aide auprès d’un convoi humanitaire, pointant la responsabilité israélienne par la communauté internationale. Accusée d’avoir tiré sur les civils, Tsahal nie son implication, invoquant un mouvement de foule. Le Patriarcat Latin de Jérusalem a partagé son indignation, et fustigé un “carnage ayant conduit à la mort d’une centaine de Gazaouis”. “Nous, patriarches des églises de Jérusalem, condamnons cette odieuse attaque contre des civils innocents (…) Nous prions spécialement pour la communauté chrétienne de Gaza.”

Survie de la communauté chrétienne de Gaza

C’est dans la partie nord de cette enclave que survit la poignée de chrétiens gazaouis. On dénombrait 1.017 chrétiens à Gaza au début de la guerre. Le Patriarcat latin de Jérusalem fait état aujourd’hui de 800 chrétiens, répartis entre la paroisse orthodoxe de Saint-Porphyre et celle catholique de la Sainte-Famille. Deux paroissiennes catholiques ont été tuées, et une vingtaine de chrétiens orthodoxes de la paroisse Saint-Porphyre ont perdu la vie lors des bombardements israéliens à proximité de leur église. Leur avenir semble plus que jamais menacé, tant par la guerre que par la famine qui guette et les conditions de vie désastreuses qu’ils subissent. Le manque de soins a notamment entraîné la mort de onze chrétiens, atteints de maladies chroniques.

Tags:
gazaGuerreIsraëlTerre sainte
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